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Monde

L’Espagne condamné par les Nations Unies pour un mineur marocain


Rédigé par la rédaction le Mercredi 16 Juin 2021

Le Comité des Nations Unies sur les droits de l'enfant a condamné l'Espagne pour avoir violé le droit à l’éducation d’un jeune garçon de 8 ans d’origine marocaine à Melilla.



Malgré la confirmation de sa naissance et sa résidence dans l’enclave espagnole, les autorités locales avaient refusé de l’inscrire à l’école publique.
La mère de l’enfant, né dans la ville espagnole en 2013, a tenté de l'inscrire à l'école, ce que les autorités locales ont refusé, malgré le fait qu'il ait vécu tout ce temps dans l’enclave espagnole, rappelle l’agence EFE. «Malgré diverses procédures judiciaires, les autorités administratives et judiciaires locales ont refusé d'autoriser l’enfant à fréquenter l'école publique», a déclaré le comité de l'ONU dans un communiqué.
 
Face à ce refus, la mère a déposé une plainte auprès du comité onusien en mars 2020. Bien que le conflit ait été résolu en mars 2021, lorsque le ministère espagnol de l'Éducation a ordonné aux autorités locales d'admettre l’enfant marocain à l'école, ce dernier a déjà manqué près de deux ans d'éducation formelle.
 
L'admission du garçon «est arrivée trop tard et ne répare pas complètement les dommages causés par son absence prolongée de l'école», a déclaré ce lundi Luis Pedernera, membre du comité. «Il aurait dû pouvoir apprendre dans une salle de classe et nouer des amitiés avec d'autres garçons et filles de son âge, même s'il n'a pas la nationalité espagnole», a-t-il ajouté.
 
Le Comité a exhorté l'Espagne à fournir une compensation adéquate à l’enfant et prendre des mesures proactives pour l'aider afin qu'il puisse rattraper le retard dans ses connaissances pédagogiques.
 
Jusqu'à présent, les familles de six mineurs résidant en Espagne ayant déposé plainte auprès du comité ont été admises à l'école, mais on estime que plus de 150 enfants, sans permis de séjour légal à Melilla, sont toujours exclus du système éducatif public.
 
Le comité de l'ONU a demandé à l'Espagne de veiller à ce que les autorités administratives et judiciaires locales prennent des mesures «efficaces et rapides» pour confirmer la résidence des mineurs afin de les admettre sans délai dans les écoles.

  


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