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Tribune libre

L’Humeur : Le ridicule n’est pas prêt de tuer


Rédigé par Anis HAJJAM le Dimanche 30 Janvier 2022


L’Humeur : Le ridicule n’est pas prêt de tuer
La pop star libanaise Myriam Fares, gracieuse et une des porte-drapeaux de la joliesse «naturelle», fait prosterner depuis peu des commentateurs marocains de tous bords, c’est-à-dire ceux des réseaux sociaux. Les superlatifs pleuvent, les jubilations explosent. Mais de quoi s’agit-il nom de Cèdre ? D’où vient ce subit et démesuré engouement ? Du fait de sa générosité productive ? De la qualité de son interprétation ? De sa manière de bouger et de sublimer un clip ? Tout cela relève de l’acquis chez cette habituée des scènes et des festivals marocains.

Alors, qu’est-ce qui fait jouir tout ce beau monde, donnant de la voix à tout va, construisant des phrases cacophoniques ? C’est que Myriam -ainsi tutoyée par ses fans marocains de circonstance- chante en dialecte local, cette darija habituellement chère aux non-arabophones et finalement adoptée par de véritables sans-avis, comme les intitulent les sondages d’opinion.

Alors, qu’est-ce qu’il y a d’inédit dans l’approche de Myriam Fares, ainsi vouvoyée par ceux qui peuvent également en être fans ? Mais sa nouvelle vidéo («Maalesh») pardi ! On l’y voit déambuler et se trémousser sur une rythmique amazighe, tenue berbère approximative en flamboyance, associée à un accoutrement «moderne».

Et cela fait tourner les têtes… Pourtant, la chanteuse n’est pas à son premier essai en darija marocain. Il y a eu «Tlah» par le passé. Pourquoi alors ? Parce que la bêtise a encore de beaux jours devant elle et que le ridicule n’est pas prêt de tuer. Et qu’on n’essaie pas de nous faire croire que quand des Marocains chantent en égyptien ou en khaliji, ils sont encensés de la sorte par ces pays «d’accueil» parce qu’ils ont honoré leur accent. Exceptée Samira Bensaïd devenue Saïd au pied des Pyramides.
 

Anis HAJJAM