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Monde

Irak-Iran-USA : L’ONU qualifie d’illégal l’assassinat de Soleimani


le Mercredi 8 Juillet 2020

Agnès Callamard, rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires auprès de l’ONU, qualifie d’illégal le meurtre de Soleimani par les USA.



Irak-Iran-USA : L’ONU qualifie d’illégal l’assassinat de Soleimani
L’attaque au drone menée en janvier par les Etats-Unis en Irak dans laquelle ont trouvé la mort le général iranien Qassem Soleimani et neuf autres personnes constitue une violation des lois internationales, a déclaré lundi à Reuters une rapporteure spéciale de l’Onu.

Les Etats-Unis n’ont pas apporté de preuve suffisante d’une attaque en cours ou imminente contre leurs intérêts à même de justifier la frappe contre le convoi dans lequel se trouvait Soleimani au moment de quitter l’aéroport de Bagdad le 3 janvier dernier, a dit Agnès Callamard.

Dans un rapport qu’elle doit présenter jeudi au Conseil des droits de l’homme - que les Etats-Unis ont quitté il y a deux ans -, elle écrit que la frappe menée par l’armée américaine viole la charte de l’Onu, et elle appelle à davantage de régulation et de sévérité pour les attaques au drone.

«Il s’agit d’un moment critique pour le monde, possiblement d’un virage, concernant le recours aux drones (...) Le Conseil de sécurité est absent, la communauté internationale - volontairement ou non - reste majoritairement silencieuse», a dit à Reuters la rapporteure spéciale de l’Onu sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.

Rappelons que Téhéran annoncé, il y a environ une semaine, avoir ouvert un dossier auprès d’Interpol en vue d’arrêter plusieurs dizaines de responsables politiques et militaires américains «qui ont été impliqués dans l’assassinat» du général iranien Qassem Soleimani en janvier dernier, a déclaré lundi le procureur général de Téhéran Ali Qasi Mehr. Qasi Mehr a indiqué qu’une liste de 36 individus, dont le président américain Donald Trump, avait été remise à Interpol. Ces personnes ont été accusées de meurtre et d’actes terroristes contre le haut commandant iranien, a-t-il ajouté.

Une frappe aérienne américaine le 3 janvier a tué Soleimani, ancien commandant de la Force Al-Qods du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), ainsi qu’un commandant de la milice irakienne près de l’aéroport international de Bagdad.

Qassem Soleimani, qui dirigeait l’unité d’élite iranienne Al Qods, avait un rôle majeur dans l’influence grandissante de l’Iran au MoyenOrient et dans la campagne destinée à chasser les forces américaines d’Irak. Washington l’a accusé d’avoir orchestré des attaques menées par des milices pro-Téhéran contre des troupes américaines dans la région. 

Deux attaques à la roquette en 24 heures

L’assassinat de Soleimani a amplifié les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, qui a répliqué par des frappes contre des bases militaires irakiennes abritant des soldats américains?

Une roquette s’est abattue dans la nuit de dimanche à lundi près de l’aéroport de Bagdad, où sont postés des soldats américains, la deuxième attaque en 24 heures contre des intérêts américains, a indiqué à l’AFP un responsable des services de sécurité irakiens.

L’armée, qui a fait état de 34 attaques contre des intérêts américains en Irak depuis octobre, a toutefois démenti tôt lundi qu’une roquette ait été tirée dans la nuit.

La source de sécurité a, elle, précisé que la roquette avait atterri sans toutefois exploser une fois au sol. Ces tirs sont habituellement attribués aux pro-Iran mais n’ont jamais été revendiqués par des factions connues. Ils reprennent alors que dimanche à de nombreuses reprises Bagdad a été secouée par de fortes explosions.

Il s’agissait de tests de C-RAM, un dispositif conçu pour intercepter des roquettes, désormais installé aux abords de l’ambassade américaine à Bagdad, visée la nuit dernière par une roquette, selon un haut-gradé irakien.

Des rampes de lancement et des roquettes dirigées vers une base abritant des soldats américains au nord de Bagdad ont également été saisies au moment de l’attaque contre l’ambassade.

Ces nouvelles attaques sont vues comme un défi au gouvernement de Moustafa al-Kazimi, qui passe pour proche de Washington, grand ennemi de Téhéran, et semble vouloir donner des gages aux EtatsUnis à l’approche d’un voyage outreAtlantique de M. Kazimi.

Dans la nuit du 25 au 26 juin, les autorités avaient pourtant emporter une manche: les unités d’élite du contre-terrorisme arrêtaient alors 14 hommes, des membres des brigades du Hezbollah, la faction pro-Iran la plus radicale du pays, en possession de plusieurs rampes de lancement de roquettes.

Mais quatre jours plus tard, ils étaient tous libérés par un juge estimant «manquer de preuves», à l’exception d’un seul, «directement incriminé» selon un responsable gouvernemental.

Côté autorités, les responsables assurent, unanimes, que mener un tel raid est déjà en soi une réussite, alors que les précédentes attaques à la roquette contre des diplomates ou des soldats américains -- dont certaines meurtrières -- n’ont jamais mené à des arrestations ou même des perquisitions sous le gouvernement précédent, d’Adel Abdel Mahdi.