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Politique générale : Hausse des prix, investissement, chômage… Aziz Akhannouch dit tout !


Rédigé par Anass MACHLOUKH Jeudi 12 Mai 2022

Devant les Conseillers, Aziz Akhannouch s’est livré à un exercice de pédagogie en se prononçant sur les grands sujets d’actualité. Inflation, faiblesse de l’investissement, corruption et relance de l’économie, le Chef du gouvernement a avancé ses arguments. Détails.



C’est un exercice de pédagogie auquel s’est livré, mardi, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch à la Chambre des Conseillers, lors de la séance consacrée à la politique générale. Face aux membres de la deuxième Chambre, le Chef de l’Exécutif s’est prononcé sur des sujets sur lesquels il était très attendu, aussi bien par la Majorité que par l’Opposition. Celle-ci semble faire de la hausse des prix un thème de prédilection pour asséner ses critiques au gouvernement, sachant qu’une commission parlementaire a été mise en place pour le contrôle des prix. Evidemment que cette question a été au coeur des discussions lors de la séance.

Akhannouch a récusé l’idée d’imputer au gouvernement la responsabilité de l’inflation, dont les facteurs sont exogènes. Guerre en Ukraine, effervescence de l’économie mondiale, flambée des cours des matières premières… Autant de vicissitudes qui ont frappé de plein fouet l’économie nationale, trop ouverte pour ne pas être dépendante de l’environnement international.

L’investissement trébuche

Au-delà de la hausse des prix, le Chef du gouvernement s’inquiète d’un problème de plus grande envergure : le marasme de l’investissement. L’investissement public demeure peu productif malgré les efforts déployés ces dernières années. Aziz Akhannouch a souligné le faible rendement de l’investissement public, très dérisoire par rapport aux ambitions.

Force est de constater que le Maroc est l’un des pays qui mettent le plus le paquet dans l’investissement public en y consacrant 30% du PIB. La moyenne mondiale, a-t-il rappelé, ne dépasse pas 25%. « En dépit de ces efforts, le retour sur investissement est décevant pour le gouvernement », a fait savoir Akhannouch, qui semble d’accord sur le constat avec le gouverneur de Bank-Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, lequel a fait part de la même déception lors de son master class à la Commission des Finances de la première Chambre, le 16 février dernier.

En gros, l’investissement public, aussi conséquent soit-il, ne contribue pas assez à la croissance. Alors que nous sommes à une moyenne de 2,3% de croissance (moyenne des dix dernières années), les pays à taux d’investissement public comparable au nôtre réalisent plus de 6%, selon Akhannouch. Pour un point de croissance, il faut 9,4 points d’investissement, selon les chiffres de BAM, ce qui demeure très faible.

De l’autre côté, le secteur privé n’est pas également à la hauteur, selon Aziz Akhannouch qui le considère trop timide pour faire tourner la machine de l’investissement. “L’investissement privé, estimé à 100 MMDH, est concentré dans des secteurs à faible impact social et économique”, a déploré le Chef du gouvernement, qui a livré aux Conseillers la trajectoire qu’il compte prendre pour renverser la situation.

350 milliards à l’horizon de 2035

Cette année, 245 milliards de dirhams ont été mobilisés à titre d’investissement public, répartis à raison de 89 MMDH au budget de l’Etat, 92 MMDH aux EEP, 45 MMDH au Fonds Mohammed VI et 19 MMDH aux collectivités territoriales. Un effort dirigé vers le soutien aux réformes sociales, aux grands projets d’infrastructures, et au soutien à l’entrepreneuriat.

Aziz Akhannouch a fait part de son ambition d’atteindre 350 MMDH à l’horizon de 2035. Le gouvernement compte aller de l’avant et remédier aux dysfonctionnements qui “stérilisent” l’investissement. L’Exécutif veut renforcer la liquidité des entreprises en réduisant les délais de paiement relatifs aux marchés publics à 18,6 jours. A cela s’ajoute le déblocage des crédits de la TVA due aux entreprises (près de 13 milliards de dirhams).

Par ailleurs, le gouvernement veut faciliter l’accès des entreprises, notamment des PME, aux marchés publics et réduire la facture énergétique et celle du transport. Concernant l’investissement privé, le gouvernement est résolu à lui donner un nouvel élan grâce aux 46 projets adoptés lors des réunions du Comité National de l’Investissement.

Ces projets devraient créer 14.200 emplois directs et indirects grâce aux 33 MMDH d’investissements mobilisés. Le rendement devrait être élevé, à en croire Aziz Akhannouch qui a mentionné que ces investissements concernent des secteurs à fort impact socio-économique, comme l’industrie, la Santé, la logistique, le tourisme, et l’Enseignement supérieur. En somme, en cumulant ces projets et ceux du plan d’accélération industrielle, il est prévu de mobiliser 51 MMDH d’investissements, ce qui contribuerait à créer environ 57.000 emplois.

En attente de la Charte de l’investissement

Par ailleurs, pour redresser l’investissement, le gouvernement place tous ses espoirs dans la Charte, quasiment finalisée et qui sera adoptée dans quelques semaines. En vertu de la nouvelle charte, les PME, qui constituent 96% du tissu économique national, auront plus d’accès aux investissements.

A cet égard, Aziz Akhannouch a annoncé la sortie imminente d’un décret réduisant le plafond des projets bénéficiant du soutien de l’Etat de 100 MDH à 50 MDH. L’Etat soutiendra de façon plus audacieuse et plus conséquente les projets jugés “stratégiques”, à savoir ceux des industries de Défense et de l’industrie pharmaceutique. Aussi, les Centres régionaux de l’investissement seront redressés avec la facilitation des procédures. Toutes les mesures susmentionnées visent à améliorer le climat des affaires.

La Corruption brouille tout !

Cette ambition se heurte toutefois à l’ampleur de la corruption que le Maroc a du mal à atténuer. Aziz Akhannouch a reconnu que l’indice de corruption du Royaume ne s’est pas amélioré lors des dix dernières années. Ceci porte atteinte à la transparence de la passation des marchés publics. En citant cela, il a fait part de la volonté du gouvernement de s’attaquer à la corruption et faire des marchés publics un levier de la croissance.

L’Exécutif prépare actuellement un projet de loi y afférente qui devrait remédier aux dysfonctionnements actuels, dont les grandes lignes ont été dévoilées par le ministre délégué chargé du Budget Faouzi Lekjaâ. Aussi le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka, se penche-t-il sur ce sujet en ce qui concerne le secteur du BTP.

Moins de chômage

Malgré les difficultés liées à l’investissement et les faibles perspectives de croissance (le Maroc réaliserait peut-être une croissance 0,7% en 2022), la situation économique du pays s’améliore. Aziz Akhannouch s’est réjoui de la baisse du chômage, soulignant l’amélioration des indicateurs de l’emploi au niveau antérieur à la pandémie. “Actuellement, il y a moins de 68.000 chômeurs, par rapport au premier semestre de 2021”, s’est-il félicité, ajoutant que 2,7 millions de salariés sont déclarés à la CNSS, soit 100.000 salariés déclarés de plus qu’en février 2020.



Anass MACHLOUKH



L’Istiqlal regrette la gestion «catastrophique» du gouvernement précédent
 
La séance consacrée à la discussion de la politique générale a été l’occasion pour les groupes parlementaires de donner leur appréciation. Evidemment que les groupes de l’opposition ont adressé des critiques. Celles-ci ont été récusées par des Conseillers de la majorité, dont ceux du Parti de l’Istiqlal.

Abdelakader El Kihel a notamment réfuté les accusations du groupe du PJD, estimant que les difficultés rencontrées par le gouvernement sont le résultat de la gestion “catastrophique” des dix dernières années par son prédécesseur.

Le Conseiller istiqlalien a pointé du doigt les échecs des deux derniers gouvernements, citant l’exacerbation du chômage et le recul de la croissance ainsi que le piètre bilan de la croissance durant les deux derniers mandats.


 








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