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Interview avec Fatima Abouali : Les cas de dopage en baisse au Maroc


Rédigé par Safaa KSAANI le Lundi 25 Octobre 2021

“Pour la première fois, au cours des JO, aucun cas positif au dopage n’a été soulevé”, se félicite Fatima Abouali, présidente de l’Agence Marocaine Anti-Dopage (AMAD), qui nous livre le bilan des réalisations de son institution.



- Dopage (AMAD), créée le 13 janvier dernier, a tenu son troisième Conseil d’administration, qui était l’occasion de passer en revue les réalisations accomplies depuis sa création. Quel premier bilan dressez-vous ?

- D’abord, il convient de noter que lors de la création de l’Agence, il n’y avait ni outils de gestion, ni local,… De plus, seulement neuf personnes constituent le Conseil d’administration de l’Agence, dont des médecins, des juristes, tous des bénévoles, et sans qui l’Agence n’aurait pas pu avancer. Je tiens à saluer les efforts consentis par les membres du Conseil pour mettre en place les fondements ainsi que tous les mécanismes administratifs nécessaires au fonctionnement de l’Agence pour lutter contre le dopage au niveau national.

Nous avons donc constitué trois groupes de travail sur des volets particuliers, à savoir les règlements, les statuts du personnel et de l’agence elle-même. Nous avons sous-traité certains volets, faute de personnel.

En gros, le programme antidopage préalable aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo a été réalisé avec un grand succès dans la mesure où nous avons pu satisfaire les exigences des instances internationales. Pour pouvoir contrôler les athlètes marocains, qui étaient bloqués à l’étranger vu les restrictions de circulation imposées par le Covid-19, nous avons signé des conventions avec des organisations antidopage étrangères.

Ainsi, nous avons pu contrôler les athlètes marocains qui étaient en France, en Belgique, au Canada, en Turquie et en Tunisie. Nous sommes heureux d’avoir réussi ce challenge.


- Quels défis avez-vous rencontré en cette année, marquée par l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo ?

- Cette année, la création de l’AMAD a coïncidé avec l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo. Ce qui était un vrai challenge dans la mesure où on devait en même temps gérer le volet administratif de l’Agence et préparer un programme national antidopage, pour pouvoir satisfaire toutes les exigences des instances internationales.


- Malgré les contraintes rencontrées, l’AMAD a élaboré un programme antidopage. Quels sont ses tenants et aboutissants ?

- Le programme antidopage 2021 est fait en conformité avec les fédérations internationales, le code mondial antidopage et l’agence mondiale. Heureusement pour nous, nous avons commencé tôt l’élaboration du programme. Ce qui nous a permis de satisfaire toutes les demandes de contrôle antidopage et de détecter des problèmes au niveau de certaines disciplines et d’arrêter tous les cas positifs sur le sol marocain.

Pour la première fois, au cours des JO, nous n’avons pas soulevé de cas positifs au niveau du village des Jeux ou à l’entrée du pays hôte des Jeux. C’est un grand progrès. En plus du contrôle antidopage, nous avons mis en oeuvre un programme d’éducation, de formation et de sensibilisation au profit des athlètes ou des entraîneurs, et ce, grâce à la coopération avec les fédérations sportives, les instances sportives nationales et internationales, et la coordination avec l’Agence mondiale antidopage.


- Comment expliquez-vous l’élimination d’athlètes des Jeux Olympiques et Paralympiques de cette année, dont l’athlète Zouhair Talbi, spécialiste des épreuves de fond et de demi-fond ?

- Effectivement, il a été empêché de prendre part aux J0 de Tokyo par l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU). Mais ce n’est pas parce qu’il a été détecté positif. La raison derrière son empêchement est qu’il n’a pas intégré l’équipe nationale dans le délai exigé. C’est peut-être un problème de programmation ou de constitution des équipes nationales et non pas de dopage.


- Quelles suites sont données, par l’Agence, aux athlètes contrôlés positifs aux substances chimiques ?

- Actuellement, tous les cas positifs recensés sont en cours de gestion. On a certains cas qui ont déjà été gérés et où la sanction est déjà prononcée. Tous les résultats seront publiés sur le site de l’Agence, dans les deux prochaines semaines. Selon la loi 97-12, relative à la lutte contre le dopage dans le sport, l’Agence est obligée de diffuser l’information sur son site internet. Les sanctions arrêtées sont en général régies par le code mondial antidopage et la loi antidopage marocaine 97-12 ainsi que la Convention internationale contre le dopage dans le sport de l’UNESCO, ratifiée par le Maroc en 2009.


- Quelles seront les futures actions de l’Agence ?

- L’année 2021 est une année de création et de démarrage. De nombreuses actions sont restées en stand-by. J’espère que d’ici la fin de cette année, nous aurons les structures qu’il faut pour qu’on puisse s’attarder sur d’autres volets aussi importants. En tout cas, je qualifie l’année 2021 de bénéfique pour plusieurs raisons. D’abord parce que le bilan est positif et parce qu’il y a une culture antidopage qui commence à s’installer dans notre pays. Nous devons oeuvrer à ce que nous soyons conformes avec le code mondial antidopage. Nous essayerons d’être en conformité avec les règlements internationaux, qui sont de plus en plus rigoureux.
 
Recueillis par Safaa KSAANI

Portrait


La chasseuse de dopés
 
Avant d’être à la tête de l’Agence Marocaine Anti-Dopage (AMDA) en septembre 2020, Fatima Abouali était cheffe de service de la médecine du sport et de lutte contre le dopage au ministère de la Jeunesse et des Sports, entre 2008 et 2013. Puis cheffe de division de médecine du sport au ministère de la Culture, de la Jeunesse et Sports (département de la Jeunesse et des Sports) entre 2014 et 2020. Une carrière tôt orientée.

Fatima Abouali a eu de nombreux diplômes en lien avec la médecine sportive, dont un de « Pharmacotoxicologie », Hôpital Lariboisière – Université Paris 5, Diplôme Universitaire de « Physiologie et pathologie du sport », Université de Rennes I, Diplôme Universitaire de « Communication médicale scientifique », Université de Bordeaux, ainsi qu’un Doctorat en Médecine, Université Mohammed V, Faculté de Médecine et de Pharmacie de Rabat. Fatima Abouali est en outre membre de comités, de panels d’experts et sociétés savantes.

Elle est, entre autres, parmi les représentants du gouvernement marocain au Conseil de l’Europe concernant le sport et la lutte antidopage, et la première vice-présidente de l’Union Africaine de Médecine du Sport.

Elle est également membre de nombreuses commissions, dont la commission médicale de l’Association de Comités Olympiques Africains et la commission médicale de la solidarité islamique.
 
S. K.
 

  


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