Le président colombien, Gustavo Petro, s'obstine à soutenir le Polisario quoiqu'il lui en coûte politiquement au moment où il est fragilisé face à l'opposition. Il a reçu récemment le soi-disant représentant du Polisario en Amérique Latine et aux Caraïbes, Mohamed Zrug, auquel il a renouvelé son soutien. Dans un tweet, il a réitéré son soutien à la thèse séparatiste et défendu le Polisario qu'il a qualifié de "seule communauté arabe à parler espagnol". Une contre-vérité qu'il n'a pas soin de vérifier.
Quoique symbolique, ce geste reste important pour le Polisario qui compte sur le soutien de la Colombie au Conseil de sécurité où Bogota siègera à partir de janvier 2026 en tant que membre non permanent. Le Polisario, après avoir perdu la majorité de ses alliés de taille, notamment en Amérique latine, s'efforce de garder la poignée de partisans qui se comptent sur le bout des doigts.
L'opposition conservatrice s'est offusquée de cette sympathie ostensiblement affichée pour un mouvement séparatiste aussi infréquentable que le Polisario. L'ancienne vice-présidente, Marta Lucia Ramirez, a réagi dans un tweet très critique vis-à-vis du président où elle a qualifié le front de mouvement de guérilla. "Comment se fait-il qu’un ancien guérillero, devenu aujourd’hui président de Colombie grâce à la clémence des Colombiens et à la générosité de notre démocratie, soutienne un groupe de guérillero qui menace l'intégrité d'un pays au mépris du droit international", s'est-elle indignée.
Sur la scène politique colombienne, Ramirez demeure l'une des ferventes alliés du Maroc qu'elle a visité en 2021 en tant que Vice-présidente sous le mandat du président Ivan Duke. A cette époque, les relations entre Rabat et Bogota étaient au beau fixe. Le Royaume compte encore de nombreux alliés au sein de la droite surtout au Sénat qui, rappelons-le, s'oppose ouvertement à la reconnaissance de la pseudo "rasd". Le sénat a adopté, en novembre 2023, une motion soutenant l'intégrité territoriale du Maroc.
Ancien guérillero, le président d'ultra-gauche affiche beaucoup de sympathie au front séparatiste depuis son élection en 2022. A peine investi, il a rétabli la reconnaissance du front séparatiste. Ce soutien est purement idéologique vu son passé marxiste.
Jusqu'à présent, les relations entre Rabat et Bogota sont gelées. La diplomatie marocaine a gelé tous les contacts diplomatiques jusqu'à nouvel ordre.





















