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Le Maroc accepte le rapatriement d’un imam expulsé de France


Rédigé par L'Opinion le Mercredi 3 Août 2022

Faisant l’objet d’une décision d’expulsion du territoire français, l’imam marocain, Hassan Iquioussen, a obtenu un laisser passer de la part des autorités marocaines pour qu’il soit rapatrié. Rabat fait preuve de bonne foi au moment où Paris maintiennent les restrictions des visas. Détails.



Le Maroc accepte le rapatriement d’un imam expulsé de France

Cette annonce a été faite, mardi, par le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à l’Assemblée nationale. Le Locataire de la Place Beauvau a annoncé que le Maroc avait délivré un "laisser-passer consulaire, il y a 24 heures", dans le cadre de la décision de la France d'expulser Hassan Iquioussen, un prédicateur réputé proche des Frères musulmans.

Répondant à une question du député du Rassemblement national (RN, extrême droite), Sébastien Chenu, à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur a remercié le Maroc pour la délivrance de ce laisser-passer, laissant entendre que l'expulsion se ferait vite, dès que le prédicateur, vivant dans le nord de la France, aurait été interpellé.

Rappelant qu'il avait signé l'arrêté d'expulsion de M. Iquioussen, M. Darmanin a fait valoir que ce dernier était inscrit au fichier des personnes recherchées. "Nous l'avons convoqué au commissariat de police et dès que les policiers ou les gendarmes auront interpellé M. Iquioussen, il sera expulsé du territoire national sans possibilité de retour", a-t-il dit.

L'avocate de M. Iquioussen a annoncé sur Twitter avoir saisi le tribunal administratif de Paris "en référé". "Le droit au recours effectif est garanti par la Constitution, l'expulsion de M. Iquioussen ne saurait avoir lieu avant qu'un juge impartial ne se prononce sur sa légalité", a indiqué Me Lucie Simon.
Ce recours "n'est pas suspensif" de l'expulsion, "mais il est d'usage d'attendre la décision du juge", a-t-elle précisé à l'AFP, sans plus de détails sur la localisation de son client.

L'annonce de l'expulsion à venir, faite jeudi dernier sur Twitter par M. Darmanin, a suscité une série de protestations. Dans un communiqué, 31 mosquées des Hauts-de-France ont apporté leur soutien au prédicateur, estimant qu'il était victime d'une "erreur manifeste d'appréciation".

Tout en lui attribuant "une vision particulièrement conservatrice de la religion" et des conceptions que "nombreux trouvent rétrogrades", la section des Hauts-de-France de la Ligue des droits de l'Homme a pointé que les raisons "invoquées par l'exécutif remontent à une vingtaine d'années, soit une époque antérieure à plusieurs renouvellements de son titre de séjour".

"Ces procédures douteuses doivent interpeller tous les démocrates soucieux de préserver notre Etat de droit", a estimé pour sa part un député de gauche du département du Nord, David Guiraud, accusant M. Darmanin de vouloir "saturer les ondes" avec "un discours sécuritaire et répressif".

(Avec AFP) 









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