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Sacrifice de l’Aïd Al Adha : L’importation pour pallier l’insuffisance de l’offre


Rédigé par Mina Elkhodari Jeudi 4 Mai 2023

A l’approche de l’Aïd Al Adha, le Maroc ne voit pas d’autre alternative que l’importation pour pallier l’insuffisance de l’offre en cheptel ovin notamment. Pour infléchir les prix, sur fond de tensions conjoncturelles, l’importation s’avère donc incontournable.Mais l’alternative n’est pas du goût des professionnels qui en redoutent l’impact sur leur activité. Détails



Chaque année plus qu’auparavant, à l’approche de la célébration de l’Aïd Al Adha, les inquiétudes montent quant à la disponibilité de l’offre et le niveau des prix du bétail à sacrifier, principalement le mouton qui est le plus prisé par les Marocains.

De fait, cette année, le contexte est un peu plus particulier, que ce soit pour les éleveurs, dont l’activité est fortement impactée par les effets de la sécheresse et l’envolée des prix de l’aliment de détail, ou pour les consommateurs dont les bourses ont été affectées par la courbe ascendante des prix au cours des derniers mois, ce qui n’est pas de bon augure à l’approche de l’Aïd. D’autant que la pression sur le cheptel, aggravée par l’abattage massif, a entrainé une réduction drastique de celui-ci, de telle sorte que l’offre est devenue équivalente, pour la première fois, à la demande (d’habitude, l’offre dépasse la demande de 200%) .

Entretemps, le consommateur assiste, depuis un certain temps, à une baisse inquiétante de son pouvoir d’achat en raison de la cherté de la vie. Une réalité qui risque bien évidemment de se répercuter sur les conditions de vente du bétail sur le marché national face à un niveau de demande estimé à 5 millions et demi de têtes.
 
Importer pour approvisionner et protéger le cheptel national
 
Face à cette situation, marquée par une fragilisation de plus en plus tangible du secteur, aux yeux du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, Mohamed Sadiki, le gouvernement compte opter pour l’importation d’un important contingent de bêtes. L’objectif recherché est de renforcer l’offre, en baisse cette année, selon le ministre, à moins de 15% par rapport à celle de l’année dernière. Il s’agit par la même d’assurer l’approvisionnement normal du marché en ovins et caprins en vue de garantir la stabilité des prix qui pourront connaître une hausse allant jusqu’à 25%.

Autrement dit, il s’agit d’une alternative envisagée par l’Exécutif veut pallier le manque qui risque de se ressentir sur le marché national en raison de la situation conjoncturelle défavorable.« Bien que les précipitations ont permis de redresser la situation du secteur de l’élevage qui a bénéficié de l’appui direct apporté aux éleveurs, à travers la distribution d’aliments subventionnés, l’abreuvement du cheptel et les campagnes préventives de traitement et de vaccination, le secteur demeure toutefois fragile, et il faudra du temps pour pouvoir reconstituer et renforcer le cheptel», souligne Mohamed Sadiki, qui a tenu, par ailleurs, à rassurer sur les normes sanitaires adoptées par les pays fournisseurs sans pour autant fournir de détails supplémentaires sur ces pays.

Dans le même sens, cette mesure, parmi d’autres adoptées par l’Exécutif à l’approche de l’Aïd Al Adha, intervient pour protéger le cheptel national et favoriser sa reproduction de sorte à assurer un approvisionnement normal du marché national dans les périodes à venir, sachant que la filière ovine compte aujourd’hui plus de 23 millions de têtes d’ovins et de caprins.

Outre l’importation, censé prémunir contre toute explosion des prix à l’occasion de l’Aïd, la tutelle prévoit la mise en place d’un dispositif de suivi des prix des moutons ainsi que la restructuration du circuit de commercialisation, en intervenant au niveau des points de vente, les marchés de gros et les souks…
 
L’inquiétude des professionnels du secteur
 
Bien qu’ils ont l’habitude de se préparer pour l’Aïd, en assurant l’approvisionnement des marchés en bétail engraissé exclusivement pour le sacrifice, le jour de la fête, les professionnels du secteur affichent une inquiétude inhabituelle quant à l’alternative d’importation du cheptel.

Pour les éleveurs affiliés au Syndicat national des commerçants et des professionnels, « ce n’est qu’une solution à très court terme qui est loin de pallier le besoin mais qui risque de peser gravement sur le cheptel national ».

Les professionnels ne manquent pas de faire valoir « l’aversion » du consommateur pour les produits carnés importés de l’étranger, du fait des doutes qui les hantent concernant les conditions de leur élevage et leur état sanitaire.

« Les Marocains seraient en effet de plus en plus méfiants quant à l’origine de la viande rouge, notamment après l’épisode du « bœuf brésilien ». Ils n’arrêtent pas de demander l’origine de la viande proposée chez les bouchers. Les moutons que la tutelle compte importer n’échappera pas à cette règle », souligne une source au sein du syndicat qui plaide pour des solutions à long terme.

Il est à noter que, selon les données de l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), l'identification du cheptel ovin et caprin destiné au sacrifice à l’occasion de la fête Aïd Al Adha a atteint 2,25 millions de tête actuellement soit 33% de  l’effectif proposé au sacrifice à cette occasion.

La même source a rassuré que la situation sanitaire du cheptel est satisfaisante et qu’un suivi sanitaire régulier est assuré par les services de l’ONSSA et les vétérinaires privés mandatés par l’ONSSA.








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