Le Maroc n’a plus le luxe d’ignorer sa réalité hydrique. À l’automne 2025, les barrages affichent à peine 31 % de remplissage et les nappes, longtemps perçues comme un filet de sécurité invisible, montrent des signes d’essoufflement préoccupants. Derrière ces chiffres, un constat s’impose : la ressource en eau, déjà limitée par la géographie, se trouve désormais fragilisée par le changement climatique, la pression de la demande et l’urbanisation rapide.
Comprendre cette situation, c’est d’abord reconnaître l’ampleur des transformations en cours. Les pluies deviennent plus irrégulières, les enneigements reculent, et chaque épisode extrême met à nu la vulnérabilité des réseaux, des sols et des nappes. Le pays avance malgré tout : les diagnostics hydrologiques sont plus précis, les outils numériques se généralisent, les stations d’épuration se modernisent, et les premières innovations commencent à changer la manière de gérer l’eau.
Agir ensuite, c’est accepter que toutes les solutions doivent progresser simultanément. Dessalement, réutilisation, interconnexions, assainissement, modernisation des réseaux, gestion fine de l’irrigation, restauration des zones humides : aucun levier ne suffira seul, mais chacun peut soulager un maillon en tension. Les grandes stations de dessalement de Casablanca-Settat ou de Dakhla, les transferts interbassins, les projets de réutilisation des eaux usées, ou encore les stations rurales qui sécurisent l’eau potable rappellent qu’un effort national, soutenu et diversifié, est en marche.
Anticiper enfin, c’est déplacer le débat vers la gestion collective. Les experts appellent à créer des observatoires locaux, à renforcer la qualité des données, à adapter les normes, à mieux piloter l’énergie des réseaux, à mobiliser les communes, les agriculteurs, les industriels. Le Maroc ne manque ni d’expertise ni d’ambition. Il lui faut désormais accélérer le passage de l’expérimentation au déploiement.
Le défi de l’eau est immense, mais il est connu et bien documenté. L’essentiel commence maintenant : tenir le cap, élargir l’effort et agir plus vite que la contrainte climatique. Parce que l’avenir du pays se jouera, pour une part décisive, dans sa capacité à faire





















