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Monde

Palestine : Al-Araqeeb, un village démoli 197 fois et toujours debout


Rédigé par La rédaction le Lundi 28 Février 2022

Le village d’Al-Araqeeb, dans le Neguev, n’en finit pas d’être rasé par les Israéliens de même que les Palestiniens n’en fissent pas de le remettre debout.



Palestine : Al-Araqeeb, un village démoli 197 fois et toujours debout
Al Araqeeb est entré dans l’histoire en tant que village dont les maisons construites en bois, en plastique, en tôle et en tentes ont été démolies par les autorités israéliennes pour la 197ème fois consécutive. Le village est devenu un symbole national de la bataille de défi et de volonté que les Palestiniens mènent pour la survie, la fermeté et la préservation de la terre et de l’identité nationale.

Le village d’Al-Araqeeb, qui est habité par 22 familles (environ 800 personnes), est situé au nord de la ville de Beer Sheva dans le désert du Néguev au sud de la Palestine.

Al-Araqeeb est un village que l’occupation ne reconnaît pas et continue de déplacer sa population qui fait partie des bédouins, vivant d’une économie dépendant du pâturage des cheptels et de l’agriculture, en particulier des oliviers et dont des dizaines de milliers ont été déracinés par les bulldozers israéliens lors des démolitions répétées.

Le phoenix qui renait de ses cendres

La série de démolitions a commencé en 2010 quand al Araqeeb a été rasé complètement par les bulldozers d’occupation. Mais après chaque démolition, les habitants le reconstruisent, pour être démoli encore et comme un phoenix qui renait de ses cendres, il est rebâti de ruines.

A chaque fois. Les habitants d’al-Araqeeb disent que leur village a été créé il y a des centaines d’années, qu’ils possèdent des documents délivrés à l’époque de la domination ottomane attestant l’achat de leurs terres pendant cette période. Ils affirment aussi que le cimetière du village date du début du XIXe siècle.

Lorsque la région du Néguev, qui représente environ la moitié de la superficie de la Palestine historique, a été occupée en 1949, al-Araqeeb est devenu l’un des 45 villages arabes du Néguev non reconnus par les autorités d’occupation.

Considérés comme des «villages illégaux’’, ils sont privés des services de base tels que l’éducation, la santé, l’eau, l’électricité et les communications. En 1951, le gouverneur militaire israélien a ordonné aux habitants d’al-Araqeeb d’évacuer temporairement le village pendant une période de 6 mois, et depuis ils n’ont jamais été autorisés à revenir définitivement au village.

Le rythme des campagnes de déplacement s’est accéléré après la guerre des six jours de 1967, sous prétexte que la zone appartient au « Fonds national juif » et parfois sous prétexte de contrôler systématiquement les opérations de construction, en plus des raisons sécuritaires et militaires.

C’est sans compter sur la détermination des bédouins palestiniens d’Al-Araqeeb qui continuent à rejeter les projets de l’occupation de les rassembler dans des sites loin de leur environnement, dans un dessein de s’emparer de leurs terres, et s’accrochent à leur village qu’ils reconstruisent après chaque passage des bulldozers.