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Sociétés cotées : Croissance élevée de l’activité, dans un contexte inflationniste


Rédigé par A. C. le Jeudi 9 Juin 2022

Face à l’accélération des tensions inflationnistes, les sociétés cotées devraient composer avec deux risques majeurs durant le second semestre 2022.



Dans un contexte inflationniste tant au niveau international que national, les revenus agrégés des 66 sociétés cotées à la Bourse de Casablanca ressortent à 71,4 MMDH au 1er trimestre 2022. Il s’agit d’une croissance trimestrielle de +14,8%, la plus élevée depuis le déclenchement de la crise Covid-19. C’est ce que souligne Attijari Global Research (AGR) dans son récent « Research Report-Equity».

Par secteur d’activité, l’évolution des revenus de la cote fait ressortir deux grandes tendances. La première est que les secteurs Energie, Mines, Agro-alimentaire et BTP affichent une progression de leurs chiffres d’affaires dopée par un effet prix positif. Les revenus de ces secteurs se sont appréciés de respectivement +49,5%, +114,5%, +31,4% et +38,0%.

La seconde tendance est que les secteurs Automobile et Télécoms accusent des baisses de leurs chiffres d’affaires trimestriels. Ces derniers se sont ainsi repliés de -9,4% et -1,6%.

Pour le secteur Automobile, le recul des revenus est principalement attribué aux fortes pressions sur les niveaux de stocks de véhicules. Sur la base du poids capitalistique des différents secteurs cotés, l’analyse d’AGR relève globalement deux constats. Le premier est que 12 secteurs cotés, contribuant à hauteur de 77% à la capitalisation globale du marché, affichent une croissance positive de leurs revenus à fin mars 2022.

Plus en détails, il s’agit des secteurs Mines (+1.647 MDH; +114,5%), Energie (+3.107 MDH; +49,5%), BTP (+1.158 MDH; +38,0%), Agro-alimentaire (+1.397 MDH; +31,4%), Ports (+147 MDH; +18,0%), Grande Distribution (+ 394 MDH; +15,2%), Immobilier (+111 MDH; +12,1%), NTI (+65 MDH; +9,0%), Ciment (+248 MDH; +8,9%), Banques (+ 854 MDH; +5,2%), Financement (+ 55 MDH; +4,6%) et enfin Assurances (+123 MDH; +1,7%).

Le deuxième constat est que les secteurs Automobile et Télécoms, qui représentent conjointement près de 18% de la capitalisation boursière de la cote, enregistrent une baisse de leurs revenus au T1-22, de -9,4% (-172 MDH) et de -1,6% (-144 MDH) respectivement.

Risques potentiels pour le second semestre 2022

Les analystes d’AGR précisent, par ailleurs, que l’accélération de l’inflation au Maroc depuis fin 2021 est due essentiellement à l’envolée des cours des matières premières à l’international, et à une faible campagne agricole au niveau local. « L’inflation au Maroc a touché un pic de 5,9% en avril 2022 contre un niveau historique en dessous des 2,0%. Trois facteurs soutiennent la hausse des prix durant 2022, à savoir : (1) le manque de visibilité sur l’issue du conflit russo-ukrainien, (2) les perturbations des chaînes logistiques maritimes, et (3) la réouverture de l’économie chinoise dont l’impact serait visible sur la Demande mondiale », explique la même source.

« Dans ce contexte, les cours moyens des principaux intrants énergétiques importés par les sociétés cotées affichent des hausses significatives entre le T1-21 et le T1-22. Il s’agit du Pétrole, du Charbon et de l’Ethylène dont les cours moyens ont augmenté de respectivement 61%, 240% et 38% sur la période étudiée », affirme Attijari Global Research.

Tenant compte des cours spot observés en ce début du mois de juin et des surcoûts induits par la chaîne logistique, AGR anticipe des pressions plus fortes sur les prix des intrants. Dans ces conditions, les sociétés cotées devraient faire face à deux risques majeurs à compter du deuxème semestre 2022.

D’une part, une pression plus forte sur les marges suite à l’écoulement des stocks constitués durant les derniers trimestres. Les sociétés dont le CA est généré principalement au Maroc seraient les plus vulnérables, fait savoir la même source. D’autre part, un affaiblissement de la demande locale qui devrait se faire sentir davantage à compter du mois de juin 2022.

« La consommation du ciment, principal baromètre de l’économie, conforte ce sentiment. En effet, la croissance des ventes de ciment en glissement annuel affiche une nette décélération, passant de 14,8% à fin décembre 2021 à-5,1% à fin avril 2022 », est-il souligné.



A. C.



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