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Tribune libre

Le Covid-19 bouscule les codes de déontologie médicale


le Dimanche 29 Mars 2020

Avant l’apparition de ce virus, que les scientifiques ont affublé d’un nom barbare, SARS-COV-2, suggérant on ne sait quoi, les dérives politiques et sociétales faisaient légions chez les puissants de ce monde.



Le seul droit de l’homme aujourd’hui, c’est le droit à la vie, le droit d’être dépisté à temps et d’être réanimé au cas où la nécessité se présentait. L’humanité enterre ses belles idées, et ses morts par camions, sans accompagnement familiale, et sans rituels funéraires, 

Avant l’apparition de ce virus, que les scientifiques ont affublé d’un nom barbare, SARS-COV-2, suggérant on ne sait quoi, les dérives politiques et sociétales faisaient légions chez les puissants de ce monde. Mais la médecine, quoique handicapée dans son développement par des concours d’accès à ses facultés, en francophonie, concours auquel l’accès est conditionné auparavant à l’obtention de notes au Bac impossibles, du moins chez nous, puis par l’augmentation des frais d’inscription en France, la médecine et les médecins, quoique généralement dénigrés, restaient pour la plupart à l’abri des dérives du siècle, tout occupés à préserver la vie de leurs patients, comme ils l’avaient juré à Hippocrate. 

Et puis le SARS-Cov-2 apparait, avec la maladie qu’il provoque la Covid-19 (pourquoi le féminin ?), et fait le tour du monde en un rien de temps, à peine une dizaine de jours, provoquant des hécatombes, presque partout. Pour la raison d’état, des bureaucrates et épidémiologistes prennent le pouvoir sur la médecine, et c’est la loi martiale, souvent avec l’aval de l’OMS. Les pénuries de masques deviennent « les masques ne servent à rien si on n’est pas atteint ». Les pénuries de kits de dépistage deviennent, « on n’a pas besoin de tester tout le monde », les pénuries de soignants hospitaliers deviennent « si vous avez les signes du Covid19 (oui, l’usage l’a rendu masculin), restez chez vous », mieux encore « n’allez pas voir votre médecin traitant », contentez-vous de vous laver les mains, « les gants sont dangereux », si vous commencez à suffoquer, téléphonez au 15 en France, ou ailleurs aux cellules de veille qui sont dépassées par le nombre d’appels, leur numéro du reste change au grès du vent, comme pour mieux vous feinter. On ira jusqu’à demander aux gens de tousser dans leurs coudes, on ne sait jamais que les mouchoirs en papier, ou le PQ viennent à manquer … Que de temps perdu, et combien de morts faudrait-il avant de redresser un tout petit peu la barre ? pourtant 3 à 4 pays ont su le faire.

Adieu la liberté de choix du médecin par le malade, ce dernier doit obligatoirement se rendre à l’hôpital publique. Des dépistages virologiques lourds sont réservés à quelques laboratoires publiques, parfois seulement un ou deux par pays. Des dépistages rapides aussi faciles que les tests de grossesses apparaissent, et ceux qui ne les ont pas les déclarent « défectueux » alors qu’ils ne le sont ni en Corée du sud, ni à Taiwan, ou la mortalité est beaucoup moindre, ni en Allemagne où les généralistes plantent des tentes de dépistage devant leurs cabinets.

Adieu la liberté de prescription du médecin, ce dernier doit se conformer à une nouvelle loi en France, prescrire ou ne pas prescrire l’hydroxy-chloroquine, à tel ou tel moment de l’évolution de la maladie, au grès des « Politics ». Au Maroc, l’état rafle le stock de son usine. Médicament autrefois vendu sans ordonnance, et si prescrit, qui devient strictement réservé à un usage hospitalier, et interdit à la prescription par le médecin de ville, hors AMM (autorisation de mise sur le marché, qui n’a pas prévu cette virose). 

Adieu le sacro-saint « secret médical, même après la mort », le monde entier est informé de la maladie d’untel, et de la façon dont il est mort. Pénurie de respirateurs, et l’on décrète la nécessité de « triage comme à la guerre », entre les jeunes qui ont le plus de chance de survie et les personnes très fragiles, très âgés, ou seulement après 40 ans ! (qu’ils crèvent !). Mais voilà on meurt aussi à 9 ans, à 16 ans, 19 ans  …  Va-t-on devoir choisir en fonction de la richesse intellectuelle ou pécuniaire ? Ou bien le premier venu sera le premier servi ?

Le diagnostic n’est plus l’apanage des médecins : plus grave encore, en Algérie un collectif de 70 avocats rapporte la survenue, chez un célèbre prisonnier d’opinion, d’une hémiplégie droite, d’une paralysie faciale gauche, et des difficultés d’élocution (aphasie d’expression), signes très évocateurs d’un AVC (accident vasculaire cérébral) ou d’un AIT (accident ischémique transitoire), et les juges et leur ministère démentent ce diagnostic. Aucun rapport médical, aucune déclaration d’un médecin ne dira si Karim Tabou a subi ou non un examen IRM. Les médecins doivent cautionner par le silence qu’on leur impose les atteintes à l’intégrité physique ou mentale. Nul n’est plus à l’abri, on l’a déjà vu même dans la si généreuse Chine.

L’action d’information médicale du public à caractère éducatif et sanitaire n’est plus nuancée et prudente. Deux obstinations déraisonnables qui se déchirent, d’un druide gaulois, contre des loups-garous, médiatisés à outrance. Des fake news à la pelle pour prévenir et guérir la maladie, et des mensonges qui pleuvent d’un côté comme de l’autre : un homme meurt aux USA après avoir ingéré un détergeant d’aquarium à base de phosphate de chloroquine, et ça devient « Chloroquine = DANGER ».  Une étude biomédicale randomisée en double aveugle n’arrive pas à démarrer, et c’est la faute du Gaulois.

Comment peut-elle recruter des cobayes malades si on les informe « loyalement, de façon claire et appropriée » qu’ils ont une chance sur 2 de recevoir un placébo, et peut-être d’en mourir ? Jouer avec leur vie à pile ou face. Quelle est l’humanité et la « pertinence » de telles recherches dans le contexte actuel ?  De l’autre côté comment faire foi à un « consentement éclairé » au traitement à la chloroquine qui est oral et non écrit seulement parce qu’un savant de renom » le promet ? Tous pas moins dictateurs les uns que les autres !

« Le médecin a l’obligation de ne pas abandonner ses malades en cas de danger public», mais lui ; est abandonné, sans suffisamment de masques FFP2, sans suffisamment de lunettes de protection, suffisamment de gants, suffisamment de respirateurs, suffisamment de moniteurs … pour répondre aux besoins 

De nombreux gouvernements ont foiré à prévoir et prendre des précautions pour protéger leurs populations, à tirer profit de l’expérience de ceux qui ont réussi à se relever. A réagir au quart de tour pour mobiliser et faire fabriquer ce qui manque, et surtout à ne pas mentir. Ils devront surement en répondre.

Ce n’est pas étonnant, dans un ordre mondial basé sur le profit à tout prix, le jeu des spéculations financières, la Dette à l’internationale, et la prédation à outrance qui ne se cache même plus derrière des pseudo-causes humanitaires.
Les médecins sont acclamés aujourd’hui pour les risques héroïques qu’ils prennent à sauver la vie des autres au dépend de la leur qui devient hypothétique.

Mais demain va-t-on continuer à bruler sur le bucher leur code de déontologue ? 

 
 Professeur Aziza Benkirane 
 
 
 
 


  



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