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Sport

Tahiri Bakali, un entraîneur marocain à Barcelone

Entretien


Rédigé par Rachid MADANI le Mardi 29 Septembre 2020

L’un des rares marocains qui viennent d’obtenir la plus haute distinction en Espagne l’UEFA Pro A



La Masia de la Catalogne est l’un des meilleurs centres de formation des jeunes footballeurs du monde. Parmi les lauréats qui en sont sortis, il est important de citer les joueurs professionnels qui constituent actuellement l’ossature du FC Barcelone Messi, Busquets, Piqué, Jordi Alba, Sergi Roberto… une pléiade de vedettes au niveau international. C’est la grande référence des entraineurs encadreurs espagnols qui y organisent des séminaires et des stages pour la préparation des diplômes de la FREF. Tahiri Bakali, un Tangérois, devait quitter la ville du Détroit pour se former à l’Ecole de la Masia. Il est maintenant l’un des rares marocains qui viennent d’obtenir la plus haute distinction en Espagne l’UEFA Pro A. Avec des débuts prometteurs à la tête de plusieurs clubs modestes catalans, Tahiri Bakali a toujours le même rêve dans le cœur : entrainer au Maroc un club de la Botola II et pourquoi pas de la Botola I. Les moyens, l’expérience, les dons, il en a pour demander aux dirigeants de faire confiance en lui. Avec le distanciel, conséquence directe de la pandémie dont souffre aussi bien le Maroc que l’Espagne, une vidéo interview a permis à la rédaction sportive de l’avoir en direct depuis Barcelone pour lui poser les questions suivantes :

- Pourriez-vous présenter aux lecteurs les principaux points de votre feuille de route de votre carrière ?
- Tout d’abord, je n’oublierai jamais ma vie de basketteur avec la BPN sous la direction de feu Mnissar encadreur à la Jeunesse et Sports. A cette époque, je me formais au célèbre stade de Hasnona : minimes et cadets. Après la disparition de la BPN, je signais à l’IRT toujours dans les catégories inférieures. Ensuite, je découvrais le monde du football au club d’Alam où j’évoluais de 86 à 90 comme footballeur sous les ordres de Hamidou Touijar. En 91, je quittais le Maroc pour des raisons professionnelles et je m’installais en famille à Barcelone. Jusqu’en 1999, je poursuivais des études d’entraineur à l’Ecole espagnole avec des stages accélérés de pratique à la Masia centre de formation du FC Barcelone. Pour avoir une solide expérience, je me spécialisais dans la préparation et la gestion technique des catégories inférieures. 

- Et pour les diplômes supérieurs dont vous êtes titulaires ?
- Je les ai eus respectivement en 2009 pour l’UEFA premier niveau académique, en 2010 pour l’UEFA B, en 2011 pour l’UEFA A, en 2012 pour l’UEFA A Pro.

- Quels étaient vos professeurs d’études ?​ 
- Paco Serulo, Rafael Paul, Hierro, Henrique.…

- Quelles sont les formations espagnoles que vous avez entrainées ?
R-Parallèlement aux études, il est indispensable en Espagne d’avoir une équipe où travailler bien qu’elle soit modeste : c’est l’une des exigences de la RFEF. J’ai dirigé les vétérans catalans, Sistreis cinco copas et son école de football, j’ai dirigé aussi Montcala avant d’être coordinateur technique de plusieurs clubs. 

- Où en est votre projet avec l’IRT ?
- En toute franchise, le projet est sur le papier mais avec un plan bien détaillé sur l’analyse de la situation du football tangérois et ses perspectives d’avenir. La cause du retard de l’application est reliée au malaise de la pandémie. Actuellement avec la crise de Covid-19, il est difficile, voire impossible, de réunir une centaine de jeunes pour opter à un choix judicieux à la recherche des talents.

- En quoi consiste le projet ?
- Il s’agit d’un modèle calqué sur celui de la Masia du FC Barcelone. D’ailleurs, je lui ai donné le nom de la Masia IRT. Ayant expliqué cette initiative aux dirigeants catalans, j’ai reçu leurs félicitations, leur encouragement et surtout leur désir de collaboration et de partenariat. Le projet consiste à un travail de prospection des jeunes footballeurs à long terme avec l’objectif de « freiner » la mauvaise et couteuse politique des recrutements.

- Y a-t-il un contrat entre l’IRT et vous pour commencer le projet Masia ?
- Effectivement, mon contrat avec l’IRT est d’une durée de trois ans. Les dirigeants et moi, nous attendons la fin de la pandémie pour présenter le projet et procéder au travail de prospection. 

- Depuis Barcelone, vous suivez de près l’évolution du football marocain. Comment l’évaluez-vous ?
- Sincèrement, je pense que le football marocain a beaucoup progressé surtout au niveau de sa structuration avec le professionnalisme (droits garantis des joueurs et des entraineurs) et de l’infrastructure sportive. Cependant, il existe des défaillances chez le footballeur à la Botola I et II dans l’hésitation de la prise de décision finale dans le jeu. D’après mon suivi, il y a beaucoup de choses à faire pour travailler le mental, la motivation et la communication.