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Culture

« La bouteille au cafard » de Mohamed Nedali : Petite créature… grandes leçons !


Rédigé par Hassan EL MOUDEN le Mercredi 1 Juillet 2020



En Octobre 2018 Mohamed Nedali a publié son roman intitulé « La bouteille au cafard ». Le récit s’ouvre sur la description de Ourizen, douar aux environs de Tahannaout « où il ne se passe jamais rien, ou presque ». Hmad Imghri , surnommé Fainéant, y tient une boutique où il vend les produits de première nécessité. Un jour, un client l’arrache à sa sieste. Il veut une bouteille d’huile.

Mais on a remarqué qu’un cafard git à l’intérieur de la bouteille bien fermée! Étonné, Hmad, tente de résoudre cette énigme. C’est Hafid, le seul diplômé du douar, qui lui montre à quel point sa bouteille est précieuse. En contrepartie de quelques cigarettes, le diplômé en chômage trace le chemin vers la fortune à l’épicier, en l’initiant à « faire chanter » son fournisseur.

« Une photo de ta bouteille à la Une d’un journal à grand tirage …et voilà l’huilier au bord de l’asphyxie ».

Refusant les offres de son fournisseur et leurs supérieurs, Hmad part à la rencontre du directeur général de la société .Le taxieur, curieux, réussit à engager une discussion avec le campagnard jusque-là très méfiant. Mais il connait bien son talon d’Achille : « Nous sommes des Berbères, vous et moi, autrement dit des frères de sang. Dites ce qui vous préoccupe!».

Hmad finit par lui dévoiler son projet. Driss Lfekh, le taxieur, dont le deuxième nom est porteur de sens, tend un piège à son « frère » Hmad. Il lui présente Fatiha, une prostituée, en tant qu’avocate. Maître Rachik, la fausse avocate, alléchée par l’odeur de la fortune, hypnotise Hmad chez elle et lui vole la bouteille. 

Les deux complices se rendent au siège de la société où ils se disputent l’objet volé. Mais ils sont ramassés par un panier à salade ayant provoqué une vraie bagarre .Les deux agents de sécurité reconnaissent la bouteille, dont le bruit court déjà partout, et se la disputent à leurs tours. Menacés par les deux employés, ils finissent par lâcher la bouteille. Les deux employés se disputent le bien de la même façon pour finir dans les mains des deux cadres supérieurs qui entrent après quelque minutes dans une rixe non moins violente. Ainsi ce récit de Nedali se veut une critique virulente de l’avidité humaine. Il a dénudé les vices des personnages en quête de l’argent facile. C’est aussi une occasion pour déplorer le sort d’une génération fainéante qui est prête à tout faire, le travail excepté, pour s’enrichir. La lecture de ce roman en plein confinement est très significative. On ne pourra s’empêcher d’observer que le cafard de Nedali a joué le même rôle que celui du Coronavirus. Les deux créatures ont su dévoiler les travers des hommes : la cupidité, l’égoïsme, entre autres.

Hassan EL MOUDEN