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International

Législatives françaises : Opposition et majorité au coude-à-coude au 1er tour


Rédigé par L'Opinion le Lundi 13 Juin 2022

L'union de la gauche et la majorité présidentielle sortent renforcées du premier tour des législatives. Le RN de Le Pen devrait obtenir un groupe à l'Assemblé. Éric Zemmour a été battu à plate couture.



Après une campagne des législatives relativement atone, la Nupes (FI, PS, PC et les Verts) et Ensemble (Renaissance, Modem, Horizons et Agir) croiseront le fer dans des centaines de circonscriptions. Certaines figures nationales ont été, elles, sèchement battues comme Jean-Michel Blanquer et Éric Zemmour. L'abstention atteint des niveaux inédits à 52,8%.

Il n'y a pas eu de sursaut citoyen pour le "troisième tour" de la présidentielle.

L'abstention finale au premier tour des élections législatives doit atteindre 52,8%, selon l'estimation réalisée par Elabe pour BFMTV-RMC et L'Express avec SFR. C'est 1,5 point de plus qu’au précédent scrutin de 2017 dans la foulée de l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée.

Les 10 et 24 avril dernier, les électeurs s'étaient largement plus mobilisés pour le premier et le second tour de l'élection présidentielle. Le taux d'abstention s'élevait alors à 26,31% le 10 avril et 28,01% deux semaines plus tard - un niveau cependant historique pour une présidentielle. C'est également 10 points de plus que lors des législatives en 2012.
 
Les résultats du 1er tour des élections législatives 2022, qui s'est déroulé dimanche, placent la Nupes et LREM dans un mouchoir de poche, avec un peu plus de 25% des suffrages (25,75% des voix pour LREM, contre 25,66% pour la Nupes selon les résultats complets du ministère de l'Intérieur) et environ 20.000 voix d'écart seulement. Le Rassemblement national est 3e avec un peu moins de 19%, tandis que Les Républicains dépassent tout juste les 10%. 

La Nupes renforcée, le "parti présidentiel défait"

Lors de ce 1er tour du scrutin pour le palais Boubon, plus de la moitié des électeurs français (52%), a boudé les isoloirs. Du jamais vu.

On peut dire sans crainte de se tromper, que la Nupes a réussi donc son pari. Jean-Luc Mélenchon n'a pas dissimulé sa joie d'avoir à ce point bousculé le camp d'Emmanuel Macron. Lors d'un point presse hier soir, il a évoqué un "parti présidentiel défait".

"Pour la première fois de la Ve République, un président nouvellement élu ne parvient pas à obtenir une majorité à l’élection législative qui suit", a-t-il jubilé, balayant les projections en sièges au 2e tour, moins flatteuses, qui "n’ont aucun sens sinon celui de maintenir une illusion". Il a appelé les électeurs "à déferler dimanche prochain, pour rejeter définitivement les projets funestes de la majorité".

La Nupes voit même quatre de ses candidats élus dès le premier tour : Alexis Corbière en Seine-Saint-Denis, Sarah Legrain, Danielle Obono et Sophia Chikirou à Paris. 

Mais pour le deuxième tour ce serait une autre paire de manche, et les projections sont à prendre avec précaution, l'hypothèse de Jean-Luc Mélenchon à Matignon parait lointaine, voire impossible. La Nupes, pour atteindre son score de ce premier tour, a dû consumer tous ses atouts unionistes. Les prévisions pour le second tour ne l’accréditent que 160 à 210 après la session des ballotages, loin des 289 sièges nécessaires pour obtenir la majorité absolue. La seule carte qui lui reste à jouer pour mieux faire et de rameuter les abstentionnistes pour essayer, autant que faire se peut, de renverser la vapeur. Mais c’est une carte que tous les autres protagonistes vont tenter de jouer.

Les macronistes de leur côté auront vécu une soirée mitigée : si un candidat est déjà élu député - Yannick Favennec, député sortant reconduit en Mayenne -, tous les ministres candidats sont qualifiés pour le 2e tour, mais plusieurs en difficulté. Elisabeth Borne (Calvados), Gabriel Attal (Hauts-de-Seine) et Olivier Véran (Isère) sont en ballotage très favorable, mais la ministre de la Transition écologique Amélie Montchalin ou le ministre des Affaires européennes Clément Beaune sont en ballotage défavorable. Ils devront quitter le gouvernement en cas de défaite. 

Par ailleurs, dans 58 circonscriptions, la coalition présidentielle est absente du 2e tour. Sur les duels Nupes-RN qui se profilent, LREM a indiqué qu'elle se positionnera "au cas par cas", mais sur RTL ce lundi, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a appelé à ne "pas donner une seule voix pour le Rassemblement national".

La majorité absolue est loin d'être acquise à l'Assemblée nationale selon les projections réalisées.

Avec 25,75% des voix au premier selon notre estimation, Emmanuel Macron n'est pas assuré d'obtenir la majorité absolue de 289 députés. Les projections ne lui donnent qu’entre 260 à 295 sièges.

Ce qui ne serait pas pour plaire à l’hôte de l’Elysée, nécessitant un accord loi par loi, probablement avec les Républicains. Si la droite pourrait être d'accord sur l'allongement de l'âge de départ à la retraite, d'autres projets de loi semblent moins crédibles comme le versement des prestations sociales à la source.
 


Un groupe pour le RN et rien pour Zemmour
 
Après n'avoir obtenu que 8 députés aux législatives en 2017, Marine Le Pen peut se réjouir. Son parti a obtenu 18,72% au premier tour et pourrait obtenir entre 25 et 35 élus dans l'hémicycle selon plusieurs estimations.

Ce score ouvre la porte à la création d'un groupe à l'Assemblée nationale qui permettra au RN d'avoir un temps de parole plus conséquent tout comme une enveloppe pour payer des collaborateurs supplémentaires. Les députés RN siégeaient jusqu'ici parmi les non-inscrits.

Après sa sèche défaite au premier tour de la présidentielle (7%), Éric Zemmour jouait sa survie politique aux législatives. Le patron de Reconquête a pourtant été éliminé dès le premier tour dans la 4e circonscription du Var (22,8%), où il est arrivé derrière la députée sortante Renaissance et le candidat RN.

Stanislas Rigault, le président de Génération Z qui se présentait dans la 2e circonscription de Vaucluse et Guillaume Peltier, député sortant du Loir-et-Cher ne sont pas non plus parvenus à se qualifier. Reconquête n'aura aucun député élu - ce qui pose la question de l'avenir du parti d'Éric Zemmour dans les prochains mois.
 








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