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Culture

Télévision: «Al Madi la yamout 2», suite et faim


Rédigé par A. H. le Dimanche 23 Mai 2021



Le réalisateur Hicham El Jebbari (debout à droite) et une partie du casting de la série.
Le réalisateur Hicham El Jebbari (debout à droite) et une partie du casting de la série.
L’existence et son cheminement provoquent inégalement des questionnements. La fiction qui s’en inspire participe à les enjoliver ou les enlaidir. Les interrogations sont, dans les deux cas, présentes, persistantes. A l’image de la finitude, elles n’empêchent pas la mort mais empêchent de vivre. Dans leur paroxysme, elles pèsent, troublent, décontenancent. On peut ainsi phraser jusqu’à tout dramatiser, tout scénariser. Et pour cause… Une des rares séries qui apportent de lumineuses résistances aux grilles -aussi belles que leur remise en question- de nos chaînes de télévision, «Al Madi la yamout». Une curiosité, il y a deux années, dans l’espace audiovisuel marocain. Une délectation cachant le piège de l’extension. Aujourd’hui, la deuxième saison se cherche une issue. A se référer au scénario et à ses nobles approches didactiques, à ses belles calligraphies narratives, l’applaudimètre se révèle fusant : «Jusqu’où peut-on aller pour sauver un être cher ? Peut-on franchir le point de non-retour pour le couvrir ? Que pouvons-nous faire pour préserver sa famille ? Que sommes-nous capables de faire pour garder un secret ? Peut-on réellement pardonner et oublier ?», sont quelques-uns des contreforts qui reçoivent la charge de l’histoire imaginée par Amina Raïssi. Ce noir-sur-blanc manque de couleur lors de sa mise en images. L’approche choisit le laborieux, souvent déroutant, redondant et interloquant. Pourquoi préférer le revers au coup droit d’une gifle fédératrice ? On se pose d’autres questions sur des néants emplis de vides. Allers retours forcés, flashs back trop soulignés, reconsidération de scènes préalablement consommées… Trop d’effets pour tenir en haleine, assez de sorties de piste pour déboussoler le plus assidu des esprits acquis. Si le positif se retrouve court-circuité par des fils conducteurs, il ne provoque toutefois pas l’électrocution. Disons que la série dispose de solides gaines de protection. Elle jouit d’une plateforme d’accueil confortable, d’une entente artistique souvent enviable, d’un contrôle en douceur de dérapages inhérents à la pression de la coexistence. Soulignons enfin qu’au casting abondamment réfléchi, manque quelque folie, pourtant à portée de main. Maintenant, le public est au rendez-vous : plus de quatre millions d’âmes au rendez-vous du dernier épisode. En espérant aux deux saisons une entente fusionnelle dès qu’une nouvelle suite se rêve en saga.

  


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