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International

Iran-Russie-Turquie : Un Sommet pour discuter de la Syrie et de l’Ukraine


Rédigé par L'Opinion le Mardi 19 Juillet 2022

Les présidents iranien, russe et turc se réunissaient, mardi à Téhéran, pour des discussions axées sur le conflit en Syr ie, de la guerre en Ukraine et ses retombées sur les économies mondiales.



Ph : AFP
Ph : AFP
Il s’agit du premier Sommet présidé par Ebrahim Raïssi depuis son arrivée au pouvoir il y a un an et du deuxième déplacement à l’étranger de Vladimir Poutine depuis le lancement de son offensive en Ukraine, le 24 février. La réunion tripartite intervient quelques jours après la tournée du président américain Joe Biden au Moyen-Orient, où il s’est rendu en Israël et en Arabie saoudite, deux pays hostiles à l’Iran. Mais le sommet sera essentiellement dominé par la Syrie où la Russie, la Turquie et l’Iran représentent des acteurs majeurs dans la guerre qui ravage le pays depuis 2011, Moscou et Téhéran soutenant le régime de Bachar el-Assad.

Les trois pays ont lancé en 2017 le processus dit d’Astana, visant officiellement à ramener la paix en Syrie. Arrivé lundi soir à Téhéran, le président turc Recep Tayyip Erdogan a été reçu mardi matin par son homologue iranien dans le palais de Saadabad, dans le nord de la capitale iranienne. Avec leur homologue russe Valdimir Poutine, ils participeront à «une réunion des chefs d’Etat garants du processus de paix» en Syrie, avait déclaré le 12 juillet le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

«Crise sécuritaire»

Le sommet de mardi survient alors que la Turquie menace depuis fin mai de lancer une nouvelle opération militaire dans le nord de la Syrie, où elle cherche à créer une «zone de sécurité» de 30 kilomètres à la frontière. Téhéran et Moscou ont d’ores et déjà dit leur opposition à une telle offensive. Lors de la réunion, «nous pourrons établir l’objectif important de la réunion d’Astana, qui était de réduire la tension dans les zones de conflit en Syrie», a indiqué le ministre iranien des Affaires étrangères Amir-Abdollahian, dans une vidéo diffusée sur le site de son ministère.

«Lors de mon voyage récent à Ankara et en Syrie, j’ai été porteur du message du président selon lequel nous pouvons gérer la crise sécuritaire entre la Syrie et la Turquie», a-t-il ajouté. Le sommet tripartite sera l’occasion pour Erdogan de se réunir avec Poutine pour la première fois depuis le début de la guerre contre l’Ukraine. La Turquie, membre de l’Otan, a essayé de maintenir le contact avec les deux pays, proposant sa médiation à plusieurs reprises. Les deux chefs d’Etats parleront à Téhéran de mécanismes pour permettre les exportations de céréales d’Ukraine, bloquées dans ce pays par la guerre au risque de provoquer une crise alimentaire mondiale.

«Premièrement, nous sommes prêts à continuer le travail dans cette direction, deuxièmement, cette thématique va être discutée par les présidents» Poutine et Erdogan, a indiqué lundi le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, cité par les médias russes. Le ministère russe de la Défense avait indiqué vendredi qu’un «document final» sera prêt sous peu pour permettre l’exportation de céréales d’Ukraine.

L’accord négocié par l’intermédiaire de l’ONU vise à faire sortir par la mer Noire quelque 20 millions de tonnes de céréales bloquées dans des silos ukrainiens à cause de la guerre en Ukraine.

Le nucléaire iranien au menu du sommet

Les discussions irano-russes aborderont aussi l’accord sur le programme nucléaire de l’Iran, estiment des experts. La Russie participe aux pourparlers entamés il y a plus d’un an entre l’Iran et les grandes puissances pour relancer l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, permettant la levée des sanctions internationales contre la République islamique en échange des restrictions sur ses activités nucléaires.

Jeudi, lors de son déplacement en Israël, Joe Biden a signé avec le Premier ministre israélien Yaïr Lapid un pacte de sécurité engageant les Etats-Unis à ne jamais permettre à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.

Et samedi, à Jeddah, Biden a affirmé devant un parterre de dirigeants arabes que son pays «ne se détournerait pas» du Moyen-Orient en laissant «un vide que pourraient remplir la Chine, la Russie ou l’Iran». Des propos condamnés par Téhéran qui accuse Washington d’attiser les tensions dans la région.


L’économie russe affectée par les sanctions
 
Si le Kremlin affirme résister aux sanctions, lundi 18 juillet Vladimir Poutine a semblé quelque peu infléchir sa position et a reconnu des difficultés « colossales » qu’il promet de vaincre, notamment dans le secteur des nouvelles technologies. « Le défi est énorme ». Le ton de Vladimir Poutine semble avoir changé. La réunion est diffusée à la télévision russe. Devant des ministres et des chefs d’entreprise, le président russe l’admet, les sanctions affectent la Russie.

« Aujourd’hui, on met en place contre notre pays, non seulement des limitations, mais aussi un blocage presque total pour accéder aux hautes technologies », a déclaré Vladimir Poutine. Avec le départ des géants de tech de Russie comme Microsoft, Apple, Google, Adobe ou Cisco, de nombreux consommateurs et des entreprises se retrouvent sans alternative. La pénurie de semiconducteurs par exemple perturbe l’industrie, de l’automobile à l’armement.

D’autre part, outre le départ en Russie d’entreprises-clés, des fournisseurs occidentaux ont cessé d’assurer un soutien technique à leurs clients russes. Vladimir Poutine en appelle donc à l’effort de la Nation. « Nous avons bien conscience des difficultés colossales qui se trouvent face à nous, c’est pourquoi nous allons chercher intensivement et intelligemment de nouvelles solutions », a-t-il affirmé.

Pour Vladimir Poutine, cela passe par un investissement des grands groupes publics dans des entreprises innovantes locales. Mais aussi par plus d’argent dédié à la formation. Le vice-Premier ministre, Dmitri Tchernychenko, a assuré que 21,5 milliards de roubles (370 millions d’euros) avaient déjà été débloqués pour développer des « solutions russes là où c’est actuellement extrêmement nécessaire ». Un enjeu crucial puisque Moscou prévoit un déficit d’un million de cadres dans les nouvelles technologies d’ici deux ans.
 



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