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International

Liban: Joute verbale entre Chiites et Chrétiens


Rédigé par La rédaction le Mardi 4 Janvier 2022

Selon Gebran Bassil, l’entente avec Hezbollah commence à se relâcher à cause du mouvement Amal. Le leader chrétien cherche-t-il à provoquer une brèche entre les deux mouvements chiites ?



"Nous sommes parvenus à un accord avec le Hezbollah (en 2006) et non avec le Mouvement Amal"

Le chef du plus grand parti chrétien du Liban Gebran Bassil et gendre du président Aoun a déclaré dimanche que son alliance de 15 ans avec le parti chiite Hezbollah ne fonctionnait plus et était menacée.

Le discours télévisé de Gebran Bassil, qui dirige le Courant patriotique libre (CPL), signale un niveau de frustration sans précédent envers le Hezbollah et suggère que l'alliance de 2006 créditée d'avoir aidé à maintenir la paix dans le pays est désormais en danger.

"Nous sommes parvenus à un accord avec le Hezbollah (en 2006) et non avec le Mouvement Amal", a déclaré Bassil dans un discours. "Lorsque nous découvrons que celui qui prend les décisions dans (cette alliance) est Amal, il est de notre droit de reconsidérer notre alliance".

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Il a aussi noté que si l’unité de la communauté chiite est importante, elle ne doit pas se faire au détriment de l’Etat, accusant indirectement le Hezbollah de couvrir la corruption de ses alliés.

En tout cas Bassil reproche également au Hezbollah de ne pas soutenir son parti sur les lois de réforme qui, selon lui, visent à éliminer la corruption et garantir des politiques financières décentralisées.

En s’attaquant au Hezbollah pour viser Amal, Bassil a provoqué la réaction immédiate du député chiite du mouvement Amal Ali Hassan Khalil, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt du juge Tarek Bitar dans le cadre de l’enquête portant sur l’explosion du Port de Beyrouth. 

Khalil répond à Gébran

Ali Hassan Khalil, bras-droit du président de la chambre Nabih Berri, a répondu lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au siège du mouvement Amal à Bir Hassan au président du Courant Patriotique Libre, Gébran Bassil qui s’en était vivement pris hier à son parti, le mouvement Amal.

Ali Hassan Khalil a ainsi accusé le CPL d’avoir paralysé les précédents gouvernements, de corruption via le ministère de l’énergie et de sabotage de projets de lois et d’avoir causé le départ de la moitié des chrétiens du Liban.

Le parlementaire a également estimé que le CPL cherchait à affaiblir l’unité nationale tout en notant que “le dialogue national global a reconnecté les Libanais entre eux et a tracé une feuille de route qui a sauvé le Liban à l’époque de la guerre israélienne contre lui en 2006”.

Le bras-droit de Nabih Berri a été jusqu’à accuser Gébran Bassil de se substituer au président du Liban. Pour le bras-droit de Nabih Berri, il y aurait « confusion des responsabilités quand deux présidents sont élus en même temps ».

Khalil a accusé Bassil de vouloir diviser les Libanais par ses accusations selon lesquelles des régions payent 75% des revenus de l’Etat mais n’obtiendraient que 25% des services publics. “Cela implique de provoquer des conflits internes et de présenter le problème comme s’il sont des régions fermées à l’État en ce qui concerne la fiscalité et autres, et donnant des exemples d’électricité et d’eau pour tenter de couvrir la panne catastrophique, le gaspillage et le vol coûtant à l’État des centaines de millions de dollars par le biais du ministère de l’Énergie, et ce qui s’est passé en l’offre de services et de compteurs intelligents qui ont été perdus”, poursuit le député.

Au sujet de l’alliance entre le Hezbollah et le mouvement Amal, il s’agit d’une alliance “sur des fondements de franchise, de confiance et de respect de la vie privée de l’autre, et elle n’a pas été et ne sera jamais source de l’opinion d’une partie au détriment de l’autre”. “Nous n’avons pas exploité l’unité chiite, sauf pour le bien de la nation”, a-t-il conclu.
 

 
Amal tente de faire passer au forceps une session extraordinaire du parlement
 
Les députés du mouvement Amal feraient actuellement circuler une pétition afin d’organiser une session législative extraordinaire à l’issue de la fin de la session ordinaire actuelle, cela après qu’un mandat d’arrêt à l’encontre du député Ali Hassan Khalil dans le cadre de l’enquête concernant l’explosion du Port de Beyrouth a été transmis aux forces de sécurité intérieures.

L’objectif de cette pétition serait donc d’allonger l’immunité parlementaire dont jouit le parlementaire afin d’échapper à son arrestation et à sa comparution devant le juge Tarek Bitar en charge de l’enquête. Cette information intervient alors que le président de la république, le général Michel Aoun, avait de son côté refusé de convoquer une session parlementaire extraordinaire du parlement.

Il s’agit, pour le président de la chambre, Nabih Berri, d’obliger le chef de l’état à y procéder alors que se multiplient les bras-de-fer entre les deux et leurs partis respectifs, d’une part le courant patriotique libre et le mouvement Amal.