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Actu Maroc

Prévisions du Crédit Agricole France : Le Maroc va beaucoup souffrir en 2020


Rédigé par A. Channaje le Mardi 30 Juin 2020

L'impact du coronavirus sur la croissance économie marocaine sera sévère, prévient le Crédit Agricole France, anticipant une récession de 4% en 2020.



La récession économique est inévitable cette année au Maroc. C'est ce qu’a souligné le groupe Crédit Agricole France dans une nouvelle dans une nouvelle analyse sur l’économie marocaine face à la crise Covid-19.
 
«Après deux années de performances économiques en demi-teinte (en 2018 et en 2019, avec une croissance du PIB médiocre à 2,3%), le Maroc va beaucoup souffrir en 2020 de la crise du coronavirus et surtout de ses effets secondaires sur les acteurs économiques», prévoit la banque.
 
À ce stade, poursuit la même source, les structures de santé et les réponses sanitaires ont bien contenu l’épidémie et les taux de contamination et de décès restent très limités. Mais les conséquences du confinement et de l’arrêt des activités économiques non essentielles vont être très sévères sur la macro-économie, sur les entreprises et sur la société elle-même.  L’étude souligne ainsi qu’une récession du PIB (Produit Intérieur Brut) est certaine cette année et son amplitude pourrait atteindre 4% (le même taux prévu par la Banque mondiale).
 
«Effectivement, cette crise coïncide avec une année agricole qui devrait être médiocre, compte tenu du déficit de pluviométrie constaté au début du printemps et qui devrait faire baisser les productions céréalières», indique la banque.
 
Autre élément soulevé dans l’étude : Bank Al-Maghrib, immédiatement touchée par la fuite des capitaux et la défiance des marchés, a répondu aux tensions de change en élargissant la bande de fluctuation du dirham à 5% et en tirant sur la ligne de soutien du FMI de 3 milliards de dollars, afin de stabiliser le niveau des réserves en devises. Les multilatéraux ont promis des aides d’urgence, y compris dans le domaine sanitaire.
 
Chute d'un tiers des transferts des MRE
 
Pour le groupe Crédit Agricole France, le tourisme (8% du PIB) et l’industrie (automobile et textile) sont les secteurs les plus touchés.  S’y ajoutent les transferts des Marocains Résidant à l’Etranger (MRE) qui chuté, une première, d’un tiers en avril dernier par rapport à 2019. « Compte tenu de l’importance de ces recettes dans le PIB du pays (environ 6%), l’effet de cette chute sur la consommation des ménages va se faire fortement sentir en 2020, même s’il est encore un peu tôt pour dessiner une tendance », projettent les analystes de la banque française.
 
Concernant le commerce international, ils indiquent que la baisse des exportations automobiles et des autres industries et la chute des recettes touristiques vont faire chuter les exportations plus fortement que l’impact de la baisse des prix de l’énergie et de la consommation des ménages sur les importations.
 
 
Le rating « investment grade » sera-t-il maintenu ?
 
Au total en 2020, le déficit commercial et le déficit courant vont se creuser (à environ 6% du PIB pour ce dernier). Le choc sur le commerce extérieur sera également corrélé aux récessions dans les pays destinataires des exportations du Maroc, c’est-à-dire, la France, l’Espagne, l’Italie et les États-Unis. Dans ces pays partenaires, les prévisions de contraction du PIB s’établissent entre 6% et 12% pour l’année 2020. Les grands équilibres macro-économiques, déjà un peu fragiles, vont donc se détériorer et les déficits budgétaire et courant (probablement de 7% du PIB chacun) provoquer une hausse des dettes souveraine et externe à 89% du PIB et 150% des recettes d’exportation, estime la banque.
 
Pour elle, l’un des enjeux financiers importants pour le Maroc est le maintien à moyen terme du rating « investment grade ». « Il dépendra en grande partie dans les trimestres à venir de l’évolution des niveaux de dette et donc de la capacité du pays à rebondir en 2021», affirme la même source.
 
Pour conclure, les analystes de la banque estiment  que le plan de relance et de soutien, quoiqu’assez modeste (2,5% du PIB) en comparaison des pays plus riches de la région, devrait toutefois protéger les plus pauvres. « Il est encore trop tôt pour savoir comment va réagir le marché du travail (et notamment l’impact que va avoir la crise sur la hausse du chômage des jeunes) et quels seront les effets sur l’économie informelle (qui est également affectée par la crise) et donc sur la stabilité sociale », note le groupe Crédit Agricole France.
 
 A. CHANNAJE
Encadré

Le déficit commercial au plus bas

 
Selon les dernières données de l’Office des Changes, le déficit commercial s’est aggravé de 3,2 milliards de dirhams en 2019. Un rythme d’aggravation le plus bas depuis 2016.
Au cours de l’année 2019, les importations de marchandises progressent de 2% par rapport à 2018. Les achats à l’extérieur de produits énergétiques enregistrent également une baisse de 7,2% pour atteindre 76,3 milliards de dirhams, expliquée, entre autres, par l’effet prix. Cette baisse concerne, notamment, les importations de gas-oils et fuel-oils de -2,8 Mds DH ou -6,6% et des importations de l’énergie électrique de -93,5%.

Quant aux exportations, elles progressent de 2,4%. Pour le secteur automobile, les ventes maintiennent leur trend haussier (+5,8% au lieu de +13,1% en 2018).