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Monde

Pétrole : l'AIE prévoit une hausse de la production mondiale


Rédigé par S.J le Vendredi 10 Juillet 2020

Après avoir atteint son plus bas en neuf ans, la production mondiale de pétrole devrait repartir à la hausse dès juillet avec la reprise de la demande, a estimé vendredi l'Agence internationale de l'énergie (AIE).



«Menés par l'Arabie saoudite, les producteurs mondiaux ont abaissé la production de près de 14 millions de barils par jour (mb/j) en moyenne d'avril à juin, en réponse à un effondrement sans précédent de la demande et des cours du pétrole», note l'AIE dans son rapport mensuel sur le pétrole. Cet effondrement a été causé par la pandémie de la Covid-19, qui a ralenti, voire mis quasiment à l'arrêt, certaines activités comme le transport aérien.
 
En juin, la production mondiale a ainsi atteint son plus bas en neuf ans, à 86,9 mb/j, selon l'AIE. L'Arabie saoudite est en effet allée au-delà des accords volontaires de réduction de la production décidés par l'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) et ses alliés, tandis que des pays comme les Etats-Unis ou l'Irak pompaient moins également.

«A partir de juillet, cependant, la production de pétrole devrait commencer à être orientée à la hausse, les producteurs réagissant aux signes de reprise de la demande alors que les confinements s'assouplissent», ajoute la même source.
 
Production libyenne : une reprise graduelle
 
L'AIE, qui conseille des pays développés sur leur politique énergétique, pense en effet que l'Arabie saoudite cessera de faire du zèle et d'aller au-delà des accords avec ses partenaires, tandis que la production doit se reprendre en Amérique du Nord. L'Agence pense aussi que la production libyenne, perturbée par les troubles politiques et sécuritaires, pourrait se reprendre de 0,9 mb/j d'ici la fin de l'année. Néanmoins, la relance de la production pétrolière en Libye pose défi, du fait qu’elle éprouve la capacité du marché à absorber des volumes supplémentaires de pétrole dans une conjoncture marquée par la demande atone. Dans une déclaration à l’Agence Ecofin, John Kilduff, associé à Again Capital LLC, a indiqué que «le marché mondial va avoir du mal à absorber ces barils libyens supplémentaires. En même temps, il y aura des dizaines de milliers de licenciements de personnes qui seront sans emploi et ne conduiront pas».
 
L'AIE se montre toutefois prudente dans ses prévisions, soulignant que l'accélération du nombre de contamination au nouveau coronavirus montre que «la pandémie n'est pas sous contrôle», avec des risques pour le marché.
 
La demande de son côté est attendue à 92,1 mb/j cette année, soit une chute de 7,9 mb/j sur 2019. C'est un peu mieux que ce que l'AIE avait prévu jusqu'ici, car la baisse au deuxième trimestre a été finalement moins sévère qu'attendu, explique-t-elle.
 
Pour 2021, elle attend une demande à 97,4 mb/j, soit un rebond de 5,3 mb/j. Celui-ci est un peu moindre qu'anticipé le mois dernier, mais c'est en raison des prévisions rehaussées pour 2020.

(Avec Agences)

  


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