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Actu Maroc

Les finances extérieures du Maroc sous pression selon Fitch

Crise du Coronavirus


Rédigé par A. CHANNAJE le Mercredi 1 Avril 2020

En raison de la crise sanitaire, les risques de dégradation du déficit des comptes courants (DCC) et des finances extérieures du Maroc ont augmenté de manière significative.



Les finances extérieures du Maroc sous pression selon Fitch
D'après Fitch Rating, les perturbations de l’économie mondiale, dues au coronavirus, exerceront une forte pression sur le déficit des comptes courants qui était de 4,6% du PIB en 2019. «Toutefois, le Maroc dispose bel et bien des capacités pour gérer les pressions accrues, et a montré, d’ailleurs, sa volonté d’ajuster la flexibilité du régime de change », souligne l’agence de notation américaine dans une récente dans une récente note sur l’impact de Covid-19 sur l’économie marocaine, notamment sur ses finances extérieures.

«Le 9 mars, les autorités marocaines ont élargi les bandes de fluctuation du dirham, de ± 2,5% à ± 5% autour d’un panier inchangé comprenant l’euro (60%) et le dollar américain (40%)…. Les ajustements signalent une volonté d’améliorer la flexibilité du dirham, bien que Fitch s’attende toujours à ce que la transition vers un taux de change entièrement flexible, conformément aux recommandations du FMI s’étale sur plusieurs années. Une plus grande flexibilité améliorerait considérablement la capacité d’absorption des chocs du Maroc et permettrait à Bank al-Maghrib (BAM) de passer à un régime de politique monétaire ciblant l’inflation », note l’agence de notation américaine.

Le taux de change toujours stable

Sur le même sujet, l’agence souligne que «la volatilité du dirham est restée modérée depuis janvier 2018, et le taux de change est resté remarquablement stable, même après la crise sanitaire mondiale et l’élargissement de la bande. La Banque centrale n’est pas intervenue sur le marché des changes depuis fin mars 2018 jusqu’en janvier 2020, tandis que les banques ont principalement couvert leurs besoins en devises sur le marché interbancaire ».

Dans le même communiqué, Fitch Ratings note que l’effondrement des voyages d’agrément touchera le secteur du tourisme marocain, un important moteur de croissance et une source de revenus en devises (en moyenne 6,7 % du PIB en 2017-2019). Les perturbations des chaînes de valeur mondiales pourraient également affecter l’industrie automobile, qui représente la plus grande part des exportations du Maroc, avec des ventes équivalentes à 6 % du PIB sur la période 2017-2019.

De même, le ralentissement de la croissance mondiale pourrait peser sur exportations des phosphates (4,4% du PIB), ainsi que sur les envois de fonds (6% du PIB), qui émanent principalement de la diaspora marocaine de la zone euro et du Golfe. Parallèlement, les exportations agricoles seraient affectées si la sècheresse se confirme cette année. Néanmoins, la chute vertigineuse des prix du pétrole, observée ces derniers mois, pourrait soulager la facture énergétique qui représente 6,9% du PIB.

Des réserves de change relativement confortables

Les analystes de Fitch Rating font savoir, en outre, que la résilience extérieure du Maroc est soutenue par un accord avec le FMI, conclu en décembre 2028, au titre de la ligne de précaution et de liquidité (LPL) pour un montant de 3 milliards de dollars. Une ligne que le Maroc n’a pas encore utilisée, soulignent-ils.

Dans un autre registre, ils signalent que le Maroc dispose de réserves de change relativement confortables de 25,7 milliards de dollars, équivalent d’environ cinq mois de paiements en compte courant). « Les restrictions sur les transactions financières à l’étranger par les résidents limitent les risques de fuite des capitaux. La vulnérabilité de l’économie à la dépréciation du dirham est contenue », ajoute la même source.

Autre point positif soulevé par l’agence de notation américaine : les banques marocaines ne dépendent pas des marchés financiers internationaux. Elles sont largement financées par les dépôts et les transferts d’émigrants qui représentent environ 20% du total des dépôts du secteur. Les fluctuations des taux de change pourraient affecter les entrées de ces fonds, souligne, cependant, Fitch Rating.

A la lumière des données susmentionnées, l’agence maintient la note souveraine du Maroc à BBB-avec perspective stable.

A. CHANNAJE