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Sahara : La MINURSO contredit la propagande du polisario


Rédigé par Soufiane CHAHID le Jeudi 6 Octobre 2022

Le 3 octobre dernier, le secrétaire général de l’ONU António Guterres a soumis le rapport annuel sur la situation au Sahara au Conseil de sécurité. Le document revient sur les incidents qui ont eu lieu au-delà du mur des sables, et dément les allégations des séparatistes sur des attaques quotidiennes.



Alors que la réunion annuelle du Conseil de Sécurité de l’ONU pour le renouvellement du mandat de la MINURSO approche à grands pas, le polisario reprend ses menaces d’escalade contre le Maroc, histoire de faire dans la gesticulation pour espérer quelque gain hypothétique.

Depuis Nouakchott, un des dirigeants du mouvement séparatiste - Omar Mansour - a annoncé que «l’armée sahraouie va bientôt utiliser des drones armés dans la guerre d’usure au Sahara occidental». Face à cette menace, le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita a affirmé que l’acquisition par le polisario de drones «est un danger pour la paix et la sécurité mondiales et ceux qui leur permettent d’obtenir ces armes doivent prendre leurs responsabilités devant la communauté internationale».

Dans ce contexte de guerre des mots, le Secrétaire Général de l’ONU António Guterres a soumis à l’examen du Conseil de Sécurité son rapport annuel sur la situation au Sahara durant la période septembre 2021-août 2022. « L’Opinion » a pu avoir accès à ce document non encore rendu public, dans lequel les observateurs de la MINURSO reviennent sur les opérations marocaines au-delà du mur de défense.

Frappes aériennes des FAR

D’amblée, António Guterres exprime sa préoccupation quant à «la détérioration significative de la situation au Sahara Occidental». «Au cours de la période considérée, la situation a été caractérisée par des hostilités de faible intensité entre le Maroc et le front Polisario, les défis persistants à l’environnement opérationnel de la mission, la pandémie de Covid-19 et les tensions régionales», écrit-il.

Le document note que la majorité des tirs à travers le mur de sables, et que les parties ont signalé à la mission onusienne, se sont concentrés dans le Nord de la région, près de Mahbès. «Selon les calculs de la MINURSO, sur la base des incidents signalés, les tirs par les deux parties ont chuté régulièrement depuis janvier 2021», révèle le rapport, contredisant la propagande des milices séparatistes qui prétendent mener régulièrement des attaques meurtrières contre les Forces armées marocaines.

D’autre part, la MINURSO a reçu des signalements pour des frappes de drones des FAR à l’Est du mur. «A cause du temps nécessaire à l’obtention par les deux parties de l’autorisation de visiter les sites de frappes, la mission n’a pu confirmer de manière indépendante qu’il y avait eu des victimes qu’à une seule occasion, le 16 novembre 2021, dans la région de Mijek. Par ailleurs, la mission a observé des traces de restes de cadavres dans quatre autres sites», rapporte le rapport de Guterres.

Droit de riposter

La MINURSO revient sur l’incident des frappes aériennes marocaines sur des camions de marchandises, en novembre 2021. A l’époque, la Présidence algérienne avait accusé le Royaume d’avoir «lâchement assassiné par un bombardement barbare» trois ressortissants algériens, alors qu’ils faisaient la liaison Nouakchott- Ouargla. «Leur assassinat ne restera pas impuni», avait même menacé Alger. La mission de maintien de la paix a dépêché sur place deux patrouilles d’enquête, dont la seconde avec un expert en déminage.

«La mission a constaté deux camions portant des plaques d’immatriculation algériennes garés parallèlement l’un à l’autre, gravement endommagés et carbonisés. Des éclats d’obus ont été retrouvés dans le camion, qui semble avoir été touché. Les observations indiquent que les camions transportaient du carburant et que les dégâts ont été causés par l’explosion d’un missile air-sol et l’incendie qui en a résulté. L’interlocuteur du Polisario sur place a signalé que trois cadavres avaient été retrouvés sur le site. La MINURSO n’a pas été en mesure de vérifier cela», détaille le rapport.

Le rapport du SG de l’ONU relate également une frappe attribuée au Maroc, datant du 10 avril 2022. Sans preuves, l’Algérie s’était précipitée pour accuser le Royaume de cibler des civils algériens et mauritaniens. «L’Algérie condamne énergiquement les assassinats ciblés commis au moyen d’armes de guerre sophistiquées par le Royaume du Maroc, en dehors de ses frontières internationalement reconnues, contre des civils innocents, ressortissants de trois pays de la région», avait à l’époque fulminé la diplomatie algérienne dans un communiqué.

Dégradation de la situation

Le rapport nous apprend que le même jour, le commandant des FAR de la zone Sud a adressé une lettre à la MINURSO, dans laquelle il explique que «les activités de surveillance de l’Armée royale marocaine ont identifié et neutralisé des dizaines de véhicules utilisés par les milices du Polisario pour le combat et la logistique». La lettre accuse également les miliciens de se faire passer pour des «victimes civiles», et affirme que l’Armée royale marocaine se réserve «le droit de riposter, si nécessaire, pour les actes répréhensibles».

Le 13 avril, la mission a pu constater sur les lieux «la probabilité que trois incidents distincts se sont produits à trois endroits distincts à moins de deux kilomètres l’un de l’autre». «Au total, la MINURSO a constaté deux camions et un véhicule léger qui semblaient avoir été touchés par des munitions air-sol. La mission n’a pas pu confirmer de manière indépendante si cela a occasionné des victimes», lit-on dans le rapport.

Dans la partie remarques et recommandations du rapport, António Guterres exprime son inquiétude face à la dégradation de la situation sur le terrain. «Je reste profondément préoccupé par les développements au Sahara occidental. La reprise des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario se poursuit. Cela représente un revers majeur dans les efforts visant à une solution politique durable à ce conflit. Les incursions quotidiennes dans la zone tampon longeant le mur de sable et les actes d’hostilités entre les parties dans cette zone violent son statut de zone démilitarisée», écrit le SG.

«Malgré ce contexte difficile, je continue de croire qu’une solution politique à la question du Sahara occidental est possible, à condition que toutes les parties concernées soient impliquées, de bonne foi et bénéficient d’un soutien continu de la part de la communauté internationale. L’ONU est toujours prête à tenir des réunions avec toutes les parties», affirme-t-il.



Soufiane CHAHID


Une réunion très attendue du Conseil de Sécurité
 
Le Conseil de Sécurité de l’ONU devrait prendre acte des détails contenus dans le rapport du Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres. Le Représentant spécial pour le Sahara occidental et chef de la MINURSO, Alexander Ivanko, et l’Envoyé personnel du Secrétaire Général, Staffan de Mistura, seront également attendus. Selon le communiqué de l’instance exécutive de l’ONU, annonçant la tenue de la réunion du Conseil, il est prévu le renouvellement du mandat de la Mission des Nations Unies pour le Sahara (MINURSO), qui expire le 31 octobre, soit renouvelé.

Le Conseil doit également scruter l’évolution sur le terrain sur la base de l’examen des éclaircissements de la MINURSO. Une façon de faire le point sur la coopération de chaque partie avec l’équipe onusienne. Le polisario, rappelons-le, avait annoncé son retrait de l’accord du cessez-le-feu, en 2020 après l’opération militaire menée par le Maroc pour libérer le passage frontalier d’El Guerguerat et mettre fin aux agissements des milices du polisario qui y semaient l’insécurité.

La reprise du processus politique, voulu par l’émissaire onusien Staffan de Mistura, demeure une priorité pour les Nations Unies qui reconnaissent la crédibilité et le réalisme du plan d’autonomie présenté par le Maroc comme base crédible pour parvenir à une solution négociée. La volonté des Nations Unies de réunir toutes les parties impliquées autour d’une même table se heurte à l’obstination de l’Algérie qui s’est retirée ostensiblement du processus des tables rondes, lancé en 2018 par l’ex-émissaire onusien sous prétexte qu’il est «obsolète».
 



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