Menu
L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn

Actu Maroc

Marocains du Monde : Les laissés-pour-compte des prochaines élections !


Rédigé par Saâd JAFRI le Mardi 9 Mars 2021

Bien que toutes les formations politiques soulignent dans leurs discours l’importance de la participation politique des MRE aux élections, seul le Parti de l’Istiqlal a soutenu leur cause au parlement. Déçus, les représentants des Marocains du Monde adressent une lettre au Souverain.



Marocains du Monde : Les laissés-pour-compte des prochaines élections !
Bien que toutes les formations politiques soulignent dans leurs discours l’importance de la participation politique des MRE aux élections, seul le Parti de l’Istiqlal a soutenu leur cause au parlement. Déçus, les représentants des Marocains du Monde adressent une lettre au Souverain.
 
Bien que toutes les formations politiques soulignent dans leurs discours l’importance de la participation politique des MRE aux élections, seul le Parti de l’Istiqlal a soutenu leur cause au parlement. Déçus, les représentants des Marocains du Monde adressent une lettre au Souverain. «Une fois de plus, nous ratons l’occasion d’assurer à cette catégorie de Marocains son droit constitutionnel, et ce, malgré son engagement envers la patrie, sa compétence signifiante et son rôle d’ambassadeur du pays à l’étranger», a déploré Abassi.
 
Omar Hjira, également député istiqlalien, n’y est pas allé de main morte devant les élus de la Nation, rappelant que ce sont plus de six millions de Marocains expatriés qui veulent participer à la vie politique de leur pays, et que le refus de l’amendement présenté par le parti de la balance, qui est vital pour l’avenir de la vie politique du pays et de ses institutions constitutionnelles, envoie le mauvais message à la communauté concernée.
 
La grogne des Marocains du Monde
 
En effet, les représentants des MRE ne se réjouissent nullement de ce rétropédalage «imprévu» des partis représentés au Parlement. Dans un communiqué publié, lundi 8 mars, la Coordination des partis politiques marocains à l’étranger n’a pas manqué de hausser le ton, signalant qu’elle a été «surprise du rejet des groupes parlementaires de l’amendement présenté par les istiqlaliens», soulignant que cette décision va à «l’encontre des dispositions de la Constitution et ne prend pas en considération le discours du 6 novembre 2005 de SM le Roi», qui appelle le gouvernement à assurer la pleine citoyenneté et les droits à la participation optimale des MRE aux institutions nationales et à la gestion des affaires publiques.
 
«En s’opposant à la participation des Marocains du Monde, le gouvernement et les groupes parlementaires, non seulement trahissent l’esprit de la Constitution, mais réduisent également en peau de chagrin tout le capital confiance de la Jalya, qui, jusqu’à maintenant, demeure fidèle à son identité marocaine», dénonce Hadj Chafiq, coordinateur du Parti de l’Istiqlal en Europe et membre de la Coordination des partis politiques marocains à l’étranger. Dans ce même ordre d’idée, il fustige que «cette position gouvernementale montre à quelle point l’Exécutif ne cherche pas à voir la sphère politique évoluer».
 
C’est ainsi que les représentants des MRE ont décidé d’adresser une lettre à SM le Roi Mohammed VI, consultée par nos soins, dans laquelle ils dénoncent l’attentisme du gouvernement, sollicitant l’arbitrage Royal pour «rendre justice» aux Marocains du Monde sur cette question. « Nous avons également adressé une lettre au Chef du gouvernement et au ministre de l’Intérieur pour se mettre à table et tirer au clair cette affaire en ayant des explications concrètes sur le refus persistant de la majorité », nous confie Hadj Chafiq.
 
Le Maroc a tout à gagner !
 
Par ailleurs, le coordinateur du Parti de l’Istiqlal en Europe et membre de la Coordination des partis politique marocains à l’étranger affirme que «le Maroc a tout à gagner en intégrant les MRE dans la scène politique et en injectant du sang neuf dans les rouages politiques».
 
Même son de cloche du côté de Noureddine Modiane, chef du groupe parlementaire istiqlalien à la première Chambre, qui nous affirme qu’aujourd’hui, les Marocains du Monde ont une grande compétence, occupant de grands postes sous d’autres cieux, il n’y a donc aucun doute qu’ils pourraient donner un nouveau souffle au champ politique, qui souffre d’une profonde crise de confiance. D’autant plus que les prochaines échéances sont la dernière chance de consolider les liens de ces Marocains avec la mère patrie, «sinon nous perdrons les générations futures des MRE», se désole-t-il. 
 
Cela dit, la Coordination des partis politique marocains à l’étranger ne perd pas espoir. Dans son communiqué publié en réaction à la dualité des discours des formations politiques, elle indique que «le Maroc a opté pour un système législatif d’équilibre et le projet de loi organique 04-21 sera de nouveau examiné par la Chambre des Conseillers. Une occasion pour renouer avec l’Histoire, et rétablir les Marocains du Monde dans leurs droits à la participation politique».
Saâd JAFRI
Encadré 
Le «faux» dilemme de la logistique
 
En 2016, le gouvernement Benkirane s’était opposé à la participation directe des MRE aux élections. L’Exécutif avait joué la carte logistique, arguant qu’il ne pouvait pas fournir les moyens financiers nécessaires à cette opération. Un argument qui trouve toujours son chemin au sein de la Commission de l’Intérieur, nous précise une source proche du dossier. Toutefois, pour les istiqlaliens, les contraintes d’ordre technique et financier ne tiennent pas la route, et ce, du fait que des pays bien plus pauvres que le Maroc et bien moins avancés technologiquement permettent à leurs expatriés de voter. Par ailleurs, la même source nous indique que l’enjeu sécuritaire est également pris en considération, soulignant que «la diaspora est actuellement une boîte noire pour les autorités marocaines, raison pour laquelle elles se méfient».