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Monde

Nasrallah : «Ni Macron, ni quiconque n’a de mandat d’être le gardien du pays»

Liban


Rédigé par Ali Benadada le Jeudi 1 Octobre 2020

Nasrallah a remis, mardi soir, deux chefs d’Etat à leur place : Macron pour son comportement « condescendant » et Netanyahu pour « ses mensonges ».



Nasrallah : «Ni Macron, ni quiconque n’a de mandat d’être le gardien du pays»
Au début de son discours télévisé, Hassan Nasrallah a tenu à démentir, preuve à l’appui, les allégations proférées quelques minutes auparavant par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. 

Ce dernier dans un discours retransmis à l’Assemblée générale de l’ONU, a présenté une carte montrant, d’après lui, un «entrepôt d’armes secret» dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion de la formation chiite, près de l’aéroport. Il s’agit selon l’armée israélienne de missiles de précision, prétendant que cet «entrepôt» se trouvait «à un mètre» d’une «compagnie de gaz» et à une cinquantaine de mètres «d’une station-essence».

Accusant le Premier ministre israélien de «chercher comme d’habitude à retourner le peuple libanais contre le Hezbollah», le leader chiite a invité les médias libanais et étrangers, et quiconque le voudrait, dans l’heure qui suit, dans l’installation dont Netanyahu a parlé, pour constater de visu les mensonges du Premier ministre israélien. «Nous autoriserons les médias à entrer à dix heures du soir. À l’installation dont Netanyahu a parlé pour que le monde découvre son mensonge ». Et en moins d’une heure, des dizaines de journalistes des médias arabes et étrangers, y compris une équipe de l’AFP, se sont rendus sur le site situé dans un quartier populaire de la région de Jnah, dans la banlieue à proximité d’habitations et de commerces.

«C’est un site industriel ordinaire dans la région», a déclaré le responsable des relations médiatiques du Hezbollah, Mohamad Afif, qui accompagnait les journalistes dans la tournée.  

Un photographe de l’AFP a constaté, à l’intérieur d’un hangar à deux étages, des équipements industriels lourds et des dizaines de grandes bonbonnes de gaz industriel, produits par l’usine selon un employé sur place.

Changer de ton et de style
Revenant sur l’initiative française, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé mardi soutenir l’initiative française en faveur de la formation d’un gouvernement réformateur au Liban dans les plus brefs délais afin de débloquer des aides internationales cruciales, exigeant toutefois une «révision» du ton et du mode opératoire.

«Nous saluons toujours l’initiative française et sommes prêts au dialogue et à la coopération (...) avec les Français et avec tous les amis du Liban (...) mais la manière dont les choses ont été faites le mois écoulé, l’intimidation ayant eu lieu (...) ne doivent pas se poursuivre, sinon nous ne parviendrons pas à un résultat», a déclaré Hassan Nasrallah.

«Nous espérons que cette initiative réussira. J’appelle à reconsidérer la méthode, le travail et le langage» utilisé, a-t-il ajouté.

Le président français Emmanuel Macron avait fustigé dimanche la «trahison collective» de la classe politique libanaise, au lendemain du renoncement par le Premier ministre Moustapha Adib de former un gouvernement de «mission», exigé par Paris, sur fond de querelles politiciennes.

«Nous n’acceptons pas que vous nous accusiez de trahison (...) Nous rejetons et condamnons catégoriquement ce comportement condescendant à notre égard et à l’égard de toutes les forces politiques au Liban», a répliqué mardi soir Hassan Nasrallah.

Ni mandataire ni tuteur 
Nous n’acceptons pas ce langage (...) le plus important est le respect», a-t-il ajouté.

«Nous avons salué le président Macron lors de sa visite au Liban, mais pas sur la base qu’il soit le procureur, l’enquêteur, le juge (...) le dirigeant et le gouverneur du Liban», a poursuivi le chef du Hezbollah.

Les partis politiques libanais, y compris le Hezbollah, s’étaient engagés auprès de M. Macron, venu à Beyrouth début septembre, à former un cabinet de ministres «compétents» et «indépendants» du landerneau politique dans un délai de deux semaines, condition pour le déblocage d’une aide internationale indispensable au redressement du pays en crise.

Et de conclure ce volet en soulignant que « si les Chiites se sont félicités de la visite de Macron et de son initiative, ils ne l’accueillent pas en tant que mandataire et tuteur des Libanais, encore moins dirigeant du Liban ».