Menu
L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn

Actu Maroc

[ Interview avec le président de l’Association des Jeunes du 21ème siècle ] L’application du NMD tributaire des mentalités des responsables


Rédigé par Safaa KSAANI le Jeudi 5 Août 2021

Les jeunes ont été placés au coeur du Nouveau Modèle de Développement (NMD). Le président de l’Association des Jeunes du 21ème siècle nous livre sa lecture de ce chantier d’envergure.



- En tant que jeune marocain, quelle est votre perception du Nouveau Modèle de Développement ?
 
- Le rapport du Nouveau Modèle de Développement (NMD) donne de la motivation et donc une nouvelle énergie qui permettra aux jeunes d’en faire plus. Dans ce rapport, nous avons trouvé les recommandations faites par l’Association des Jeunes du 21ème siècle à la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement (CSMD), présentées lors d’une réunion tenue en novembre 2019 avec les membres de la Commission. Au milieu de la crise sanitaire, la reconnaissance de la marocanité du Sahara et le rapport de la CSMD nous ont mis du baume au coeur. Il convient de rappeler que le NMD est fait par et pour les jeunes et répond à toutes nos attentes dans tous les domaines.


- A l’issue de la réunion tenue avec la CSMD, qu’avez-vous proposé à la Commission pour cristalliser un nouveau modèle de développement pour le Maroc de demain ?

- Je tiens d’abord à souligner que la CSMD a pris en considération les attentes des Jeunes du 21ème siècle, que ce soit au niveau de l’éducation, de la santé, de l’entrepreneuriat, etc. Le NMD a donné espoir aux jeunes qui n’étaient pas formés, en leur proposant de suivre des formations pour accéder au milieu professionnel.

La plupart de nos propositions étaient centrées sur les aspects économique, social et politique en faisant de l’Homme le noyau du Nouveau Modèle de Développement. Dans ce cadre, nous avons proposé quatre axes fondamentaux pour cristalliser un nouveau modèle de développement pour le Maroc de demain, à savoir la régionalisation avancée, l’éducation et la formation, la réforme de l’administration et la participation politique des jeunes.

Au niveau de la régionalisation avancée, considérée comme un point clé essentiel pour le développement économique et social du Royaume et l’un des mécanismes d’atténuation des disparités territoriales, nous avons proposé de restructurer la gestion des Conseils régionaux, en créant une Direction ou un Département de coordination et de communication dans chaque région.

Quant au deuxième axe concernant l’éducation et la formation, nous pensons qu’’il faut normaliser et unifier les programmes d’enseignement dans les écoles publiques et privées, travailler à l’adoption de programmes éducatifs compatibles avec les exigences du marché du travail, encourager et soutenir la recherche scientifique au niveau régional. Sur le plan de la réforme de l’administration, qui est la base de la concrétisation de la politique de l’État et des projets économiques et sociaux, les membres de notre association ont constaté qu’elle est malheureusement devenue l’obstacle de la mise en oeuvre de ces politiques.

Pour y remédier, nous devons mettre fin au favoritisme et au clientélisme, faciliter les démarches administratives et décentraliser cette administration.


- Les paroles sont belles mais les actes sont révélateurs. Selon vous, comment peut-on assurer une bonne mise en application des recommandations de la CSMD ?

- En général, le NMD est ambitieux et encourageant. Mais il n’est pas possible d’appliquer les recommandations de la CSMD dans la 2ème décennie du 21ème siècle sans changer les mentalités des responsables et des acteurs institutionnels. Des mentalités qui pourraient freiner l’avancement de ce projet, notamment au niveau local et régional. C’est la raison pour laquelle nous avons proposé que des Directions ou des Départements gèrent les régions, et qu’ils soient sous la directivité des cadres du contrat de projets au lieu des hommes politiques.

Recueillis par Safaa KSAANI

Portrait


Les droits des jeunes, pilier de son action
 
Aziz El Fekkaki, né en 1992 à Témara, s’est trouvé obligé de travailler très jeune, pour subvenir à ses besoins et aider ses petites soeurs à finir leurs études. Ses conditions de vie ne l’encourageaient pas à briller à l’école, mais lui ont permis néanmoins de briller dans le domaine associatif.

Durant ses années passées au lycée « Les Orangers » à Rabat, Aziz a organisé, volontairement, plusieurs évènements, notamment dans le développement personnel et le don du sang. Ce n’est qu’au 15 décembre 2012 qu’Aziz a décidé de créer une association, baptisée « Jeunes du 21ème siècle ». Depuis ce temps-là, l’association s’est engagée dans le développement personnel des jeunes. Son engagement émane de la conscience qu’il a acquise en autodidactisme.

La faible participation des jeunes sur la scène politique a bien des raisons, selon Aziz El Fekkaki. « Le facteur majeur est le manque de confiance vis-à-vis des acteurs politiques, qui sont absents sur le terrain et dans la vie quotidienne des Marocains. C’est un fait et un sentiment ressenti par toute la population et pas uniquement par les jeunes », nous explique-t-il.

Quant à la régionalisation avancée, qui fait partie des stratégies politiques, « elle n’est pas encore maîtrisée par les politiciens. C’est encore plus difficile pour les jeunes de l’assimiler. Notre rôle en tant qu’association est de vulgariser ce concept aux jeunes », tient-il à souligner.
 
S. K.