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Actu Maroc

Khalil Amar “réajuste” les informations sur la fabrication de pièces pour Tesla


Rédigé par Safaa KSAANI le Jeudi 1 Juillet 2021

La fabrication du transmetteur principal pour les véhicules de la marque Tesla au Maroc est placée sous les feux de l’actualité nationale et internationale. Certaines fausses informations ont sidéré le fondateur de Tesla Club Morocco, Khalil Amar. Clarifications.



Khalil Amar “réajuste” les informations sur la fabrication de pièces pour Tesla
La société STMicroelectronics, implantée à Bouskoura dans la région de Casablanca, a démarré depuis quelques semaines la fabrication du transmetteur principal pour les véhicules de la marque du milliardaire Elon Musk, Tesla. Une information que nous confirme Khalil Amar, fondateur de “Tesla Club Morocco”. En parallèle, il n’a pas caché son étonnement par rapport à des informations rapportées par certains médias locaux.

« En tant qu’équipementier, STMicroelectronics fabrique actuellement des puces électroniques pour Tesla », cette firme dirigée par Elon Musk devenue le constructeur automobile le plus coté de l’Histoire. Il s’agit d’une puce capitale dans l’assemblage et la livraison des voitures Tesla. C’est une juste information. Certains titres affichés par des médias, comme “La marque Tesla du milliardaire Elon Musk jette son dévolu sur le Maroc”, m’ont interpellé, comme si partout ailleurs Tesla ne fabrique pas ses pièces”, se désole Khalil Amar.

Autre “rumeur” propagée, la multinationale franco-italienne a arrêté de fournir aux usines PSA et Renault des pièces électroniques, ce qui les a obligées d’arrêter le montage. “Comment se fait-il que STMicroelctronics, implantée à Bouskoura dans la région de Casablanca, fournit une puce à une compagnie qui est en Californie et ne fournisse pas des pièces à Renault qui est à Tanger ?”, ironise Khalil Amar.

Ainsi, STMicroelectronics a remporté un contrat pour construire et fournir des pièces automobiles à Tesla, suite à un appel d’offres. La marque de voitures électriques américaine a donc choisi le Royaume pour faire du “sourcing”, ce qui va certainement renforcer la position du pays dans les radars des constructeurs internationaux. Une nouvelle donne qui permettra aux constructeurs automobiles de penser à fabriquer des voitures électriques et hybrides. Cela encouragera indéniablement les conducteurs à se les procurer et facilitera la vie aux propriétaires de ces voitures, qui ne trouvent pas assez de pièces au Maroc, en cas de panne.

Khalil Amar est l’un de ces rares propriétaires de voitures électriques au Maroc. Il nous raconte son vécu. En cas de panne, il cherche des pièces de rechange de l’autre côté de l’Atlantique, quitte à se déplacer physiquement. “Comme il n’y a pas beaucoup de pièces de rechange au Royaume, en cas de pannes dues à l’usure par exemple, on est obligé de se déplacer à l’étranger pour récupérer les pièces nécessaires. Dans la conjoncture internationale actuelle, marquée par la pandémie, on est obligé de commander les pièces de rechange”, détaille notre interlocuteur. « Avant de s’engager dans l’achat de ce type de véhicules, les aficionados de ces voitures doivent s’informer des spécificités de ces modèles et de la manière de les conduire », conseille-t-il.

Ce côté Do it by yourself n’est pas nouveau au Maroc. “Ce fût le cas avec les voitures Maserati, avant l’arrivée d’un représentant officiel de la marque dans notre pays, en 2013”, rappelle-t-il.

Depuis des années, le Royaume cherche à devenir producteur de voitures électriques. En effet, le gouvernement avait fixé comme objectif de réserver 30% du parc automobile de l’Etat pour les trois prochaines années aux voitures hybrides et électriques. Il est question en outre de privilégier les véhicules plus respectueux de l’environnement en s’inspirant des normes européennes en la matière, notamment la norme euro.

Par ailleurs, le constructeur Renault a démarré la vente de sa première voiture 100% électrique, Dacia Spring, considérée comme étant la voiture électrique la plus accessible du marché mais, pour le moment, ce modèle est fabriqué uniquement en Chine. Outre Renault, le groupe PSA mise également sur les versions électriques de son modèle 208. Toutefois, il faut noter que l’usine de Kénitra ne fabrique pour le moment que le modèle embarquant un moteur thermique alors que le e208 électrique est fabriqué exclusivement dans une unité de production de la marque basée en Slovaquie.
 
Safaa KSAANI

Batteries “Made in Morocoo” : une possibilité conditionnée
Tirer profit des potentialités naturelles et humaines du Royaume est une condition sine qua non pour des batteries 100% marocaines de se lancer à l’assaut des marchés européens, asiatiques et américains. C’est l’avis partagé par de nombreux spécialistes marocains du secteur de l’automobile. “Grâce à ses gisements en phosphates, minerai qui contient en faible quantité la fluorine, le Royaume est capable de multiplier sa production pour peu que l’équation de la rentabilité des coûts d’extraction, au vu des cours de la fluorine, soit économiquement incitative”, nous explique Rachid Yazami, physicochimiste marocain et inventeur de l’anode graphite pour les batteries lithium-ion.
 
L’industrie automobile se porte bien
L’industrie automobile connaît une dynamique importante depuis quelques années. C’est l’un des secteurs ayant très vite rebondi malgré les effets de la crise sanitaire. C’est ce qui ressort en tout cas des données de l’Office des Changes. En effet, l’automobile arrive en tête des secteurs dont les exportations vers l’étranger se comportent le mieux. Les expéditions du secteur se sont affermies de 62,6% réalisant ainsi un chiffre de 29,52 milliards de dirhams, soit un additionnel de 11,36 milliards de dirhams en glissement annuel.

3 questions à Khalil Amar

“Dans chaque pays, il y aura un service center de Tesla”
 
Le fondateur de Tesla Club Morocco, Khalil Amar, nous dévoile les nouveautés des voitures Tesla, au Maroc et ailleurs.


• Après que Tesla Motors ait choisi le Maroc pour fabriquer son transmetteur principal, comment, selon vous, cela pourrait- il impacter l’industrie automobile marocaine ?

• C’est une excellente nouvelle. La fabrication de puces au Maroc pour Tesla, pour le domaine de l’automobile ou de l’aéronautique montre le savoir-faire et la capacité des équipementiers locaux à s’adresser à ceux qui exigent une complexité et un niveau de sophistication digne des firmes présentes à la Silicon Valley. Nous sommes honorés d’être encouragés par une excellence.



• Aussi rares que peu communes, les voitures Tesla ont des modèles propres à eux en termes de recharge, de pièces de rechange, entre autres. En cas de panne, où recherchez-vous les pièces de rechange au Maroc ?

• Nous avons l’appui de Tesla vu que la plupart des équipements de ses voitures sont des logiciels et non pas des pièces de rechange physiques. Les voitures Tesla sont connectées à leur “cloud”, donc elles ont la possibilité d’aider partout là où elles se trouvent. Dans chaque pays, il y aura de toutes manières un service center.


• Vu la rareté des bornes de recharge rapide de 50 kW ou 175 kW au Maroc, comment et en combien de temps rechargezvous la batterie de votre voiture électrique ?

• Des options de recharge rapide ont été développées en parallèle des efforts réalisés par l’Institut de Recherche en Energie Solaire et Energies Nouvelles (IRESEN) sur le réseau autoroutier, ainsi que pour les stations services Total Energies, Shell et Afriquia. J’espère que cela se développera davantage dans une invitation à une diversification de services de la part des acteurs de la mobilité électrique dans le cercle extra urbain. La recharge rapide de 90 kW à 180 kW est la nouvelle norme.

 
Recueillis par Chaimae BARKI

  


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