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Edito & Chronique

L'Opinion : Et s’il n’y avait pas d’après-Covid ?


Rédigé par Abdallah BENSMAÏN le Vendredi 4 Septembre 2020


L'Opinion : Et s’il n’y avait pas d’après-Covid ?
Aussi pessimiste soit-elle, la question mérite d’être posée, ne serait-ce que pour des considérations de pure conjecture économique et politique. Dans toute organisation qui se respecte, l’impératif de prévoyance veut que même les scénarios les plus catastrophiques soient envisagés et les contre-mesures qu’ils impliquent, étudiées et sérieusement préparées. Quitte à ce que ces mesures croupissent ensuite dans les tiroirs de la désuétude. 

En langage managérial, cela s’appelle la prévoyance et le Risk management. En politique et en gouvernance, il s’agit de vision et de sens de la stratégie.

Or, depuis le début de la pandémie du Coronavirus, une expression revient comme un leitmotiv dans les médias, mais aussi parmi les politiques et les décideurs marocains. Il s’agit de l’après-Covid.

Cette expression triomphaliste trahit un excès de confiance, certes rassurant, mais également inquiétant. Que feraient nos décideurs s’il n’y avait pas d’après-Covid ? Qu’ont-ils préparé au cas où ce mal déciderait de s’installer parmi nous dans la durée pour devenir une réalité structurelle avec laquelle il faudra composer pendant de longues années, encore et encore. 

On comprend bien que personne n’ait ni l’envie ni la force d’envisager cette horrible probabilité, mais l’Histoire de l’humanité est riche en exemples où des pandémies et d’autres formes de catastrophes, plus ou moins ravageuses en termes d’impacts humains, sanitaires et économiques, ont fini par s’incruster des décennies, voire même des siècles durant. La civilisation humaine en a été douloureusement éprouvée et, au final, elle en a été profondément reconfigurée.

Sommes-nous en train de revivre un épisode analogue avec l’actuelle pandémie de Coronavirus ? Le débat est lancé. Il est déprimant certes, mais il faudra bien s’y atteler, ne serait-ce que pour sortir de cette logique «D’au jour le jour» qui a jusqu’ici prévalu.

Abdallah BENSMAÏN 

  



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