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International

Liban-Syrie : Beyrouth s’active pour expulser les réfugiés syriens


Rédigé par L'Opinion le Mercredi 13 Juillet 2022

Le Liban cherche à se débarrasser des réfugiés syriens tant ils pèsent sur l'économie. Selon Beyrouth le coût de l’accueil des réfugiés syriens est de 30 milliards de dollars. Une enveloppe lourde pour une économie en déclin.



Le Liban cherche à renvoyer chez eux les réfugiés syriens afin d'alléger le fardeau pesant sur de l'économie du pays. Selon le ministre intérimaire des déplacés, Issam Sharaf Eddine, le coût de leur accueil est de 30 milliards de dollars.

Les responsables libanais estiment le nombre des réfugiés syriens au Liban à environ un million et demi d’individus, entre ceux répertoriés par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (environ 865.000) et ceux qui ne sont pas enregistrées exerçant diverses activités.

La question  des réfugiés syriens est devenue sujet de controverse parmi les forces politiques libanaises, toutefois le consensus existe quant à l’impossibilité  de continuer à les accueillir, à un moment où les conditions de vie au Liban ont atteint un niveau tragique de manque de services de base.

Alors que l'équipe du président de la République, le général Michel Aoun et ses alliés, était en première ligne dans la quête de leur retour, ils ont été rejoints par le Premier ministre par intérim Najib Mikati, qui a appelé le 20 juin la communauté internationale "à coopérer avec le Liban pour renvoyer les Syriens déplacés dans leur pays, sinon le Liban sera dans l’obligation d’agir pour les expulser du Liban par des moyens légaux et en appliquant strictement les lois libanaises.

Vers des expulsions pures et simples ?
 
Mikati n'a pas précisé ce qu’il entend par appliquer les lois, mais il est clair qu’il cible par ses paroles ceux qui n'ont pas de papiers légaux des autorités libanaises.

Dans un discours à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président Aoun a exigé que l'aide apportée par le HCR aux réfugiés syriens devrait leur être versée en Syrie pour les inciter à rester chez eux et non au Liban.

Le HCR quant à lui affirme que les sommes dépensées pour les déplacés vers le Liban s'élèvent à 9 milliards de dollars depuis 2015, et insiste sur leur retour sûr et volontaire conformément aux lois internationales.

Tentatives précédentes limitées
 

Le Liban avait déjà renvoyé quelques milliers de ces réfugiés en Syrie depuis 2016, leur nombre aurait atteint environ 70.000, tandis qu'en 2018, le président russe Vladimir Poutine a lancé une initiative avec des plans détaillés pour renvoyer les déplacés d'autres pays où ils cherchaient refuge, c'est-à-dire la Turquie, la Jordanie, le Liban et l'Égypte, ainsi que d'autres pays européens, à condition que les pays occidentaux et européens contribuent au financement du plan, compte tenu de la nécessité de reconstruire les infrastructures dans les zones de retour. Mais l’Occident a refusé le financement du retour en l’absence de progrès dans la solution politique.

Moscou avait promis de faire avancer la solution politique après son succès dans l'installation du régime de Bachar al-Assad face aux forces de l'opposition, en coopération avec l'Iran et ses milices fidèles, par son intervention militaire en septembre 2015.

Les précédentes tentatives de retour des déplacés ont été soumises à une tension interne entre la structure du pouvoir au Liban, qui repose sur l'alliance du « Hezbollah » et des forces de la « résistance », la Syrie et l'Iran, et entre les partis d'opposition de l'ancien « forces du 14 mars », qui avaient rejeté la condition syrienne d'ouverture au gouvernement syrien et de normalisation des relations.

La tentative russe a échoué, même si Moscou a arraché au régime syrien la loi d'amnistie pour les déserteurs du service militaire, qui était un argument principal pour l'opposition déplacée.

Le président Aoun et son équipe ont renouvelé la campagne pour le retour des déplacés au cours des deux derniers mois en raison de l'aggravation de la crise économique libanaise d'une part, et dans le but d'apaiser le ressentiment contre le mandat d'Aoun en "accomplissant" le retour des déplacés pour satisfaire son auditoire d'autre part.

Après que les ministres des Affaires étrangères, Abdullah Bouhabib et des Affaires sociales, Hector Hajjar, eurent soulevé la question lors de la conférence des personnes déplacées à Bruxelles en mai dernier, le ministre Sharaf El-Din a été chargé d'élaborer un plan à cet effet, ambitieux qui programme le retour de 15.000 déplacés par mois.



 


Un plan verbal en attendant les discussions avec les Syriens
 
Le ministre Issam Sharaf Eddine a proposé aux Syriens  « un plan verbal » en attendant de se réunir et de discuter des détails, tout en soulignant que les deux parties sont convenues de former un comité libano-syrien pour coordonner leur action et  et identifier le type de réfugié, en distinguant les personnes déplacées des réfugiés politiques.

Reste un différend à aplanir avec le HCR qui considère dangereux de renvoyer maintenant les réfugiés en Syrie, alors que les responsables libanais et syriens considèrent que "la sécurité est stable en Syrie.

Le ministre libanais des déplacés n’a pas manqué de souligner que : « Quelle que soit la décision des Nations Unies, le Liban continuera à renvoyer les déplacés ».

Cependant, l'opposition au plan de renvoie des réfugiés syriens ne s'est pas limitée aux Nations Unies. Human Rights Watch a aussi critiqué l'approche officielle libanaise.

Lama Fakih, directeur de la région du Moyen-Orient au sein de l'organisation, a déclaré que l'expulsion forcée vers la Syrie viole le droit international, ajoutant qu'il existe un devoir international d'aider le Liban.
 








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