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L’Boulevard envers et contre tout


Rédigé par Majd EL ATOUABI le Dimanche 2 Octobre 2022



L’Boulevard envers et contre tout
Le Boulevard des Jeunes Musiciens ou «L’Boulevard» pour les intimes est un festival unique dans son genre. Né à la fin des années 1990, grâce à l’engagement d’une petite poignée de passionnés, assistés par des dizaines de bénévoles, cet événement a pu et su se développer et grandir avec peu de moyens et énormément de coeur. Il faudra attendre le milieu des années 2000 pour qu’un certain nombre de sponsors, charmés par sa notoriété grandissante, ne concèdent y mettre du leur.

Entre-temps, L’Boulevard était devenu une marque dont le nom se confondait dans l’imaginaire collectif avec l’ère d’ouverture culturelle initiée après l’accession au trône du jeune Roi Mohammed VI et communément appelée «Nayda». Un terme ou plutôt un concept fourretout et générique que les initiateurs de L’Boulevard, eux-mêmes, réfutent, préférant se prévaloir d’une identité iconoclaste qui les situe à la lisière des tendances et des épiphénomènes culturels de mode.

Et iconoclaste, L’Boulevard l’est ou l’était incontestablement par son caractère frondeur et rebel à l’ordre social et culturel établi. Véritable laboratoire musical et sociétal à ciel ouvert, cet événement hors normes, qui a effrontément bravé les vents de l’obscurantisme qui soufflaient sur le Maroc du début des années 2000, n’a jamais plié l’échine dans sa quête d’ouverture, de liberté, de créativité et de droit à la différence.

L’Histoire retiendra que c’est en 2003, année de l’inique procès des satanistes et des attentats sanglants du 16 mai à Casablanca, que L’Boulevard choisira de voir plus grand en déménageant son lieu d’organisation des locaux devenus exigus de la FOL, vers le stade du RUC. L’Histoire retiendra également que c’est grâce à L’Boulevard que les yeux des Marocains, bourges comme prolos, ont été habitués à voir, sans trop méjuger, une jeunesse différente et bariolée, assoiffée de culture, de créativité et de liberté.

Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, L’Boulevard est au final un événement qui ne laisse jamais indifférent. Il est et il restera cette parenthèse de mixité sociale et culturelle dont le Maroc a grand besoin de voir se multiplier et essaimer les manifestations de part et d’autre de son territoire.

En dépit de son ambiance souvent borderline qui peut faire grincer certaines dents et ébranler certaines convictions, cet événement qui vient d’être souillé par les graves débordements d’une masse de trouble-fête comparable aux meutes qui sévissent, parfois, dans et aux environs de nos terrains de football, saura et devra se relever. Ne serait-ce que pour continuer son oeuvre cathartique sur notre conscience collective pour le plus grand bien de notre savoir-vivre ensemble.



Majd EL ATOUABI
 



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