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Interview avec Tayeb Hamdi : « On ne peut pas continuer à vacciner la population tous les 4 mois »


Rédigé par Safaa KSAANI le Mercredi 23 Février 2022

Il y a quelques semaines, l’efficacité de la 3ème dose des vaccins anti Covid-19 a été démontrée. Une efficacité qui laisse beaucoup à désirer, selon une récente étude. Interview avec le Pr Tayeb Hamdi pour connaître la face cachée de cette formule.



Interview avec Tayeb Hamdi : « On ne peut pas continuer à vacciner la population tous les 4 mois »
- Selon une étude menée par les Centres pour les contrôles et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention), l’efficacité de la 3ème dose des vaccins anti Covid-19 à ARNm décline 4 mois après l’injection. Comment expliquez-vous ces faits ? Cette efficacité qui diminue dans le temps est-elle normale ? Est-ce fait exprès par les fabricants ?

- Selon les résultats de cette étude, l’efficacité de la troisième dose commence à baisser de 13 points (de 91% à 78%) pour les formes graves et de 21 points (de 87% à 66%) contre l’infection. Cette baisse d’efficacité de la troisième dose est tout à fait naturelle. Je tiens à rappeler que tous les vaccins utilisés aujourd’hui sont fabriqués à partir de la souche classique de Wuhan. Or, après, beaucoup de variants ont émergé. Ceux-ci réduisent l’efficacité vaccinale.

L’administration des doses des vaccins après de courtes semaines réduit considérablement cette efficacité. L’inverse est valable. Cela ne peut pas être fait exprès par les laboratoires puisque chacun d’entre eux cherche la meilleure formule, sinon il sera balayé de la concurrence.

Sur le plan commercial, si on s’amuse à fabriquer un vaccin efficace en deux mois, les vaccins durables gagneront le marché. D’un point de vue scientifique, quand on fait des essais cliniques, il y a des comités scientifiques et éthiques qui supervisent les études et leurs résultats. Donc, on ne peut pas tricher.


- Est-il impossible d’avoir une dose de vaccin efficace et plus durable ?

- Si on avait cette possibilité, certainement tous les laboratoires auraient emprunté le même chemin pour avoir cette « potion magique » d’avoir une dose efficace et plus durable. Le SARS-Cov est un nouveau virus qu’on connaît à peine. Il faut rappeler que pour trouver un vaccin, on a besoin de plus de 10 ans, en moyenne. A titre d’exemple, pour la maladie de la varicelle, on a trouvé le vaccin après 34 ans de recherche.

Pour le Covid-19, un effort colossal a été fait pour trouver le vaccin en moins d’une année, alors qu’on n’a pas encore toutes les connaissances nécessaires sur le virus. La recherche continue dans ce cadre pour trouver un vaccin qui serait efficace contre toutes les variantes. Une plateforme de vaccins efficaces et prêts à l’emploi contre tous les types de virus qui pourraient émerger est en phase d’étude.

Concernant le vaccin anti-Covid, selon l’OMS et des experts, on ne peut pas continuer à vacciner la population tous les 4 mois avec le même vaccin. D’abord, parce que la réponse immunitaire ne sera pas toujours au rendez-vous après plusieurs rappels. Deuxièmement, car on ne peut pas rappeler la population chaque 4 mois pour se faire vacciner. Donc, il fallait mettre au point de nouveaux vaccins qui assurent une forte protection durable.


- Selon la même étude, une dose additionnelle pourrait être nécessaire pour maintenir une protection contre le Covid-19. Les personnes ayant une bonne immunité contre le Covid-19 doivent également faire une 3ème ou 4ème dose ?

- Les personnes qui ont moins de 60 ans et qui ne souffrent pas de maladies chroniques sont les personnes censées avoir une bonne immunité. Actuellement, elles n’ont pas besoin d’une quatrième dose. Cependant, la troisième dose est nécessaire puisqu’elle protège hautement des variants et réduit l’infection de trois à quatre fois par rapport aux personnes non-vaccinées et réduit les cas graves. Cette dose est nécessaire pour briser la chaîne de transmission du virus.


- L’Afrique du Sud, l’Égypte, le Kenya, le Nigeria, le Sénégal et la Tunisie ont été choisis par l’OMS afin de permettre au continent africain de fabriquer ses propres vaccins pour lutter contre la pandémie de Coronavirus, mais aussi d’autres maladies. Comment expliquez-vous l’absence du royaume de cette liste ? Le Maroc ne souhaite pas fabriquer de vaccins à ARNm ?

- Effectivement, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a choisi six pays pour produire des vaccins à ARN messager. C’est un programme de l’OMS pour permettre à l’Afrique une certaine autonomie vaccinale. Le Royaume a déjà son propre programme de fabrication de vaccins anti Covid-19. L’unité de Benslimane travaille sur la production d’autres vaccins Covid, dont ceux à base d’ARN messager.

D’autres vaccins et biomédicaments de pointe seront produits localement, avec une unité de recherche. Donc, le programme est déjà sur les rails. D’ailleurs, dès la fin de 2022, plus de 600 millions de doses de vaccins seront produits et entre 6 et 9 milliards à l’horizon de 2025.


Recueillis par Safaa KSAANI

Covid-19


Le Royaume passe au niveau vert de transmission
 
Notre pays passe au niveau vert de transmission du SARS-CoV-2 et la vague Omicron est en préclôture, a affirmé lundi dernier sur son compte LinkedIn le coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique au ministère de la Santé et de la Protection sociale, Mouad Merabet.

Dans une publication intitulée “Bref commentaire sur la situation épidémiologique de l’infection au SARS-CoV-2 à la date du 20/02/2022”, il a souligné que la décrue rapide de la vague Omicron continue avec poursuite du ralentissement de la circulation virale sur l’ensemble du territoire national, permettant un passage rapide de notre pays du niveau orange au niveau faible de transmission du SARS-CoV-2 dans sa version Omicron.

“La baisse des nouvelles contaminations a atteint 52%, la baisse du taux de positivité hebdomadaire est de 7 à 3.5%, alors que le taux de reproduction effectif du virus (Rt) est de 0.79”, a-t-il précisé, notant que l’amélioration concerne toutes les régions du Maroc, mais certaines provinces sont toujours au niveau modéré (orange). Et d’ajouter que la tendance baissière concerne également les nouvelles contaminations, les cas de Covidose grave ayant enregistré une baisse de 49.3% avec 222 nouvelles admissions en réanimation et soins intensifs durant cette semaine contre 300 sorties après amélioration de l’état clinique.

Appelant à la vigilance, Mouad Merabet a énuméré un certain nombre de conseils permettant de réduire “significativement” les risques précités, à savoir le respect des mesures barrières, le test en cas d’apparition des signes évocateurs et la vaccination.


(MAP)








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