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Actu Maroc

Légalisation du Cannabis : parole aux scientifiques marocains


Rédigé par Anass Machloukh le Samedi 13 Mars 2021

Accaparé par les politiques, le débat sur la légalisation du Cannabis s’est élargi à la communauté scientifique. Médecins et experts louent les vertus d’une réforme dont les retombés sont positives. Détails




Alors que le débat sur la légalisation du Cannabis est cerné dans la classe politique, et ne cesse de diviser les partis, la communauté scientifique a son mot à dire. Lors d’une conférence organisée, vendredi, par l’Association des Médecins Internes de l’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé (AMIUM6SS), plusieurs experts marocains dont des médecins, psychiatres, psychanalystes, et des sociologues se sont prononcés sur la reforme cruciale que compte entamer le Maroc.

En effet, le gouvernement a adopté, jeudi dernier, la loi 13-21 qui vise à rendre légal l’usage du Cannabis à des fins thérapeutiques et médicales. Le but est de réguler le marché des cultures du chanvre indien, qui profite en grande partie aux trafiquants et aux réseaux criminels, au détriment des agriculteurs. Le gouvernement y met la main pour assurer la commercialisation de cette plante controversée dans des circuits légaux. Une réforme saluée par plusieurs experts, comme Jaâfar Heikel, épidémiologiste et économiste de la Santé, qui a souligné les multiples bénéfices que pourrait en tirer le Maroc, aussi bien sur le plan médical que sur le plan économique.

Selon l’épidémiologiste, la légalisation du cannabis contribuera au désenclavement des régions qui dépendent de la culture de cette la plante, grâce à un marché structuré et régulé. Les retombés seront positives pour les agriculteurs comme pour l’Etat, a-t-il précisé. Sur le plan médical, les vertus ne manquent pas. Jaâfar Heikel en a énuméré quelques-uns sur les patients ayant des maladies chroniques. Selon lui, le cannabis sert efficacement dans les soins palliatifs, et surtout dans le soulagement des douleurs. La légalisation pourrait ainsi renforcer l’offre thérapeutique d’antidouleurs et d’anti-inflammatoires pour les rendre plus accessible aux ménages.

De son côté, le sociologue Chakib Guessous a insisté sur la nécessité de la pédagogie pour faire comprendre à la population les vertus et les changements positifs qu’apportera cette nouvelle réforme, sachant que le Cannabis fut longtemps considéré comme un sujet tabou. Selon M. Guessous, il faut expliquer à l’opinion publique les bienfaits de cette plante dans le champ médicinal.

Rappelons que le cannabis n’est plus considéré comme un stupéfiant par les Nations Unies, qui l’a retiré de sa liste. Le Maroc a fait un pas en avant pour trancher le sort de cette plante, très controversée dans le débat public, en adoptant la loi 13-21, qui sera ensuite votée au Parlement. L’examen législatif s’annonce impétueux, tant les divergences sont patentes, surtout au sein du PJD, très divisé sur cette réforme. L’ex chef du Gouvernement Abdelilah Benkirane est allé jusqu’à geler son adhésion à son parti, en guise de contestation de l’adoption de la loi au Conseil du gouvernement.