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Actu Maroc

Reprise des relations maroco-israéliennes : un travail de longue haleine


Rédigé par Hajar Lebabi le Jeudi 24 Décembre 2020

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la reprise des relations entre le Maroc et Israël est le résultat d’une longue et discrète négociation. C’est ce qu’a révélé le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors d’un entretien accordé à la chaîne i24 News.



Lors d’une interview accordée à la chaîne i24 News, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a révélé que «depuis mai 2018, de nombreux contacts ont été menés sur instructions de Sa Majesté». En effet, S.M. le Roi Mohammed VI avait échangé avec le président Donald Trump sur ce sujet et avait même envoyé des délégations aux Etats-Unis pour rencontrer des Américains et des Israéliens.

Interrogé sur sa rencontre avec le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, lors de l’Assemblée Générale de l’ONU en automne 2018, Bourita a déclaré que «la diplomatie marocaine travaille dans la discrétion et non dans le show off». «Ai-je rencontré [le Premier ministre] Benyamin Netanyahou en 2018 ? Si Israël le confirme, nous ne le nions pas», souligne le chef de la diplomatie.  Dans ce sens, le ministre a ajouté que le Souverain a «suivi minutieusement»  ce dossier durant ces deux années, «ce qui a donné ce résultat», s’est-il encore félicité.

Un acquis important pour la paix dans la région MENA

Selon Bourita, la décision du 10 décembre de l’Administration Trump, qui reconnaît la marocanité du Sahara, constitue un «tournant» majeur pour de nombreuses raisons. D’abord parce qu’elle émane de la plus grande puissance, d’un membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU et d’un acteur très influent. «C’est une percée diplomatique importante», souligne le ministre. D’autant plus que cette reconnaissance par les Etats-Unis «donne un sens aux efforts de la communauté internationale. Aujourd’hui, tout le monde est interpellé».

Le chef de la diplomatie marocaine estime que cet effort devrait être maintenu par la prochaine Administration américaine, à sa tête Joe Biden qui est à moins d’un mois de l’investiture. «Tout ce qui favorise la paix est à encourager. Le paquet qui vient d’être signé où il y a la reconnaissance de la marocanité du Sahara, la consécration de cette vocation de paix qu’a le Maroc et qu’a Sa majesté et la réactivation des mesures de coopération avec Israël, est un acquis important pour la paix régionale au Maghreb et au Moyen-Orient». Pour Bourita, la nouvelle Administration américaine va hériter de cet acquis, mais le défi reste de fructifier et de renforcer ce lien. «Aujourd’hui, il y a une relation entre le Maroc et Israël et la perspective d’une solution au Sahara à travers l’autonomie», souligne le ministre, ajoutant que ces atouts sont entre les mains de la nouvelle Administration américaine, avec laquelle le Maroc est prêt à travailler.

Hajar LEBABI 

La reprise des relations n’est pas incompatible avec la défense de la cause palestinienne 

Interrogé sur la question palestinienne, Bourita a déclaré que «la défense de la cause palestinienne n’est pas incompatible avec des relations normales avec Israël». En effet, SM le Roi Mohammed VI a adressé un message à Son frère, Son Excellence Mahmoud Abbas Abou Mazen, Président de l’État de Palestine, dans lequel le Souverain a exprimé Sa satisfaction du contenu de l'entretien téléphonique important qu'il avait eu avec son Excellence le jeudi 10 décembre, empreint d'un dialogue fructueux et d'interaction réciproque sur la position constante du Royaume du Maroc au sujet de la question palestinienne, et Son engagement permanent et continu pour la défense des droits légitimes du peuple palestinien.


Les six accords du Maroc avec Israël et les Etats-Unis

Dans le cadre de la visite effectuée, mardi, par la délégation historique conjointe américano-israélienne à Rabat, le Maroc à signé plusieurs accords avec les deux pays. Quatre accords ont été signés entre le Maroc et Israël, tandis que deux ont été conclus entre le Royaume et les Etats-Unis.  
Avec les Etats-Unis, il s'agissait d'un mémorandum d'entente entre le gouvernement marocain et la « United States International Development Finance Corporation » (DFC) et d’une lettre d’intention entre les gouvernements marocain et américain.
Les quatre accords signés avec Israël concernent l’exemption de formalités de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, un mémorandum d’entente dans le domaine de l’aviation civile, un mémorandum d’entente sur l’innovation et le développement des ressources en eau et un mémorandum d’entente et de coopération dans le domaine des finances et d’investissement.