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Culture

Théâtre: Fedwa Misk et nos mères


Rédigé par Sina MAJJAH le Dimanche 11 Avril 2021



Et voici qu’une journaliste, ancienne chroniqueuse radio, foudroyante de curiosité, écrit une pièce de théâtre pour le théâtre. Troublant, non ? Filiforme avec un cœur grand comme ça, l’étonnante ex jeune femme à la formation médicale devenue dame râleuse, souscrit dans le registre de la dénonciation au futur «radieux». Prête ou pas, cette société hybride et débridée à consommer le constat ? «Nos mères» (Editions La Croisées des Chemins) dit-elle, histoire de nous noyer dans la critique folle, celle d’un mâle qui ne respire pas le même air, qui se referme telle une huitre dès qu’on lui rappelle l’acidité de ses actes face à sa moitié. Concédons être un brin hors-propos. Des femmes qui se racontent c’est excellent, une autre qui vient en surplus pour tout expliquer en prélude, cela est indiqué pour faire désordre. Au détriment des récits des cinq femmes ayant vécu la maternité, un emballage titubant se dresse en mise en bouche : «Tous les personnages de Fedwa Misk montrent la nécessité, pour réussir sa vie de femme, de se défaire d’un lien trop passionnel avec la mère (…) Etre mère un jour à son tour est un moment crucial dans la vie d’une femme. Le désir même de maternité demeure un choix». Que vive le verbiage ! Lorsqu’on n’a pas grand-chose à développer, on décline et on passe son chemin. S’accrocher pour espérer encore exister, cela relève du suicide. 

 Entre lecteur et liseur

Misk fait ici les frais d’une attitude à la limite de l’acharnement béat. Quand on écrit, on s’adresse au lecteur, pas à ceux qui se croient liseurs et se permettent par un quelconque pouvoir d’édition d’interpréter légèrement, quitte à aller à vau-l’eau. Bref, une pièce de théâtre se joue. Les ouvreuses le savent. Celles-ci n’existent plus, tout comme les belles loges qu’elles ouvraient (d’où leur intitulé) qui sont devenues des espaces incongrus dédiés plus aux photos et aux autographes qu’à des moments d’échanges avec acteurs et metteurs en scène. On peut également déplorer l’absence de plus en plus criante des couturières, des avant-premières et des premières. Mais là, on s’éloigne du texte et de son éventuel beau devenir. Mais un bon sujet tient son rôle. Et que Fedwa Misk s’éloigne de la psychothérapie pour mieux déléguer aux faiseurs qu’aux phraseurs.   

  

 

  


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