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Actu Maroc

Suicide à Sidi Bennour ou le retour du syndrome des immolations contestataires


Rédigé par Chaimae BARKI le Dimanche 8 Août 2021

Un vendeur ambulant s’est immolé mercredi dernier à Sidi Bennour, et a trouvé la mort samedi suite aux brûlures au troisième degré.



Le Maroc est de nouveau touché par le « syndrome des immolations contestataires». Le mercredi 28 juillet, un jeune marchand ambulant « Yassine Kh. », âgé de 28 ans, s’était aspergé d’essence, après s’être fait confisquer sa marchandise et sa voiture par les autorités de la région.

Ne pouvant digérer l’intervention des autorités et l’ayant considérée comme une attaque directe contre sa personne et une atteinte à sa dignité, le défunt s’est rendu à l’arrondissement administratif de Sidi Bennour pour protester contre « le commandant et les membres des Forces Auxiliaires » qui ont saisi ses biens et sa voiture, selon des sources locales. Un cri de désespoir qui l’a mené à mettre fin à sa vie en s’immolant par le feu.

Selon la même source, certains citoyens se sont précipités pour tenter de secourir le défunt, notamment en appelant les services de la Protection civile qui ont diligenté le jeune marchand vers l’hôpital Ibn Rochd de Casablanca, où il a trouvé la mort suite à ses brûlures de 3ème degré.

« Nous sommes tous Yassine… »

Des dizaines de citoyens, amis et voisins du défunt ont manifesté dans le centre-ville, brandissant des slogans tels que « Non à la Hogra » et « Nous sommes tous Yassine ». Ce nouvel appel au secours qui a viré au drame relance le débat sur la situation précaire de millions de Marocains qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Officiellement, le taux de chômage au Maroc est de 12,8% au deuxième trimestre de 2021, selon la dernière note relative à la situation du marché du travail, du Haut-Commissariat au Plan (HCP). Rappelons parallèlement que le drame du chômage, qui frappe le Maroc depuis des années, continue de s’aggraver pour prendre une tournure encore plus dramatique en ces temps de crise pandémique, avec - sans surprise - les jeunes diplômés comme les plus grandes victimes, et qui enregistre la hausse très importante de 3 points avec un taux passant de 22,3% à 25,3% entre les deuxièmes trimestres de 2020 et de 2021.

Le taux de chômage des diplômés de niveau moyen a, de son côté, augmenté de 1,8 point pour atteindre 17,6%. Un chiffre absolument contestable selon différentes organisations de protection des droits de l’Homme.

« Yassine Kh. » fait désormais partie de cette dizaine de personnes ayant succombé à leurs blessures après avoir tenté de s’immoler par le feu sur fond de contestations lancées en février 2011 en Tunisie dans le sillage du « Printemps arabe ». Un phénomène suicidaire qui, depuis février 2011, s’est largement répandu.
 
Chaimae BARKI

  


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