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International

Iran : 3ème mois de manifestations et de répression


Rédigé par L'Opinion le Mardi 22 Novembre 2022

Les manifestations en Iran se poursuivent dans leur troisième mois, la répression aussi monte d’un cran et la solidarité avec les manifestants s’élargit aux célébrités et à l’équipe nationale en coupe du monde.



Les manifestations en Iran se poursuivent dans leur troisième mois depuis la mort de la jeune, Mahsa Amini, au milieu d'une escalade des arrestations de célébrités, en plus de l'utilisation par les autorités de méthodes de répression plus sévères contre les manifestants, dont la dernière en date est le recours aux hélicoptères et véhicules militaires sur les arènes de protestation.

Les protestations ont repris dans la ville de "Guanrud" dans la province de Kermanshah, dans l'ouest de l'Iran, faisant plusieurs blessés.

L'agence de presse semi-officielle iranienne Fars a rapporté que deux personnes ont été tuées et quatre blessées par des tirs d'éléments qu'elle a qualifiés d'"émeutiers", lors de manifestations dans la ville de "Guanrud", dimanche dernier.

L'agence de presse Tasnim a rapporté pour sa part, qu'un certain nombre de ce qu'elle a décrits aussi comme "des émeutiers et des fauteurs de chaos" ont été arrêtés par les gardiens de la révolution et les forces de sécurité intérieure dans les villes de "Mahabad", "Bokan" et "Piranshahr" dans les provinces du Kurdistan et l'Azerbaïdjan à l'ouest du pays.

Les manifestants ont bloqué certaines rues et incendié des poubelles et des pneus, dans le but de repousser les tentatives de sécurité de réprimer les manifestations.
 
Hélicoptères et véhicules militaires
 
Par ailleurs, et selon les témoignages des militants et des organisations de défense des droits de l'Homme, les autorités iraniennes ont utilisé des hélicoptères et des véhicules militaires pour attaquer les sites des manifestations.

Le journal britannique The Times a fait état, lundi, de vidéos montrant des hélicoptères et des véhicules militaires se déployant à Mahabad, ville majoritairement kurde, après que des manifestants aient pris le contrôle de la plupart de ses installations après que des protestations aient éclaté après les funérailles des personnes tuées dans des affrontements. avec les forces de sécurité au cours des dernières semaines.

Selon l'organisation kurde "Hengau" pour les droits de l'Homme, des hélicoptères militaires ont transporté des membres des Gardiens de la révolution pour réprimer les manifestations dans le Kurde Mahabad, selon l’agence "Reuters".

D'autres clips vidéo, diffusés par des militants, montraient un convoi de véhicules militaires transportant des forces lourdement armées, dans la ville de Mahabad.

Les bruits d'armes lourdes pouvaient être entendus dans de nombreux autres passages.
 
Equipe nationale iranienne et célébrités solidaires
 
Par ailleurs, les autorités iraniennes ont lancé une campagne d'arrestations visant plusieurs célébrité qui ont exprimé ou leur opposition ou leur solidarité, parmi lesquels des athlètes, des acteurs et des journalistes.

L’agence de presse officielle IRNA a fait état dimanche dernier que les forces de sécurité avaient arrêté l'actrice Henjameh Qadiani et l'actrice Katayoun Riahi, après avoir soutenu les manifestations et apparu en public sans hijab.

Les autorités ont également arrêté Yahya Gul Mohammadi, entraîneur du célèbre club de football de Persépolis, en plus de huit autres célébrités et hommes politiques, que les autorités ont convoqués pour interrogatoire, concernant leurs déclarations en faveur des manifestations, selon les journaux locaux.

Aussi et lors de la Coupe du monde au Qatar, les joueurs de l'équipe nationale iranienne ont décidé de ne pas chanter l'hymne national avant leur match d'ouverture face à l'Angleterre, lundi.

La télévision iranienne a bloqué les images des joueurs lors de la diffusion en direct de l'hymne national avant le match.

Certains Iraniens ont tweeté, notant que le silence de l'équipe signifiait la solidarité avec les manifestations.

Le capitaine de l'équipe nationale iranienne, Ehsan Haj-Safi, a déclaré dimanche dernier que lui et ses compagnons devaient être la "voix" du peuple lors du match contre l'Angleterre.

L'Iran a été témoin de manifestations populaires dans plusieurs villes depuis la mort d'Amini, 22 ans, le 16 septembre, trois jours après son arrestation par la "police morale" pour prétendument "ne pas s'habiller modestement".

D'autre part, les services de renseignement iraniens affirment disposer d'informations confirmant "l'implication des services de renseignement occidentaux dans la propagation du chaos dans le pays" et mettent en garde contre une "guerre civile".

 


Les autorités ferment un quotidien

Le journal économique Jahan-é Sanat a été fermé après des accusations portées contre les forces de sécurité en Iran, pays secoué par des manifestations contre la mort de Mahsa Amini, a annoncé mardi l'agence de l'autorité judiciaire. Cette jeune kurde iranienne est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation par la police des moeurs pour avoir enfreint selon celle-ci le strict code vestimentaire pour les femmes en Iran.

"Le quotidien Jahan-é Sanat ("le Monde de l'industrie") a été fermé lundi en raison de la violation des résolutions du Conseil suprême de la sécurité nationale", a indiqué Mizan Online, citant un communiqué du ministère de la Culture. L'agence n'a pas précisé sur quoi porte ces résolutions mais a souligné que la fermeture était liée à "un article publié samedi par le journal portant des accusations contre les forces de police et de sécurité".

Des dizaines de personnes, principalement des manifestants mais aussi des membres des forces de sécurité, ont été tuées depuis le début de la contestation le 16 septembre. Des milliers d'autres ont été arrêtées dont des journalistes lors des manifestations, qualifiées généralement d'"émeutes" par les autorités.

Fondé en 2004, le quotidien économique avait été fermé en 2020 pour avoir mis en doute des statistiques fournies par le gouvernement iranien, a indiqué mardi le journal Ham Mihan. Fin octobre, le quotidien réformateur Sazandegi a rapporté que "plus de 20 journalistes étaient toujours en détention". Plusieurs autres ont été convoqués par les autorités, a ajouté le journal.
 








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