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Monde

Mort de George Floyd : retour sur la première semaine d'un procès qui tient les USA en haleine


Rédigé par Myriam Ketfi le Samedi 3 Avril 2021

Les récits entendus à la barre du tribunal de Minneapolis, qui mettent en avant un usage disproportionné de la force contre la victime, ont été accablants pour la défense.



Les récits entendus à la barre du tribunal de Minneapolis, qui mettent en avant un usage disproportionné de la force contre la victime, ont été accablants pour la défense.

Les auditions se sont enchaînées lors du procès de Derek Chauvin, accusé du meurtre de George Floyd en mai 2020. Le dernier témoin appelé à la barre, vendredi 2 avril, est Richard Zimmerman le lieutenant de police qui s’était occupé de l’enquête interne. Ce dernier qualifie la force employée par M. Chauvin de « totalement inutile et injustifiée ».

Le 1er avril lorsque les premières questions sur l’utilisation de la force ont été mises sur le tapis, le supérieur de M. Chauvin, avait jugé que la force physique employée sur M. Floyd aurait dû être arrêté lorsqu’il était menotté, ce que la vidéo de son agonie montre sans ambiguïté. 

Des déclarations de policiers qui déstabilisent les tentatives de l’avocat de Derek Chauvin, Eric Nelson, de justifier le comportement de son client par une forme de combativité de la victime, mais aussi d’une « foule hostile ». Néanmoins, d’après Richard Zimmerman la foule présente n’était pas menaçante.

Un drame inoubliable

Ces premiers témoignages, qui sont accablants pour la défense, viennent confirmer les paroles de témoins entendus en début de semaine. Les passants, spectateurs impuissants de la scène, ont tous confié leur détresse et leur impossibilité à faire quelque chose.

Danella Frazier, la jeune fille qui a filmé avec son téléphone cette terrible scène, dont la vidéo a fait le tour du monde, a expliqué regretter de ne pas avoir fait assez pour tenter de sauver la vie de la victime. Ajoutant, que ce n’était pas elle de faire autrement, mais à « lui », désignant M. Chauvin. Le vendeur de cigarettes, Christopher Martin, qui avait accepté le faux billet de 20 dollars de M. Floyd (incident qui a valu l’interpellation de celui-ci) a également confié rempli d’émotions ses remords. 

Les images provenant des caméras de surveillance de la ville, du magasin, mais aussi celles portées par les policiers ont pu retracer l’événement. Dans un premier temps, M. Floyd entre dans le magasin, montrant un comportement instable mais pas menaçant, quelques instants plus tard, l’homme est menotté et poussé dans le véhicule de police, mais en se démenant il tombe de la voiture et est immobilisé au sol par M. Chauvin et deux de ses collègues.

La frustration des témoins 

Une femme pompier de la ville a assisté à la scène, passant par là par hasard. Elle a expliqué à la barre toute sa frustration et sa colère pour ne pas avoir pu réaliser les premiers secours sur M. Floyd. À plusieurs reprises elle demande aux policiers de la laisser aider la victime, demande ignorée. Ironie du sort, elle décide d’appeler la police pour l’informer du drame. 

Plusieurs personnes présentes sur les lieux ont tenté d’entamer une discussion avec le policier Chauvin, mais sans obtenir une réponse de sa part. Donald Willams, un passant, lui a même demandé plusieurs fois de vérifier le pouls de M. Floyd, ce que ne fera pas M. Chauvin. Au vu de la passivité du policier et persuadé d’être spectateur d’un meurtre, le passant décide d’appeler la police pour dénoncer un agent de police. Les ambulanciers ont indiqué que la victime était en arrêt cardiaque à leur arrivée et qu’ils n’ont pas pu le réanimer. 

La défense tente une contre-attaque 

L’avocat de M. Chauvin, compte se servir de la consommation de drogues de la victime afin de justifier son décès en dédouanant le policier. En ce sens, la défense a tenté d’utiliser le témoignage de la petite amie de M. Floyd, Courtney Ross. Son récit rempli d’émotions, parle d’un homme sportif et gentil. Elle évoque également leur addiction pour les opiacés et leur lutte pour s’en sortir. La défense s’est concentrée à l’interroger sur l’overdose qu’avait faite la victime en mars 2020.

L’accusation compte réfuter la théorie selon laquelle la victime serait morte d’un arrêt cardiaque à cause des drogues présentes dans son organisme. Les auditions d’experts médicaux sont attendues dans les prochaines semaines.

Le procès de Derek Chauvin doit durer jusqu'à la fin avril et le verdict sera rendu dans la foulée. Ses trois ex-collègues seront jugés en août pour "complicité de meurtre".


 



  


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