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Sport

Tebas et l’objectif de réévaluer les droits audiovisuels de LaLiga : « Nous devons et allons faire quelque chose de différent et disruptif »


Rédigé par la rédaction le Mardi 19 Octobre 2021

Javier Tebas, le président de LaLiga, a expliqué au World Football Summit Europe qu’il s’attend à recevoir plusieurs offres, en particulier grâce à l’abolition de la limite des trois ans.
La croissance des services de streaming OTT pourrait entraîner la vente de nouveaux types de packages de droits audiovisuels.



Les droits pour diffuser le football professionnel en Espagne à partir de la saison 2022/23 seront bientôt mis sur le marché et le président de LaLiga Javier Tebas s’attend à ce que cet appel d’offres soit différent. L’idée de LaLiga d’offrir différentes sortes de lots, conjuguée à la croissance du marché de l’OTT et à l’annulation de la limite des 3 ans sur les contrats domestiques, pourrait entraîner un certain changement.
Parlant lors d’une session de questions-réponses au World Football Summit Europe 2021, Tebas a offert des détails concernant la vision de LaLiga sur la vente de ses droits. « LaLiga ne peut pas être passive dans ce nouveau paysage du marché, » a dévoilé le président pendant cet événement organisé au Wanda Metropolitano de l’Atlético Madrid. « Nous devons avoir la distribution correcte. Nous devons faire quelque chose de différent et disruptif. »
Tebas a expliqué que LaLiga va proposer différents lots, ainsi certaines matchs pourraient être diffusés sur les chaînes traditionnelles et d’autres sur des services de streaming. Il a ajouté : « Il y a une telle avancée concernant l’OTT. Certaines parties des lots pourraient aller à la télévision classique et d’autres à l’OTT, nous pourrions donc diviser les lots. Nous étudions différentes possibilités. Nous proposons diverses options pour attirer plus d’intérêts. »
Quoi qu’il en soit, Tebas est ravi du changement apporté à la loi espagnole qui permettra à LaLiga de signer des contrats de plus longue durée, offrant ainsi une meilleure stabilité. « Il y avait une loi en Espagne qui limitait les contrats pour les droits nationaux à trois ans, mais nous avons négocié pendant les discussions du Pactos de Viana et cela est désormais révolu. Désormais, c’est la loi européenne qui est prise en compte. Je peux affirmer ici, avec une certitude totale, que si  l’appel d’offres ne portait que sur trois ans, nous n’aurions qu’un client intéressé mais avec des contrats de quatre ou cinq ans, il y en aura plus ».
Optimiser les packages pour les droits internationaux de LaLiga
La vente des droits domestiques pour le football espagnol sera un enjeu majeur des mois à venir. Heureusement, LaLiga est déjà sereine concernant les droits internationaux grâce à la décision stratégique prise de ne pas vendre tous les lots au même moment, réduisant ainsi grandement les risques.
Tebas a expliqué : « Une des stratégies concernant les droits internationaux qui a fonctionné pour nous est de ne pas dire - contrairement aux championnats italien, français et allemand - que nous allions vendre à tous les pays en une seule fois quand le contrat international expire. Chaque année, nous avons plus ou moins 10 pays où se déroule un appel d’offres et nous n’organisons pas tous les appels d’offres en même temps. Nous en faisons un en janvier, puis février, mars, et ainsi de suite. Nous pouvons ainsi travailler petit à petit et nous assurer que nous optimisons la valeur des droits. Nous avons beaucoup de contrats à travers le monde, et pour les quatre prochaines années, nos droits sont vendus dans la plupart des marchés internationaux à un bon prix avec une croissance de 13% ».
Depuis que Tebas est devenu le président de LaLiga en 2013, l’internationalisation a été un enjeu majeur pour les projets de LaLiga. « Notre succès ne dépend pas de la chance, c’est grâce au travail de chacun de nos collaborateurs et à la superbe équipe dédiée à l’international que nous avons ».
Investissement dans le football espagnol grâce à l’accord avec CVC
Durant sa prise de parole au WFS Europe 2021, Tebas a également évoqué l’accord entre LaLiga et CVC. De nombreux articles ont été écrits sur les aspects financiers de ce partenariat mais Tebas a expliqué que cela allait au-delà de cet aspect.
Il a indiqué : « Les gens pensent que c’est une opération purement financière mais ce n’est pas le cas. Avec ce partenariat, nous n’hypothéquons les droits d’aucun club. Avec cette opération, CVC assume le risque ».
« CVC ne veut pas perdre de l’argent bien entendu et souhaite réaliser un bénéfice. Mais mieux cela ira pour CVC, mieux cela ira pour nous. Nous avons calculé que les 10% du résultat que CVC va obtenir seront compensés par la croissance que nous obtiendrons pendant ces six ans. Dans les 10 à 15 prochaines années, nous allons croître d’environ 30%. Vous devez aller vers les autres, trouver du soutien, du capital et des partenaires stratégiques pour croître ».
La somme supérieure à 2 milliards d’euros que cet accord doit apporter aux clubs professionnels espagnols va permettre de réaliser des investissements cruciaux pour le futur, en particulier car il y a une limite concernant le pourcentage de cette somme qui pourra être utilisé pour recruter ou payer les salaires.
Tebas a détaillé : « Seuls 15% peuvent être utilisés pour recruter, donc 85% seront dédiés aux investissements de chaque club. Nous avons besoin de meilleurs stades. Nous devons progresser dans le domaine digital ».
Critique concernant la précipitation dans la volonté de changer les formats de compétitions
Evoquant le projet avorté d’European Super League, Tebas a critiqué la précipitation à proposer de nouveaux formats pour des compétitions qui pourraient être en difficulté. « Quand le football a un problème ou un mal de tête, la réponse de certains est ‘oh, changeons le format et créons une nouvelle compétition’. Beaucoup de choses peuvent être faites pour réparer l’industrie du football avant, par exemple, de créer une Coupe du monde tous les deux ans ou de réduire le nombre d’équipes dans une compétition. Certaines choses sont non-négociables. Une Coupe du monde des clubs chaque année est non-négociable. Une Coupe du monde des nations tous les deux ans est non-négociable. Un plus grand changement apporté à la Champions League que celui adopté récemment est non-négociable ».
Critiquant les motivations derrière ce projet de Super League, qu’il décrit comme « un Robin des Bois à l’envers, volant aux pauvres pour donner aux riches », Tebas a conclu en disant que les corps gouvernants du football et les institutions principales doivent comprendre leur responsabilité sociale, étant donné le nombre de familles qui dépendent de l’écosystème du sport pour obtenir un revenu.
 
(Cet article a été publié dans Global Futbol,  la newsletter bimensuelle de la Liga)