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La hantise du « cher » mouton !


Rédigé par Saâd JAFRI le Mercredi 29 Mai 2024



La hantise du « cher » mouton !
 

 

Alors qu’il reste une quinzaine de jours avant l’avènement de l’Aïd Al-Adha, la hantise de la flambée des prix plane d’ores et déjà sous nos cieux. Les signes avant-coureurs de cette traditionnelle et néanmoins déplorable hausse se manifestent sur les réseaux sociaux, où les internautes filment et partagent leurs virées dans les différents souks fiévreux du Royaume.


Bien que l’offre dépasse largement la demande et malgré la décision gouvernementale de subventionner l’importation de 600.000 têtes d’ovins, le consommateur devrait surpayer son mouton, alors que sa bourse est réduite comme peau de chagrin par la crise économique.

 

Les éleveurs tentent tant bien que mal de justifier cette flambée par le prix des intrants, sauf que la batterie de mesures prises par le gouvernement durant l’année courante pour subventionner le secteur balaye d’un revers de main toute argumentaire prônant la hausse des prix des ovins.


Reste encore le dilemme des fruits et légumes, qui chaque année « montent au ciel », comme on dirait dans notre jargon. Cette année pourrait être pire que les précédentes, étant donné la décompensation partielle du gaz butane. Il est vrai que les répercussions de cette mesure ne devraient - en principe - avoir lieu que dans les prochaines récoltes, mais l’expérience nous dit long sur le vice de certains commerçants qui chercheront à profiter de l’annonce pour réviser leurs prix de manière démesurée.

 

C’est dire que les carences de nos marchés sont le résultat d’une mauvaise gouvernance de tout un écosystème où l’anarchie règne. Mardi, devant les Conseillers, le ministre de l’Intérieur a annoncé une enveloppe budgétaire d'un milliard de dirhams pour réhabiliter les 822 souks hebdomadaires du Royaume. Ce projet s’ajoute au grand chantier de restructuration des marchés de gros, dans l’ambition de mettre fin au désordre qui exaspère les ménages.

 

L’idée est de mettre fin au diktat des intermédiaires, tout en engageant la responsabilité des commerçants de sorte à maîtriser leurs marges de gain. Mais là encore, la question du monitoring s’impose. La régulation de nos souks ne peut se faire qu’à travers un suivi précis des activités du marché. Un processus, à l’image des hypermarchés, où l’intervention humaine devrait être réduite à minima pour éviter les pratiques de corruption qui envahissent le secteur. Telle est la seule solution pour éviter les polémiques qui surviennent chaque année, à chaque Aïd.

 




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