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Sport

Les sportifs dans le brouillard

Covid-19


le Vendredi 27 Mars 2020

Report des JO, calendriers incertains, confinement



Les sportifs dans le brouillard
Confinés sans date de sortie, incapables de savoir quand ils reprendront la compétition, chamboulés par le report des JO, de nombreux sportifs naviguent depuis plusieurs jours sur des eaux qui leurs sont hostiles: celles de l’incertitude.

«Le pire ennemi pour un sportif c’est de ne pas avoir de plan, de rester dans ce flou. Cette incertitude est inédite pour moi», constate l’expérimenté recordman du monde du 50 km marche Yohann Diniz.

Comme quasiment tous ses pairs, le Français de 42 ans a bien salué l’annonce conjointe du Comité international olympique (CIO) et du gouvernement japonais mardi du report des Jeux de Tokyo de cet été à 2021 en raison de la pandémie de coronavirus.

De nombreuses questions !

Cette décision a pu soulager mais apporte aussi de nombreuses autres questions: à quelle date fixer le plus grand évènement sportif planétaire, souvent l’aboutissement d’une carrière? Est-ce que les sportifs déjà qualifiés conserveront leur sésame pour les Jeux?

Et des questions, les athlètes n’en manquent pas depuis plusieurs semaines et l’expansion de la pandémie de coronavirus qui a entraîné le confinement de nombreux champions chez eux, réduits à tourner comme des lions en cage entre deux séances de préparation physique.

«Là l’objectif c’est juste de garder la ligne, pour la suite je ne me fais pas trop d’illusions, il y a peu de chances d’avoir beaucoup de compétitions avant juillet», note pour l’AFP, pessimiste, le champion olympique de la perche 2012 Renaud Lavillenie, alors que le sport mondial est quasiment à l’arrêt.

 

«La pause-bébé plus tard»

Pour les pentathlètes Elodie Clouvel et Valentin Belaud, ce sont carrément les projets familiaux qui sont à revoir, eux qui avaient l’ambition de «fonder une famille après Tokyo et de continuer après jusqu’aux Jeux en 2024».

«On fera la pause-bébé plus tard», a raconté la vice-championne olympique au quotidien régional L’Indépendant.

Et au milieu de ce marasme pourrait surgir une certaine lumière ?«Parfois ces périodes de doute permettent de se reposer, de penser différemment, de se régénérer pour être ensuite 100% performant, reprend Yohann Diniz. On arrive le jour-J avec moins de certitudes et c’est parfois cela qui crée la magie.»

«Rappelez-vous, 2017 avait été une année de doutes pour l’athlétisme français, avec les blessures de Pierre-Ambroise Bosse, Kévin Mayer et moi-même. Au final ça fait trois champions du monde (Bosse sur 800 m, Mayer sur décathlon, Diniz sur 50 km marche).»