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Inflation : la facture de compensation s'alourdit de 15 milliards de dirhams


Rédigé par Anass MACHLOUKH le Jeudi 26 Mai 2022

Pour faire face à la hausse des prix, le gouvernement a dû augmenter les dépenses de compensation de 15 milliards de dirhams supplémentaires. Malgré ses dépenses imprévues, le gouvernement n’a pas l’intention de recourir à une Loi des Finances rectificative, selon le ministre délégué chargé du Budget, Faouzi Lakjaâ. Détails.



La crise a un coût. Celle de l’inflation aussi. Celle-ci a pris des proportions telles qu’elle a contraint le gouvernement  à augmenter ses dépenses de compensation en débloquant 15 milliards de dirhams supplémentaires en 2022. C’est ce qu’a annoncé le ministre délégué auprès de la ministre des Finances, chargé du Budget, Faouzi Lekjaâ, lors du point de presse hebdomadaire tenu en marge du Conseil de gouvernement.

Du fait de cette hausse supplémentaire, les dépenses de compensation ont  dépassé globalement 32 milliards de dirhams, jusqu’à fin avril  a précisé le ministre, attribuant cela aux dépenses liées à la préservation des prix du transport et des produits de première nécessité. Faouzi Lakjaâ a donné un aperçu sur les raisons ayant conduit à une telle hausse brusque.

En effet, pour préserver le prix du transport public, tous types confondus, le gouvernement a dû débourser 540 MDH par mois. Le gaz butane nécessite 116 dirhams par unité pour que le prix de la bouteille reste à 48 dirhams.

En plus de cela, le coût de compensation du blé tendre a nécessité une enveloppe de 3 milliards, cette facture devrait s'élever à 7,3 milliards à la fin de l’année courante. Vu la hausse des prix de l’énergie, le coût du fret maritime a tellement augmenté qu’il constitue désormais 20% du prix des matières premières de façon générale. C’est l’une des raisons de cette inflation généralisée.

Au Maroc, celle-ci a atteint 4,7%. Compte tenu de cette hausse imprévue des dépenses, nombreux sont les commentateurs économiques qui croient à l’éventualité d’une Loi des Finances rectificative, sachant que la majorité des hypothèses  de la loi actuelle se retrouvent caduques.

Sur ce point, Faouzi Lekjaa s’est déclaré contre cette  possibilité, indiquant que le gouvernement n’a nulle intention de faire recours à une telle extrémité. “Il n’y a nul besoin de voter une Loi des Finances rectificative”, a-t-il répondu aux questions des journalistes, arguant que la situation financière du Maroc est assez confortable pour le moment. En témoigne la notation du Royaume par les agences de notation telles que Fitch qui a maintenu la note BB+. Ce à quoi s'ajoutent les rapports du FMI qui ont loué les mesures prises par le Maroc dans la gestion de la crise.

Si le gouvernement est déterminé à ne pas modifier sa politique budgétaire, c’est parce qu'il est en mesure de financer les dépenses imprévues par le recours à des sources de financement alternatives telles que les financements innovants. Dans le cadre de Loi des Finances 2022, l’Exécutif prévoit  obtenir 12 MMDH des financements innovants.