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Edito & Chronique

L'Opinion : Une jeunesse qui la veut facile sur le marché de l’emploi


Rédigé par Saâd JAFRI le Mercredi 23 Septembre 2020


L'Opinion : Une jeunesse qui la veut facile sur le marché de l’emploi
Le manque d’expérience professionnelle, atout quasi incontournable pour prétendre à un poste de responsabilité et à un salaire confortable, n’empêche pas les jeunes, en ce 21ème siècle, de vouloir y accéder au plus vite. La patience pour les tâches « d’entrée de gamme » est loin d’être leur fort, ces milléniaux, ou génération Y, qui affichent une confiance débordante en leurs capacités, et se targuent de compétences qui, pourtant, ne s’acquièrent qu’à coup de nombre d’années et… sur le tas, grossissent indéfiniment les rangs des demandeurs de travail. Outre l’exigence démesurée de salaires élevés, ils veulent, lorsqu’ils arrivent à dénicher un job, à leur convenance ou non, briguer les promotions et, parallèlement, avoir toujours plus de temps à consacrer aux loisirs… A peine à bord, ils veulent contribuer à la stratégie globale de l’entité où ils travaillent, quitte, en cas de refus, à abandonner le navire. C’est ce qui fait que les jeunes changent plus souvent de métier que leurs aînés. 

Certains préfèrent même rester au chômage plutôt que de commencer petit et grimper les échelons. Cette « mentalité fast-food », qu’on trouve surtout chez les diplômés du Supérieur, explique, en grande partie, le phénomène du chômage qui y sévit et atteint des sommets ces dernières années. Ce mode de perception trouve également ses racines dans le système éducatif qui n’apprend pas à la jeunesse la valeur de l’adaptation aux changements du marché du travail. Alors que les employeurs ont la réputation d’embaucher sur diplôme, en fait, ils y attachent aujourd’hui de moins en moins d’importance, du fait que les études supérieures ne préparent pas assez au monde du travail. 

Mais, tout cela n’implique pas que le diplôme en lui-même est devenu inutile. Néanmoins, il faut pencher davantage vers la pratique sur le terrain. Le ministre de l’Education nationale, qui disait l’année dernière que les universités marocaines « forment des chômeurs », devrait faire en sorte d’inclure dans la très attendue miraculeuse « réforme » des parcours hybrides, qui créent l’équilibre entre le bouquin et le terrain.

Saâd JAFRI 

  



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