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Actu Maroc

La CNT prévoit un horizon morose jusqu’en 2021

Le tourisme à l’heure du Coronavirus


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Jeudi 30 Avril 2020

Le tourisme mondial se porte mal et connaitra une baisse de l’ordre de -30% et des pertes estimées à environ 450 milliards de dollars. Au Maroc, la CNT évalue le manque à gagner des recettes de l’ordre de 138 milliards pour la période 2020-2022 en termes de devises et propose un plan de relance d’environ 1, 7 millions de dirhams.



La CNT prévoit un horizon morose jusqu’en 2021
Dans le secteur du tourisme, il y aura un avant et après Coronavirus. Rien ne sera plus pareil depuis l’arrivée de cette pandémie qui n’épargne aucun secteur de l’activité économique. Et le Maroc ne fera pas exception. C’est le constat amer de la Confédération nationale du tourisme (CNT) dans son rapport, rendu public, dans l’optique d’évaluer l’impact de Covid-19 et les séries de mesures à entreprendre pour redynamiser le secteur. Déjà en termes de manques à gagner pour les professionnels et autres acteurs intervenant dans le circuit touristique le montant est colossal car il porte sur un manque à gagner des recettes de l’ordre de 138 milliards pour la période 2020-2022 en termes de devises, souligne la Confédération dans son étude.

Les estimations de la CNT rejoignent ainsi les prévisions de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT). Celle-ci rapporte, dans son enquête sur l’impact global sur l’activité touristique mondiale, que les pertes seront de l’ordre de -30%, soit environ 440 millions de voyages en moins et des pertes estimées à environ 450 milliards de dollars (l’équivalent de 5 à 7 ans de performance économique).

A la lumière de ces rapports, il apparaît clairement qu’aujourd’hui une inquiétude mondiale est avérée et que le constat est unanimement partagé sur la particularité et l’étendue de la crise qui touche le secteur du voyage en général : premier secteur touché, le plus violemment et sûrement le plus longtemps compte tenu de la latence des mesures de confinement, de la fermeture des frontières et de l’incertitude concernant les traitements. Le secteur devra faire face à une longue période d’inactivité ou d’activité réduite, estiment les professionnels.

Situation inquiétante

Partout où est apparu Coronavirus, l’industrie touristique est en arrêt total d’activité. Au Maroc cela a commencé depuis la mi-mars. Compte tenu des mesures prises dans le contexte de cette pandémie, dont la fermeture des frontières, la CNT estime que cette crise va durer au moins jusqu’à décembre 2020, et s’attend à une reprise timide et graduelle à partir d’avril 2021. D’où il faut entrevoir des mesures concrètes pour sauver le tourisme marocain. Pour ce faire, la Confédération propose un plan de relance qui nécessitera un budget de 1,7 milliard de dirhams (à 1,2 milliard de dhs pour la sauvegarde du secteur et 500 millions de dhs pour la relance).

Ce plan commence par des mesures bancaires et fiscales (report des échéances, pas d’incidences cash) en passant par des mesures sociales (environ 120.000 employés sont concernés sur 12 mois) nécessitant pour la CNSS et l’AMO : 2.175 dhs/pers (presque équivalent à l’IPE ; IGR 873 dhs/pers, soit 105 Mdhs par mois. Le plan porte aussi sur le tourisme dit « Marché local ». Ici, il est question du budget promotionnel (50 millions dh), une plateforme (30 millions dhs) et des connexions aériennes comprenant la subvention de siège.

La CNT propose des offres produits avec un fonds tourisme durable de 50 millions / an sur 4 ans ainsi que la mise en place d’accompagnement pour les hôtels souhaitant réaliser des travaux de rénovation. Le plan de la CNT s’intéresse également au tourisme marché émetteurs, notamment la stimulation de la demande (250 millions), connexions aériennes (500 millions), l’accompagnement de mesures sanitaires (100 millions) et un plan digital (50 millions).

Mesures appropriées

L’objectif de ces dispositifs proactifs vise le maintien de l’outil de production en vue de préserver en priorité l’écosystème touristique. Ce qui permettra aux entreprises de la chaîne de valeur de cette activité de faire face aux besoins urgents en liquidités, pour le paiement de leurs charges courantes critiques, et pour éviter des mises en faillite mais aussi le maintien des emplois, afin de préserver les compétences dans le secteur pour favoriser la compétitivité du secteur.

En la matière, M. Faouzi Zemrani, Vice-Président CNT et Président de la Fédération nationale des agences de voyages (lire trois questions) fait un éclairage très dense. Nul besoin de rappeler, dans ces conditions, que l’heure est à la mobilisation pour sauver « le soldat tourisme ».

Car les professionnels du secteur traversent une crise sans précédent à cause du Covid-19.

Wolondouka SIDIBE

Trois questions à M. Faouzi Zemrani, Vice-Président CNT et Président de la Fédération nationale des agences de voyages

M. Faouzi Zemrani
M. Faouzi Zemrani
-Quelle transformation économique faut-il opérer pour redynamiser le secteur après Codiv-19 ?
-Résolument, le secteur devrait transiter vers le digital afin de dynamiser l’offre produit qui sera élaborée en fonction des attentes des consommateurs. Cette transformation dopera le marketing des territoires grâce aux outils accessibles aujourd’hui, ainsi que la force des réseaux sociaux utilisant la photo et la vidéo, en particulier Instagram. Les services aux clients seront de plus en plus dématérialisés, pour des raisons sanitaires et devront se faire dorénavant à travers les outils intelligents tels que les Smartphones afin de limiter l’usage du papier, que ce soit au niveau de la commande ou du service.D’où la nécessité de former les ressources humaines au digital.

-Qu’en est-il des remontées auprès de vos adhérents concernant le soutien bancaire décidé par le gouvernement ?
-Pour le moment, le soutien bancaire est très timide, malgré les déclarations d’intention et le soutien de BAM. Le secteur aurait besoin d’un fonds spécial dédié pour sauvegarder les emplois et préparer la relance, car relance il y aura, nous en sommes persuadés. D’ailleurs, le secteur du tourisme a participé en 2019 à hauteur de 80 MM de dirhams à la balance des paiements. D’où l’importance de ce soutien.

- A quelle échéance entrevoyez-vous le redémarrage effectif de l’activité touristique ?
-Le redémarrage effectif de l’activité touristique est tributaire avant toute chose de la sécurité sanitaire. En effet, tant qu’une solution n’a pas été trouvée pour stopper net la propagation du Covid-19, elle sera très difficile cette période de confinement. En outre, les professionnels devront prendre en considération les attentes des consommateurs nationaux et s’atteler à faire des offres en tenant compte du budget qui sera alloué pour le loisir. Le secteur aura besoin de l’accompagnement des pouvoirs publics à travers des mesures en faveur des citoyens afin de faciliter leur accès aux vacances (chèques vacances et crédits vacances).

Propos recueillis par W.S