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Régions

Salé: Le new challenge des cafés


Rédigé par Siham MDIJI le Dimanche 2 Mai 2021

Face à la décision d’instaurer un couvre-feu après lftour, quelques propriétaires de café ont été contraints de se convertir dans d’autres activités pour assurer leur continuité. Détails.



Salé: Le new challenge des cafés
La pandémie de Covid-19 a « mortellement » impacté les cafés et les restaurants du Royaume. Avant le Ramadan, ces derniers avaient au moins la possibilité d’ouvrir leurs portes jusqu’à 20h, mais tout a changé avec la décision gouvernementale relative à l’interdiction des déplacements nocturnes de 20h à 6h du matin. Celle-ci vise à éviter le déclenchement d’une deuxième vague de transmission communautaire, comme l’avait indiqué le coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique au ministère de la Santé, Mouad Mrabet. 

Les restrictions sanitaires, notamment le couvre-feu nocturne, ont fait ressortir le côté créatif de certains propriétaires de cafés et de restaurants. Contraints de suspendre leurs activités habituelles, quelques-uns n’ont pas hésité à transformer leur lieu en des commerces de détail de fruit et légumes ou même de dattes dont les ventes culminent généralement pendant le Ramadan.  

Du secteur des cafés à un autre… 

Pour à la fois contrer la crise sanitaire et gagner un revenu lui permettant de subvenir à ses besoins quotidiens, Mohammed Amine, propriétaire d’un café à Salé, s’est mis à la vente des dattes, des feuilles de brick, de la « Chebakia » et d’autres « chhiwates » ramadanesques. « Au lendemain du Ramadan, j’ai franchi le cap sans réfléchir deux fois en décidant de faire de mon café une boutique de vente des produits les plus prisés par les Marocains durant ce mois sacré », a-t-il expliqué, ajoutant que « c’est le seul moyen pour que je puisse payer mes charges et mes diverses factures qui ne connaissent pas de pandémie ». 

« Nous attendons toujours qu’une aide complémentaire soit consacrée aux employeurs des secteurs les plus lésés, notamment le nôtre, mais face à l’ambiguïté du discours du gouvernement, il semblerait que l’on doive toujours patienter et subir de plein fouet les répercussions du Covid-19 », a-t-il déploré. 

Pour sa part, Nawal, propriétaire d’un salon de thé à Tabriquet, a déclaré que « nous nous posons la question quand est-ce que ce calvaire prendra fin ? Car au début, nous avons perdu plus de la moitié de notre clientèle, tandis que maintenant, nous sommes dans l’obligation de switcher vers des commerces qui n’ont rien à voir avec nos activités habituelles pour survivre ». 
D’un ton ferme, la dame a regretté les promesses « en l’air » que le gouvernement se contente de faire sans les tenir. « Heureusement que je suis dans un quartier populaire où n’importe quelle activité peut plus ou moins être génératrice de revenus », a-t-elle souligné, notant que « je ne m’attendais pas à me lancer dans la vente des légumes, mais j’avoue que cela me permet, au moins, d’assurer un minimum de revenus à mes employés ». 

A quand une indemnisation ? 

L’Exécutif a tenu, lundi 26 avril, une séance plénière consacrée aux questions orales où il était censé annoncer des mesures concrètes relativement aux problèmes auxquels font face les cafetiers, les restaurateurs, et les petits commerçants, visiblement meurtris par la prolongation du couvre-feu. Mais, cela n’a été que l’occasion de lister une fois de plus les raisons derrière la prolongation des restrictions de déplacement. Les députés, de l’opposition comme de la majorité, ont souligné la nécessité de venir en aide aux activités touchées par le couvre-feu, surtout pour les cafés et les restaurants. Le député istiqlalien Lahoucine Azougagh a insisté sur la responsabilité de l’Exécutif qui, selon lui, « doit accompagner les catégories socio-professionnelles impactées par ses propres décisions ».