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Actu Maroc

Quand confinement rime avec créativité et innovation

Coronavirus


Rédigé par Oussama ABAOUSS le Lundi 23 Mars 2020

En ces temps de confinement et de pandémie, un collectif marocain se mobilise pour fabriquer un ventilateur médical fonctionnel à faible coût.



Quand confinement rime avec créativité et innovation
Le confinement que subissent plusieurs pays - dont le Maroc- s’avère de plus en plus comme une épreuve pour la majorité des gens qui se retrouvent bloqués chez eux sans possibilités de sortir librement. Cela dit, cette condition imposée qui est la clé pour tenter de limiter la propagation du virus se révèle chaque jour comme un vrai moteur pour la créativité et l’innovation. Plusieurs communautés par le monde se sont lan-cées dans des projets d’intérêt gé-néral dont l’objectif est de mettre en place une dynamique émula-tive et participative pour créer ou améliorer des solutions qui parfois peuvent faire défaut. L’exemple de projet le plus intéressant - en ces temps où quasiment tous les pays s’inquiètent de ne pas avoir assez de lits de réanimation -, touche à la technologie d’assistance respiratoire.

Quand les makers s’y mettent

Partout dans le monde, des in-génieurs, des designers et des « makers » en tous genres ont lancé des initiatives pour fabriquer des ventilateurs médicaux à moindre coût. Depuis des communautés comme « The Pandemic Ventila-tor Project » à des collectifs plus professionnels à l’image du hacka-thon en ligne lancé il y a quelques jours par l’incubateur estonien de start-up Accelerate Estonia et qui a déjà attiré plus de 1000 partici-pants venus de 20 pays. Au Maroc, les jeunes ingénieurs et créatifs en tous genres se sont attelés à la même tâche. « Nous avons compris qu’une chambre de réanima-tion se base essentiellement sur un appareil de ventilation pour assister la respiration. Le principe mécanique et pneumatique de cette machine et simple. Nous nous sommes concerté avec des personnes de la communauté qui sont des ingénieurs aussi bien dans le domaine de l’électronique, de l’énergie, mécanique, pneumatique, et nous avons commencé à faire des recherches pour voir ce qu’ont fait d’autres communautés » raconte Mohamed Rahmo qui fait partie d’un collectif qui travaille sur un prototype de ventilateur médical à prix réduit.

Des respirateurs Made in Morocco

Grâce à un membre du collectif qui dispose d’un laboratoire équipé d’une imprimante 3D, ces jeunes ont pu réaliser un premier prototype fonctionnel qui se base sur une documentation « open source ». « Après plusieurs efforts nous sommes arrivé à fabriquer un prototype simple et fonctionnel de respirateur que nous sommes en ce moment même en train d’ajuster » explique Mohamed Rahmo. Le collectif est manifestement conscient des exigences normatives qui existent pour réguler la fabrication de ce genre de technologies. « C’est de la vie des gens qu’il s’agit. C’est la raison pour laquelle il n’est pas question de prendre la chose à la légère » souligne Mohamed Rahmo qui confie qu’un prototype plus abouti sera bientôt prêt.

Du prototype à la fabrication

« En Italie des particuliers ont pu imprimer une valve de respiration qui coute 11000 euros dans le commerce. Après la finalisation du prototype il nous faudra une jurisprudence ou une autorisation légale qui nous permettra vraiment de le mettre à disposition pour qu’il soit utilisé. C’est très délicat comme question parce que c’est un pareil qui est censé aider quelqu’un à survivre. C’est de vie humaine qu’il s’agit » précise Mohamed Rahmo. L’objectif final de cette communauté engagé -qui tout en respectant le confinement mobilise les moyens de communication en ligne pour avancer collectivementest d’arriver à produire un modèle fiable et réplicable qui ne nécessite
pas d’utiliser une imprimante 3D pour sa fabrication.

« Nous fabriquons notre respirateur de sorte à ce qu’il puisse être reproduit partout au Maroc. Toutes les composantes utilisées sont disponibles dans le commerce dans toutes les villes. Pour le microprocesseur, il sera possible de le remplacer par un simple smartphone. Même pour les masques, nous avons tenté de faire un design qui permet de les fabriquer sans recours à une imprimante 3D tout en gardant les caractéristiques nécessaires à un fonctionnement dans les normes » explique Mohamed Rahmo. À ce genre d’initiative créative et d’intérêt public nous ne pouvons que souhaiter tout le succès du monde !

Oussama ABAOUSS