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Actu Maroc

Le couvre-feu plonge le secteur de l’événementiel dans les tréfonds du désespoir

Entretien avec Aziz Bouslamti, Président du GPPEM


Rédigé par Safaa KSAANI le Mardi 29 Décembre 2020

Quelques jours après le déblocage de la situation des employés de l’événementiel et des traiteurs… ils reçoivent un nouveau coup de massue.



Aziz Bouslamti
Aziz Bouslamti
- Une aide financière de l’Etat a été fixée à 2.000 dirhams par mois en faveur des employés du secteur de l’événementiel et des traiteurs. Cette aide est-elle suffisante, à votre avis ?
- Je pense que cette initiative de l’Etat d’accorder 2.000 dhs aux employés de ce secteur sinistré par la pandémie est le couronnement d’un long processus, qui a duré plus de sept mois, initié par le Groupement Professionnel des Prestataires de l’Événementiel au Maroc (GPPEM), avec des échanges et de nombreuses discussions avec différents ministères ainsi que la primature. A vrai dire, c’est une première reconnaissance de ce secteur qui, jusqu’en septembre dernier, n’était pas reconnu à sa juste valeur, malgré son importance. C’est un secteur qui participe au PIB à hauteur de 5% et qui crée, annuellement, 90.000 emplois directs et 100.000 emplois indirects.  

Le secteur est en arrêt depuis le mois de mars dernier. La situation est catastrophique pour toutes les sociétés et leur personnel. En effet, beaucoup de sociétés n’ont pas pu honorer leurs engagements de payer leurs employés puisque leur trésorerie ne le permettait pas. Cette initiative ne pourra pas sauver tout le secteur, mais elle est venue à point nommé pour aider les sociétés à sauver la donne. Les salariés qui ont été licenciés ne pourront pas en bénéficier.

- Le 21 décembre, un couvre feu nocturne à l’échelle nationale pour trois semaines est entré en vigueur. Un nouveau coup de massue pour ce secteur, sinistré depuis le début de la pandémie ?
- L’actuel couvre-feu nocturne ne fait qu’aggraver les choses davantage, et plonge le secteur dans la crise. La nouvelle année 2021 est à nos portes et nous continuons à piétiner. Environ 90% des événements sont à l’arrêt, à part quelques uns hybrides et institutionnels qui sont gérés par l’État. Le premier coup de massue que nous avons reçu est la décision d’interdire l’organisation des événements et de limiter le nombre des participants à un événement à 20 personnes. Dans le cadre d’une commission ministérielle qui était chapeautée par le ministère du Commerce et de l’Industrie avec IMANOR et avec un très grand bureau d’études international, nous avons pu établir un protocole sanitaire qui allait nous permettre la reprise des événements en présentiel pour au maximum cinquante personnes. Ledit protocole a été transmis au ministre de la Santé. Nous n’avons pas eu de feed-back jusqu’à présent. Depuis, on est dans le statu quo.

- Face à l’actuelle situation sanitaire, marquée par l’apparition de la nouvelle variante du Covid-19, le GPPEM est impuissant à réagir ?
- Depuis le début de la pandémie, le Groupement a créé une cellule de veille chargée du suivi de la situation sanitaire dans notre pays. Nous sommes inquiets face à l’apparition d’une nouvelle souche du Covid et des conséquences qui s’ensuivent, dont la fermeture d’aéroports et la suspension de vols. Ce sont des choses qui noircissent le tableau davantage et qui nous poussent à rester impuissants et dans un état d’observation.

Recueillis par Safaa KSAANI 

Digitalisation des événements

Une solution à court-terme pour résister 
Depuis le déclenchement de la pandémie du nouveau Coronavirus, le digital est apparu comme une solution pour assurer la tenue de certains événements et salons, via des visioconférences. Mais, aux yeux de Aziz Bouslamti, “rien ne peut remplacer le présentiel et le contact humain”, déplore-t-il. Et d’expliquer que “les événements tenus en présentiel sont avant tout un lieu de rencontres et d’échanges. Actuellement, la tendance des webinaires commence à s’essouffler”.

Pour résoudre cette équation complexe, le Groupement Professionnel des Prestataires de l’Événementiel du Maroc (GPPEM) a proposé comme solution, à ses adhérents, d’opter pour une organisation hybride des événements. “Combiner le digital et le présentiel reste une solution temporaire, en attendant la reprise réelle des événements, que nous espérons être tenue à hauteur de 50% au moins, quand la situation sanitaire le permettra”, plaide-t-il.

Impossibilité de se projeter
Alors que les grands salons et événements se préparent en moyenne cinq mois avant le jour J, aucune visibilité sur la tenue des événements censés être tenus les prochains mois, à l’instar du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM). “C’est un événement qui fait vivre toute la région de Meknès. C’est un vrai catalyseur pour cette région. Ca reste le plus grand événement qui accueille beaucoup de participants au Maroc. Nous ignorons toujours si ce Salon sera tenu”, craint-il.
S. K.

Repères

Les décrets approuvés par l’Exécutif
Le Conseil de gouvernement a adopté, le 3 décembre, deux décrets définissant les critères et modalités d’octroi des indemnités de la CNSS aux salariés en arrêt de travail dans les sous-secteurs liés à l’événementiel et aux espaces de jeux. Le premier décret n°2.20.876 concerne les sous-secteurs liés à l’événementiel et aux traiteurs, à savoir les traiteurs, spécialistes de la location de matériel technique pour fêtes et événements, location de salles de fêtes, location de meubles pour fêtes et prestataires de services liés aux événements. Le deuxième décret n°2.20.877 porte, lui, sur les sous-secteurs des espaces de jeux et de divertissement : les pistes de patinage, aires de jeux pour enfants, skate parks, cartings, mini-golfs, tir à l’arc, parcours d’escalade, manèges et jeux mécaniques, parcs aquatiques, accrobranche, parcs multijeux, zoos.
Un guide sanitaire pour la reprise des événements
Le GPPEM a annoncé, en juin dernier, la sortie d’un guide de relance et la préparation d’un protocole sanitaire pour la reprise des événements. En plus d’un prologue du contexte spécifique à l’industrie et services de l’événementiel et d’une présentation des mesures proposées et appliquées par le Comité de Veille Economique (CVE) et le gouvernement, ce guide comprend deux importants chapitres : des pistes de solutions pour une réorganisation en interne et une adaptation fonctionnelle et une offre innovante adaptée au nouveau monde de l’événementiel.