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Paris en ligne : Les acteurs traditionnels face au défi du web


Rédigé par Souhail AMRABI le Mercredi 12 Janvier 2022

Le secteur des jeux en ligne a vu son mode de fonctionnement et son business model impactés par la transition numérique et l’apparition de nouveaux acteurs transnationaux. Une tendance qui touche également au Maroc des acteurs comme la MDJS, la Loterie Nationale et la SOREC qui détiennent le monopole au niveau national.



Paris en ligne : Les acteurs traditionnels face au défi du web
Comme de nombreux secteurs avant lui, l’activité des jeux de hasard a vu son mode de fonctionnement comme son business model transformés par l’explosion du numérique. Autrefois monopolisé par des acteurs étatiques, le secteur a vu lors de la dernière décennie l’apparition d’outsiders transnationaux qui ont vite fait de concurrencer les acteurs historiques dans leur pré-carré. Une tendance qui est loin d’épargner le Royaume, facilitée par le développement des solutions de paiement électronique.

Une avancée qui avait pour but de permettre aux Marocains de réaliser des achats sur les sites marchands à l’international, notamment les grandes plateformes de drop-shipping, de vidéos à la demande (VOD) et de jeux en ligne, mais qui s’est étendue par la force des choses aux jeux de hasard. Une tendance qui devrait être favorisée par l’augmentation de la dotation touristique à 100.000 DH/personne et la possibilité de cumul récemment décidée par l’Office des Changes.

MDJS en frontline

La possibilité d’utiliser cette dotation via des cartes bancaires internationales ou dédiées à l’achat en ligne a ouvert l’accès aux parieurs marocains à des sites comme Bwin, Winamax, BetClic, Betway, Unibet ou encore Spin Sport. Le déclenchement de la pandémie, notamment la période du couvre-feu, a servi de catalyseur à ces plateformes. Bien qu’au niveau national, la Marocaine des Jeux et des Sports (MDJS) détient le monopole sur l’activité des paris sportifs (physique ou en ligne), les bookmakers en ligne séduisent de plus en plus de parieurs marocains. Un attrait qui s’explique par la côte proposée par ses « bookies ».

Une différence qui s’explique par la nature même de ses entreprises qui contrairement aux opérateurs étatiques, n’ont aucune contrainte fiscale ou légale à respecter.

Des utilisateurs de ses sites ont ainsi pointé du doigt l’écart de cotation sur un même pari entre la MDJS et les plateformes concurrentes qui se situe entre « 0.10 à 0.20 ». Une différence qui peut paraître minime, mais dont l’impact se ferait ressentir selon ces derniers au niveau des « paris combinés où cela peut représenter une marge conséquente». Autre point abordé par les parieurs : le Taux de retour joueur (TRJ) de la MDJS qui est de 86,4%, jugé désavantageux pour les joueurs.

Les bookmakers en ligne se démarquent également par une offre pléthorique de paris qui s’étendent entre 30 et 6O sports (fléchettes, MMA, rugby, boxe, formule 1, football américain…) contre seulement 7 sports pour la MDJS. Idem pour les types de paris où les plateformes transnationales proposent à leurs utilisateurs jusqu’à 100 paris différents sur chaque rencontre (pairs à handicap, le nombre de corners, de fautes…).

Une concurrence qui n’a pas empêché la MDJS de profiter de l’explosion des paris en ligne. En témoigne son chiffre d’affaires qui est passé de 800 millions à 2 milliards de DH en 2017, selon les derniers chiffres disponibles. Lors de la même période, la contribution de la structure au Fonds national du développement du sport (FNDS) s’est établie à 345 millions de DH, soit une augmentation de 300% par rapport à 2010. La Loterie Nationale a également investi le terrain du web dès 2011, en permettant aux joueurs de participer aux tirages à distance.

« En 2019, la Loterie Nationale a procédé au lancement de nouveaux jeux virtuels et interactifs ainsi qu’une nouvelle plateforme d’exploitation en ligne pour répondre aux attentes des joueurs qui ont changé leur façon de jouer, notamment via l’ordinateur ou le smartphone, leur permettant ainsi une plus grande flexibilité et davantage de liberté», précise Mohammed Sulaimani, directeur général de la Loterie Nationale.

Loterie Nationale et SOREC protégées par la nature de leurs activités

Selon ce dernier, la mise moyenne par transaction reste limitée à 15 DH et les dépôts en ligne ne dépassent pas les 200 DH. « Le nombre limité de comptes en ligne et le faible volume de transactions associées s’explique éventuellement par la réticence des joueurs marocains à renseigner leurs données personnelles et à utiliser leurs moyens de paiement de manière dématérialisée », souligne le management de la Loterie Nationale, avant d’ajouter qu’une « étude est en cours pour répondre à cette problématique. Parallèlement et pour accompagner le développement des usages digitaux, une application mobile a été développée avec un lancement prévu dans les mois à venir ».

Du côté des courses hippiques, c’est la SOREC qui détient le monopole et elle a aussi mis en place récemment une offre en ligne. Un segment qui est toujours à ses balbutiements et dont la nature le prémunit de la concurrence des acteurs transnationaux. « Le jeu hippique est un jeu social, même avec l’émergence du digital, le réseau physique reste par excellence l’endroit privilégié et préféré des joueurs tant au Maroc qu’à l’étranger. Cela va au-delà du jeu, il y a aussi l’émotion et le partage. Il est à souligner que le jeu hippique est un domaine fortement réglementé à travers le monde, et en particulier au Maroc où la SOREC est l’opérateur unique d’organisation de jeux hippiques », précise Omar Skalli, directeur général de la SOREC. 

L’entreprise peut, rappellons-le, compter sur un solide et très performant réseau physique et ne manquera pas de gagner du terrain sur ce secteur porteur, à l’image du PMU France qui a compris le potentiel du tout numérique avec la libéralisation des jeux en ligne, qui est en train de mettre les bouchées doubles pour contrer ses concurrents privés.

 
S. A.

L'info...Graphie


Paris sportifs


Un marché transformé par Internet
 
L’activité des paris sportifs est passé en l’espace de 15 ans d’un marché dominé par 250 opérateurs locaux, avec une forte composante publique, à un marché dérégulé avec l’apparition de 5.000 opérateurs à travers le monde, dont la plupart sont entièrement digitalisés et sont basés à Malte, en Irlande ou encore à Jersey.

Ces nouveaux opérateurs ont développé une nouvelle offre, très attractive par rapport aux opérateurs classiques, permettant de parier sur tous les sports et sous différentes formes. Le produit brut des jeux est ainsi passé à moins de 4 milliards d’euros en 1995 à près de 35 milliards d’euros, dont 45% est réalisé sur le net. L’arrivée des opérateurs transnationaux a également signifié une augmentation du taux de retour moyen aux joueurs, qui est passé de 75 à 95%.

La forme des paris n’est, de son côté, plus dominée par les paris mutuels qui représentaient 90% des paris durant les années 1990 et ne couvre plus aujourd’hui que moins de 5% des mises effectuées. Le live betting et les paris à cotes représentent aujourd’hui le gros du marché.

L’avènement d’Internet s’est accompagné par l’apparition de nouvelles offres illégales, là où ce genre de pratiques se limitaient aux « paris de rues », qui demeurent très importants dans des pays comme la Chine, l’Inde ou encore le Brésil, tous les pays sont aujourd’hui confrontés à cette offre qui peut se déguiser en site « normal » ou privilégier les cryptomonnaies pour éviter toute traçabilité. Bien qu’ils puissent être facilement débusqués et mis hors ligne, il suffit à leurs commanditaires d’acheter un nouveau nom de domaine pour reprendre leurs activités.

 

3 questions à Omar Skalli, DG de la SOREC


« Courses hippiques : un secteur en cours de digitalisation»

Contrairement aux paris sportifs, les courses hippiques ont réussi à maintenir leurs circuits classiques, grâce à la nature de l’activité où les champs de course représentent un espace de vie et de sociabilisation.

- La pandémie et les mesures restrictives en termes de mobilité ont accéléré le recours à la vente à distance, ainsi qu’à la numérisation des transactions dans divers secteurs économiques au Maroc. Comment cette transition s’est traduite au niveau de la SOREC ?

- Depuis quelques années, le digital est devenu un enjeu majeur pour toutes les entreprises. La SOREC a mis la digitalisation de ses services au coeur de sa stratégie d’entreprise et nous avons lancé plusieurs canaux et outils digitaux au service de nos différents clients (éleveurs, propriétaires, joueurs, partenaires…).

Nous continuons toujours notre refonte digitale pour mieux répondre à leurs besoins et leur proposer ainsi une meilleure expérience client. Notre réseau physique de prise de jeu était fermé pendant toute la période du confinement, nous avons donc mis en place un dispositif pour orienter notre offre vers nos services de jeux en ligne et de prise de paris par téléphone.


- Le cas échéant, quel est le pourcentage actuel des opérations de prise de paris à distance et quels sont vos objectifs dans ce registre, à court et moyen termes ?

- L’activité de la prise de jeux à distance est à ses débuts et sa progression est significative. Notre objectif est de continuer à proposer une meilleure expérience client tant sur le réseau physique que sur le réseau digital.


- Quel est l’impact de cette évolution sur vos réseaux de vente traditionnels ?

- A ce stade, et à l’image du e-commerce au Maroc, nous ne constatons aucun impact sur l’activité de notre réseau de vente traditionnel. En effet, les études ont démontré que chaque réseau de distribution a sa propre expérience, et qui correspond aux attentes des différentes catégories de consommateurs.


Recueillis par S. A.

 








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