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Régions

Pollution de Bouregreg: Les autorités sortent de leur silence


Rédigé par Siham MDIJI le Jeudi 29 Avril 2021

Après la polémique qu’a suscité la pollution des eaux de Bouregreg, le ministre de l’Energie, Aziz Rabbah, a enfin présenté sa version des faits.



Les réseaux sociaux ont été enflammés, le mois dernier, par de nombreuses publications concernant une nappe de pollution avec des odeurs nauséabondes provenant de l'Oued Bouregreg. Depuis le début, les regards ont été tournés vers la décharge d’Oum Azza à l’origine de la fuite du lixiviat qui n’a pas pu être traitée. 

Face au silence radio des autorités compétentes, le député Omar Balafrej avait adressé, le 14 mars dernier, une question écrite au ministre de l’Energie, des Mines et de l’Environnement, Aziz Rabbah, sur le sujet, qui désormais constitue une véritable source de désagrément pour les habitants de Rabat et Salé.

Les résultats dévoilés

Le ministre de tutelle a révélé que la pollution constatée est, effectivement, due à une fuite de lixiviat émanant de la décharge d’Oum Azza, mais aussi du rejet des eaux usées de Sala El Jadida et Aïn Aouda dans le fleuve. « Après la pollution de l’Oued Bouregreg, une commission technique mixte a été formée, sous la supervision des autorités locales de la Wilaya de la région Rabat-Salé-Kénitra, pour déterminer son origine, et évaluer la situation de l’Oued », a-t-il souligné dans le document. 
L’enquête, menée par le Laboratoire national des études et de surveillance de la pollution, relevant du ministère de l’Environnement, a démontré que « les fortes pluies qui se sont abattues sur le Royaume ont provoqué d’importants afflux vers le Bouregreg ». Il s’agit « des eaux usées de la ville de Sala Al Jadida, des rejets de la station d’épuration d’Aïn Aouda, ainsi que du lixiviat de la décharge contrôlée d’Oum Azza ». 

« Les analyses ont démontré que le taux d’oxygène dans l’eau est resté dans les normes, et qu’aucun poisson n’est mort », a ajouté la même source. Cette dernière a souligné que ladite commission a recommandé de «mettre en place des projets d’assainissement et de développement des infrastructures, particulièrement dans les quartiers dont les eaux usées se déversent dans l’Oued Bouregreg ». Outre cela, il est nécessaire de renforcer la décharge existante par la mise en place de bassins de stockage de lixiviat sur place pour pouvoir le traiter, a conclu le même document.

Gestion à revoir

Le centre de valorisation d’Oum Azza, né de la volonté royale d’éradiquer les décharges sauvages à l’origine de pollutions environnementales et sanitaires, contient, aujourd’hui, plus de 400.000 m3 de lixiviat, ce qui dépasse la capacité de stockage de ses bassins. Toutefois, ce constat avait poussé des élus à tirer la sonnette d’alarme sur la mauvaise gestion de ladite décharge qui ne fait pas usage des techniques mondialement connues pour le séchage de déchets. Ils accusent l’Etablissement de coopération intercommunal (ECI) Al Assima, dirigé et géré par le Parti de la Justice et du Développement (PGD), d’être responsable de cette « catastrophe naturelle ».
 
 

La pollution des eaux du Bouregreg s’invite au Parlement

Les députés ont interpellé en mars dernier le ministre de l’Energie, des Mines et de l’Environnement, Aziz Rabbah, exigeant une intervention rapide à la catastrophe environnementale qui a bouleversé la région de Rabat. «Les habitants de Rabat et de Salé sont très préoccupés après la diffusion de plusieurs images et vidéos dans les médias et les réseaux sociaux révélant au grand jour la pollution du Bouregreg, tuant les poissons et entachant par la même l’image touristique et historique des deux villes»,  avait affirmé l’Union marocaine du travail (UMT).«Des doutes entourent la décharge d’Oum Azza (Akrach) comme source de cette pollution, ce qui nécessite d’accélérer les analyses en laboratoire d’échantillons d’eau polluée pour informer l’opinion publique nationale et locale», exigent les députés.