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Nezha Hami-Eddine Echaïri : « La crise sanitaire a permis aux coachs de repenser leur offre »

Entretien avec Nezha Hami-Eddine Echaïri, consultante, coach et directrice du cabinet Cap RH


Rédigé par Safaa KSAANI le Dimanche 6 Décembre 2020

Par delà les frontières, physiques et culturelles, l’ambition de trente-deux coachs du monde est d’éveiller les consciences sur les changements qui vont survenir.



Nezha Hami-Eddine Echaïri
Nezha Hami-Eddine Echaïri
- Vous avez demandé à des coachs marocains et étrangers de mettre en commun leurs plumes pour composer un panel de perceptions de la crise sanitaire. Comment avez-vous préparé ce travail ?
- Cet ouvrage est né dans la tumulte provoquée par le confinement. J’ai été, comme tant d’autres personnes, assaillie par une multitude de questions, parfois existentielles. J’ai été et suis toujours convaincue que ce que nous vivons est une inflexion dans la courbe de l’histoire de l’humanité. Celle-ci conduira à une nouvelle vision du monde. Ce n’est pas une catastrophe, ce n’est pas «la fin du monde» comme pensent certains. C’en est loin. Ce sera, surtout, la fin d’une façon de faire et de penser. Au début du confinement, nous étions comme une chrysalide qui se bat et se débat pour sortir de son cocon. Passage et difficultés nécessaires pour renforcer les ailes du futur papillon et lui permettre de s’envoler. Sans ce passage par une ouverture étriquée, le papillon ne pourra jamais voler. Pour moi, ce confinement est ce passage étriqué. Nous n’en sommes pas encore sortis. C’est pour cela que j’ai invité des coachs marocains et étrangers à témoigner de ce qu’ils ont vécu et ressenti durant cette phase de transition. Cet ouvrage est véritablement un témoignage authentique.

- Dans ce nouvel ouvrage collectif, quelles sont les perceptions et les projections des coachs marocains et étrangers ? Se partagent-ils les mêmes ressentis ?
- Les trente-deux coachs, de sept nationalités différentes issues de trois continents, ont accepté de mettre des mots sur ce qu’ils vivaient durant les premiers jours du confinement. Chacun l’a dit avec ses mots, avec sa vision du monde, avec ses perceptions. Cela nous fait un extraordinaire florilège de contributions qui ont toutes un point commun : changer de paradigme pour une nouvelle vision du monde qui ne sera plus comme avant.

- En ce moment de profonde mutation, la présence du coaching en entreprise est-elle importante ?
- Elle est encore plus importante en ce moment. Car les équipes se sentent déboussolées. Elles ont perdu leurs repères. Le travail à distance a été une excellente solution à un « imprévu ». Mais, travailler constamment à distance est devenu une source de souffrance. Au début, nous avons utilisé les plates-formes informatiques pour accompagner nos clients. Mais aujourd’hui, nous et nos clients souhaitons revenir au présentiel. Nous sommes des êtres en quête permanente de relations. Le troisième besoin de la pyramide de Maslow est « le besoin de sociabilisation ». Dans cette optique, le distanciel est frustrant. D’une façon générale, la théorie moderne du développement personnel a toujours progressé par de grands changements, notamment les deux guerres mondiales et le choc pétrolier. C’était des périodes de troubles, donc de « redistribution des cartes » qui ont permis de prendre conscience de l’élasticité de la théorie du développement personnel, et sa capacité à se réinventer pour répondre aux nouveaux besoins générés par chaque période.

Pour résumer, je suis convaincue que l’après-Covid sera porteur d’une nouvelle conjoncture favorable au développement personnel. Et que celui-ci en sera enrichi.

- Les coachs ont-ils connu la crise, ou au contraire, ont-ils été sollicités ?
- À main levée, dès le début de la pandémie, nous avons constaté une baisse significative de notre activité. Cette baisse a été constatée dans le monde entier. Selon la dernière enquête diligentée par ICF global (International Coach Federation) les coachs ont vu leurs revenus baisser. Donc, la crise est bien là. Cela a permis aux coachs marocains et du monde de repenser leur offre, leur approche, à questionner leur pratique, à se former à de nouveaux outils et à anticiper les besoins qui émergeront de cette période d’inflexion. 

Recueillis par Safaa KSAANI

Ouvrage collectif

De quoi serons-nous riches, demain ? les coachs témoignent

“Nous serons riches de beaucoup de choses. Notre bourse est bien pleine”, explique Mme Nezha Hami-Eddine Echaïri. 

Citoyens et coachs sont les témoins privilégiés d’une extraordinaire période de redistribution des cartes à tous les niveaux : individuel, collectif, national, supranational et global, nous affirme-t-elle. Sur le plan individuel, les gens ont appris à vivre avec moins de fioritures. Les coachs, quant à eux, ont appris à être plus dans l’immédiateté, à ne pas avoir de projet et à prendre ce qui adviendra. Au niveau collectif, en entreprise, “nous avons appris à intégrer de nouvelles façons de gérer : moins de contrôle et plus de confiance”, précise-telle.

Les priorités, tant éludées, se sont imposées à nous et “les Etats doivent se recentrer sur leurs missions régaliennes : santé, enseignement et justice”, nous explique-t-elle. Au niveau supranational, l’ampleur de la pandémie a permis de prendre conscience de la folle course de la production. “Les relocalisations seront très importantes après la pandémie”, promet-elle. Enfin, dans le globe, la nature a repris ses droits. “J’ai été émue de voir, par endroits la nature, qui était tapie à cause de l’hégémonie de l’homme, a pu « respirer » et « s’expandre », se réjouit-elle.

S. K. 

Repères

Un livre où des coachs se livrent sans voile
Ils étaient trente-deux coachs de sept pays différents à accepter de mettre en commun leurs expertises pour éditer l’ouvrage collectif intitulé «De quoi seronsnous riches, demain?», chez la Maison Agora. Une collection de perceptions, de ressentis et de projections, où ces coachs ont accepté de se dévoiler et laisser parler leur sensibilité, leur fragilité et leur humanité, lit-on dans un communiqué publié par Mme Nezha Echaïri.
Covid : Enquête sur les revenus des coachs
Pour évaluer l’impact de la pandémie sur les coachs, ICF global (International Coach Federation) a mené une enquête qui a révélé que 86% des coachs interrogés ont déclaré avoir enregistré une baisse de leurs revenus. Pour rappel, ICF global est une fédération qui représente, défend et fait la promotion du coaching professionnel. Elle regroupe 35.000 coachs professionnels issus de plus de 140 pays et territoires.
Le «Life Coaching Program» accrédité par l’ICF
Coaching Lab Academy est la première formation Made In Morocco à recevoir l’accréditation de l’International Coaching Federation pour son programme «Life Coaching Program». Ce dernier propose une formation professionnelle aux standards internationaux du métier de coaching. L’objectif étant d’outiller les futurs coachs avec les meilleures techniques & approches d’accompagnement selon les standards d’ICF. Le programme se déroule sur un an en 160 heures de formation en apprentissage direct et 360 heures de travail supervisé, des stages, de la pratique, de la supervision opérationnelle, de la recherche et une soutenance.