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Monde

Liban : La justice du pays apte à gérer une enquête sur l’explosion de Beyrouth


le Vendredi 14 Août 2020

La ministre libanaise de la Justice par intérim ne veut pas créer un système où chaque fois qu’il y a une question importante, le pays se réfère à l’international.



Liban : La justice du pays apte à gérer une enquête sur l’explosion de Beyrouth
Marie-Claude Najem a déclaré mercredi que l’explosion du 4 août à Beyrouth est une opportunité pour la justice libanaise de «prouver qu’elle peut faire son travail et regagner la confiance de la population».

S’adressant à Al Jazeera, Mme Najem a déclaré que la pression publique et la couverture internationale de l’explosion pousseraient également probablement les choses dans la bonne direction.

L’homme politique libanais a rejeté les appels à une enquête internationale sur la question, disant : « Mon point de départ est toujours le pouvoir judiciaire libanais parce que je ne veux pas créer un système où chaque fois qu’il y a une question importante, je vais à l’international. On peut faire appel à des experts internationaux, mais mon rôle est d’essayer d’améliorer le système judiciaire ici ».

Elle a déclaré que les investigations avaient déjà été « internationalisées » du fait que des policiers français et des médecins légistes étaient impliqués dans les enquêtes en cours sur l’incident, mais leur participation était due à l’existence de victimes françaises.

Un responsable de la justice a déclaré mercredi qu’un procureur libanais allait interroger plusieurs ministres et anciens ministres sur l’explosion. 

«Les interrogatoires commenceront avec l’ancien ministre des Travaux publics Ghazi al-Aridi», a déclaré le responsable, s’exprimant sous couvert d’anonymat. «Si une faute ou une négligence de la part de l’un des ministres interrogés est constatée, le pouvoir judiciaire devra déclarer qu’il n’a pas compétence pour les poursuivre», a déclaré le responsable.

Le responsable a déclaré que l’actuel ministre des Travaux publics, serait également interrogé dans les prochains jours.

Plusieurs autres anciens ministres des travaux publics, actuels et anciens ministres des finances et de la justice, seront également appelés, a-t-il déclaré. Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, l’explosion monstre du port de Beyrouth a tué 171 personnes, en a blessé 6500 et laissé 300.000 personnes temporairement sans abri. 

La justice libanaise devait interroger vendredi quatre anciens ministres des travaux publics - officiellement chargés de superviser le port.

Réunion du Parlement pour entériner l’état d’urgence

Par ailleurs, le Parlement libanais se réunissait jeudi pour entériner l’état d’urgence décrété à Beyrouth après l’explosion meurtrière et dévastatrice au port, qui a alimenté la rage de l’opinion publique contre une classe politique jugée responsable du drame en raison de son incurie. Plus d’une semaine après la tragédie du 4 août ayant fait 171 morts et plus de 6.500 blessés, les visiteurs étrangers se succèdent à Beyrouth, où sont attendus jeudi la ministre française des Armées, Florence Parly, et le sous-secrétaire d’Etat pour les Affaires politiques David Hale, numéro trois de la diplomatie américaine.

Dans un Beyrouth sinistré, où des quartiers entiers ne sont plus que des ruines chancelantes, des appels à manifester ont circulé jeudi sur les réseaux sociaux pour empêcher la tenue de la séance parlementaire, qui doit s’ouvrir à 11H00 (08H00 GMT) dans un palais des congrès de la capitale.

Au lendemain du drame le gouvernement avait décrété l’état d’urgence pour deux semaines. Or pour toute période dépassant huit jours, le Parlement doit donner son accord, selon l’ONG Legal Agenda.

Le gouvernement avait précisé qu’en vertu de l’état d’urgence, un pouvoir militaire suprême serait chargé des prérogatives en matière de sécurité.

Pour l’ONG Legal Agenda, une telle mesure pourrait «porter atteinte à la liberté de manifester» et permettrait à l’armée «d’empêcher les rassemblements considérés comme une « menace » à la sécurité».

L’état d’urgence pourrait également «élargir la compétence des tribunaux militaires sur les civils pour les crimes liés aux atteintes à la sécurité», estime l’organisation.

Le drame du 4 août, catastrophe de trop pour des Libanais déjà éreintés par une crise économique, a relancé un mouvement de contestation déclenché à l’automne 2019 contre l’intégralité de la classe politique, accusée de corruption et d’incompétence, et aujourd’hui jugée directement responsable de l’explosion de par sa négligence.

Toute la République était au courant, parfois depuis des mois, voire des années, de la présence dans un entrepôt du port de tonnes de nitrate d’ammonium, et ce depuis six ans, de l’aveu même de certains responsables et selon des sources sécuritaires.

  


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