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Tribune libre

Les signes kabbalistiques d’un Othmani effrayé par Israël


Rédigé par Ahmed Naji le Mercredi 26 Août 2020

On croyait Saad Eddine El Othmani chef du gouvernement assumant pleinement sa fonction. Mardi 25 août, il nous apprend lui-même, au détour d’une question de journaliste sur la position du Maroc envers la normalisation des relations avec Israël, qu’il n’est réellement que chef de parti.



Ahmed Naji
Ahmed Naji
On croyait Saad Eddine El Othmani chef du gouvernement assumant pleinement sa fonction. Mardi 25 août, il nous apprend lui-même, au détour d’une question de journaliste sur la position du Maroc envers la normalisation des relations avec Israël, qu’il n’est réellement que chef de parti. 

Car celui qui a péroré fièrement, à peine deux jours avant, devant la jeunesse du PJD qu’aucun lien officiel ne sera établi avec l’entité sioniste s’est vite effrayé de sa flambée de courage et empressé de préciser que sa déclaration ne reflétait pas la position du gouvernement.

Au bal des « pigeons »
Les médias y avaient pourtant cru et largement diffusé la nouvelle et les dirigeants du Hamas ont même félicité leur « frérot » marocain. On s’est alors dit que le nouvel ambassadeur des Emirats à Rabat, Al Asri Saeed Ahmed Al Dhaheri, avait échoué dans sa mission avant de l’avoir entamée. Consoler les Emiratis et soigner leur début de dépression nerveuse est un travail tout à fait dans les cordes de Othmani, qui pourrait se redécouvrir médecin psychiatre souffrant lui-même de troubles de la personnalité.  

C’est que les Emiratis commencent à avoir le vague sentiment de s’être fait rouler dans la farine suite à leur transaction avec les Anglo-sionistes. Le deal, c’était de lâcher les Palestiniens et planter une épine sioniste dans le pied de l’Iran dans le Golf persique, en contrepartie de chasseurs américains F35 et de drones Predators flambants neufs. La blague de l’arrêt de la colonisation sioniste en Cisjordanie, personne n’y a jamais cru, bien sûr.   

Sauf que… une fois l’annonce de la normalisation faite et l’image de marque des Emirats grillée auprès de l’opinion publique arabe, Israël s’est rappelé qu’elle refuse, par « sécurité », que des pays arabes accèdent à des armements de haute technologie. Comme quoi la confiance n’est pas réciproque. 

Normaliser, c’est passer à la caisse
Le président Donald Trump, cependant, ne manque jamais une affaire juteuse. Le F35, plus cher programme d’armement de toute l’histoire des Etats-Unis, est vendu 80 millions de dollars pièce. Pour ménager la chèvre et le chou tout en récoltant quelques profits, il est fort probable que les Américains cèdent aux Emirats un F35 aux équipements électroniques « allégés » par rapport à la version dont dispose Israël.

Il est donc nécessaires aux Emiratis d’allonger un surplus à la normalisation en se faisant « recruteurs », insufflant la conviction à d’autres pays arabes de l’intérêt à dealer avec Israël pour parvenir à acquérir des F35 aux capacités technologiques restreintes.

Un tu donnes, dix tu recevras…
Chaque fois qu’il est question d’une reconnaissance par les Etats-Unis de la marocanité du Sahara en contrepartie de la normalisation avec Israël, il faut garder à l’esprit qu’une telle décision américaine nécessite un long et aléatoire processus dans le marécage de Washington ou les Démocrates mènent actuellement une féroce guérilla contre Trump.

Jared Kushner, beau-fils et conseiller de Trump, est attendu la semaine prochaine au Maroc. Il va tenter de vendre la normalisation avec Israël contre des engagements qu’il n’est pas certain que l’administration Trump puisse tenir. Qu’en pense un Joe Biden qui pourrait très bien occuper la Maison blanche dans quelques mois ?

On ne paye jamais la marchandise avant de l’avoir reçue. La règle peut paraître « archaïque » à l’ère du virtuel et de la politique-spectacle, mais elle n’en est pas moins valide. 

Danse avec un escroc 
Et puis, franchement, qui irait dealer avec un Benjamin Netanyahu accusé de corruption, de malversations et d’abus de confiance ? Le 22 août, 10.000 manifestants israéliens ont marché à Al Qods en interpellant leur « crime minister » (ministre du crime) : « t’es viré ! Fired en anglais». Ils ont même scandé « Libérez Israël » ! Les Palestiniens devaient en être stupéfaits. 
Mais il y a plus urgent. Il faudrait songer à recourir à quelques rituels magiques de la kabbale pour exorciser le chef du gouvernement qui présente des signes récurrents de « possession », à tel point qu’on ne sait plus si c’est lui ou le chef d’un parti qui parle.    

Ahmed NAJI 

  



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